ALAIN BRETON

 

Après avoir été éditeur à l’enseigne du Milieu du Jour éditeur (1989-1996), Alain Breton (né le 24 février 1956, à Paris) a codirigé à Paris, de 1996 à 2006, avec Elodia Turki, les éditions Librairie-Galerie Racine, dont il est aujourd’hui le directeur littéraire. Editeur, revuiste, illustrateur, peintre, poète et critique littéraire (il a collaboré aux deux séries de la revue Poésie 1), Alain Breton est membre du comité de rédaction, depuis 1997, de la troisième série de la revue Les Hommes sans Épaules, dont il a dirigé la deuxième série de 1989 à 1994.

Œuvres d’Alain Breton : Chute et parfums (éditions G.D, 1979), Tout est en ordre, sûrement (Le Méridien, 1979), La Vraie Jeune Poésie, anthologie (La Pibole, 1980), Les Nouveaux Poètes maudits, anthologie, préface d’André Pieyre de Mandiargues (le cherche midi éditeur, 1981), Ça y est, le monde (Galerie Racine, 1990), Juste la terre (Froissart, 1991), Bivouacs (La Bartavelle, 1992), Une chambre avec légende (Librairie-Galerie Racine, 1999), Pour rassurer le fakir (Librairie-Galerie Racine, 2000), Infimes prodiges (Librairie-Galerie Racine, 2009), Poèmes (Maison de la Poésie de Haute-Normandie, 2009), Les Éperons d'Éden, Tombeau, (Les Hommes sans Épaules éditions, 2014).

Une anthologie de poèmes d'Alain Breton a paru sous l'égide du Nouvel Athanor dans la collection Poètes trop effacés : Ici

Les Éperons d’Éden (extraits)

 

C’est sûr,
il ne bouge plus.

Ses yeux
sont un festin d’agates

qui butinent
les ténèbres

— C’est pour nous dire
les façons des confins.

 

***

 

Il y eut l’éclosion
des volets,

Les premiers heurts,
ecchymoses de l’Éden.

Des voitures se cachaient
dans la vitesse.

Tu gisais là,
dans ton abîme somnambule,

Même pas comptable
de la verroterie de tes yeux morts.

 

***

C’est encombrant
ton corps,

Quelque peu
insolite.

Ça papote
assez mal.

Dans la campagne
que tu aimais

l’aube a pris
le chemin des charmilles.

Ce n’est que ça,
la mort :

Strip–tease
et lampe virtuose.

 

***

 

C’est difficile
de t’habiller.

Surtout
la chemise.

Mais ça orne
l’attente.

On appellera ça
le rituel des lisières.

On parle à ton indécent voyage,
on attend les cracheurs de feu.

 

***

 

Tu ne m’as pas appris
à grandir

Malgré l’enfance
brodée de lait et d’art,

Mais la rage ravissante
et la beauté, détonateur des mondes.

Tes livres, voyeurs magnifiques,
giboulées, extases,

Consacrent
somptueux inutile.

Dans leurs pages
s’affrontent des rivières,

Par vapeurs
et ombres chinoises.

Tes rares baisers, mon père,
tout le magot des brumes.

 

(Poèmes extraits de Les Éperons d’Éden, Les Hommes sans Épaules éditions, 2014)