Grenier du Bel Amour (9)

De la mort à la vie

 

Quand on vit, comme aujourd’hui, en un temps de crise profonde – dûe, me semble-t-il, à ce que nous sommes confrontés à plusieurs fins de cycle à la fois – que nous demeure-t-il à faire ? D’autant plus que les « catastrophes » n’ont pas toujours un visage facilement reconnaissable. Comme le note bien l’auteur de ce recueil (je ne donne pas ici son nom, afin de respecter l’anonymat qu’il a délibérément voulu en se cachant sous un pseudonyme) : « Enfantines étaient toutes les prophéties. La colère de l’Eternité n’a aucune des formes annoncées. »

Alors, peut-être, ne nous demeure-t-il plus qu’à affronter la mort à visage découvert, et en la traversant de la sorte, tout en recevant ses bienfaits (ce qui est le propre de toute initiation et, bien plus largement, de toute expérience mystique, dans quelque horizon que celle-ci s’inscrive), à retrouver la splendeur de l’être – et par là-même, de la Vie au-delà de la vie…

Ce que fait exactement cet ensemble, puisque ses « parties »s’intitulent à la suite : « Mort »,  « splendeur  », «Vie » - une Vie qui nous amène à l’ « acquiescement » final. 

Et puisqu’il se termine par ces mots auxquels, personnellement, je ne trouve rien à redire : « La Mère ne parle pas, ne crie pas, ne juge pas. Mais son silence emporte toujours la victoire. Car (…) c’est toujours à Elle qu’elle revient. Dans l’entêtement de l’agonie ou la sérénité de l’Alliance. / Fils prodigue, métaphore éternelle. Mais le divin n’est pas au ciel, il est au Centre »

Oui, me paraît-il, le divin est bien au centre de tout…

Et l’auteur est-il chrétien (mais alors, très aux franges), ou est-il plutôt un adorateur de ce que les Hindous appellent la Shakti ? Je n’ai absolument pas cherché à le savoir, tant son « message » me parlait jusqu’au fond de l’âme. Et je me répète en effet que le divin tient dans la figure de la Mère universelle, et que le divin est au centre, il est la présence suprême dans ce que nous tenons pour le monde…