Critiques

Claude BER, Il y a des choses que non

par : M.H Prouteau

 

 

Ce recueil, c’est d’abord un titre : « Il y a des choses que non ». Déconcertant, heurté. Comme si la claudication de la phrase venait dire la claudication de ces temps où il est minuit dans le siècle. C’est Louise qui parle, la grand-mère de Claude Ber, paysanne, engagée dans la Résistance FFI et rebelle à tout ce qui humilie. Ce legs qui remonte à l’enfance de l’écrivain dessine une certaine façon d’être au monde, exacerbée aujourd’hui, les raisons de dire non à l’inacceptable s’étant démultipliées.  

Yves ROULLIÈRE, La vie longue à venir

 

 

 

La vie, longue à venir ?

« Voyons, Monsieur, le temps ne fait rien à l’affaire ! »

Jean-Claude PIROTTE, Jours obscurs

par : Jane Hervé

 

 

 

Il faut entamer cette lecture à l’heure où la nuit se dénoue dans le jour. L’aube incertaine autorise plus aisément l’approche des poèmes de Jean-Claude Pirotte, si mélancoliques. Le poète se dit « enseveli sous les jours obscurs », mais un tel ensevelissement déploie une lumière aussi indécise que captivante. Il la dira « fossile » ou « obscure »  ou la muera en « lumière d’étoiles ».

Gérard CHALIAND, Feu nomade

 

 

 

Dans une lettre manuscrite (reproduite en fin de livre), datée du 25 novembre 1959, André Breton écrit à Gérard Chaliand : « c’est comme un très beau chant de haleur, cela en a le rythme et ce qui est halé va très loin ». Il parle de « La marche têtue », la première partie de ce livre qui en rassemble cinq.

Un éditeur et ses auteurs : les Éditions Arfuyen, avec NOVALIS, Marie-Claire BANCQUART, Cécile A. HOLDBAN.

 

 

Les Éditions ARFUYEN

 

Coup d'oeil sur deux collections des éditions Arfuyen : la collection Ainsi parlait et Les Cahiers d'Arfuyen. Dans la première vient de paraître un volume consacré à Novalis, dans la seconde, deux recueils de poèmes, l'un  dû à Marie-Claire Bancquart, l'autre à Cécile A Holdban…

 

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Marc DUGARDIN, Lettre en abyme

 

 

Des livres consacrés à la mère, il en est de remarquables : ceux de Jules Renard, d’Hervé-Bazin, d’Annie Ernaux. Nous pouvons en ajouter désormais un autre, celui que Marc Dugardin adresse à la sienne, et au-delà à toutes les mères.

Albertine BENEDETTO, Le Présent des bêtes.

 

 

Albertine Benedetto signe son 9ème recueil, Le Présent des bêtes aux Editions Al Manar accompagné des dessins d’Henri Baviera.

Si cet opus comporte trois parties (la dernière ayant donné son nom à l’ensemble) nous faisant passer de l’humain, aux paysages et aux bêtes, Albertine nous conduit de bout en bout de la vie, à la vie, à la vie.

Marie-Noëlle AGNIAU, Mortels habitants de la terre

 

J'aime les quatrièmes de couverture qui disent tout sans rien en dévoiler. Qui ne font qu'attraper le lecteur par le mystère. "Assumer par le poème la disparition de l'écriture cursive et la mise en écran du monde, il le faut au moment où meurt la mère qui vous a enfantés : ne pas revenir est la règle du vaisseau." Tout un programme alléchant pour qui aime les mots, avec ce nouvel ouvrage publié par les éditions l’Arbre à paroles, avec en couverture une illustration mystérieuse de Benjamin Monti.

Isabelle BONAT-LUCIANI, Quand bien même

 

 

 

"J'ai beau regarder
partout l'éternité
me dépasse."

 

 

Roger Dextre, Des écarts de langage

 

 

Cinq parties composent ce recueil : suites de poèmes et longs poèmes en plusieurs parties ; mais cela n'a sans doute guère d'importance…

Emilien CHESNOT, Il est un air

 

 

Après Faiblesse d’un seul publié en 2015 aux éditions Centrifuges, Emilien Chesnot (né en 1991) vient placer son jeune âge comme un nouveau regard sur ce que devrait être la poésie : une recherche d’une autre façon de voir, avec le regard de la jeunesse “Chaque oeil au singulier d’un monde / ouvert”.

 

“les yeux / ce qui dépasse le plus / du corps / avec et plus loin / qu’un simple arriéré / de perception”.

 

Hélène DORION, Tant de fleuves

 

 

Le dernier recueil d'Hélène Dorion occupe seize pages de quatrains, à l'exception de deux tercets, en vers libres sur le papier aux bords dévorés des éditions du Petit Flou. Toutes ces strophes ou presque expriment, au moyen de la répétition du groupe verbal " on voudrait ", un désir violent qui, dans sa litanie, prendra finalement un sens encyclopédique.

Etienne ORSINI, Répondre aux oiseaux

 

 

Sur des dessins de Pierre Lancelin (10 vignettes en noir et blanc, aux traits mouvementés et brouillés), le poète, né en 1968, auteur de six autres livres de poésie, décline en brèves pulsations une solitude majeure.

L’avenir, bouché, « une année morte », « cette soif d’étoiles », oui, bien mélancolique, sont quelques fragments d’une vision où le poète « presse/ Le ciel de rester » avec lui.

Les « jours révolus », une nostalgie cuisante parsèment ces poèmes courts :

 

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