Marilyse LEROUX, Ancrés

 

 

 

On ne traverse pas en courant Ancrés, nouveau recueil de Marilyse Leroux. On ne peut non plus seulement le survoler ! Il faut se résoudre à s’y baigner tout entier, voire à nager longuement sous sa surface.

Chaîne ou champ de pensées, de méditations, de constats sans appel, sous le ciel du Morbihan, auxquels on a assigné habilement la forme de poèmes, allant de quelques mots à des suites de vers, il demande qu’on s’y attarde.

Il y a de la sagesse qui flotte dans l’air de ces pages, une sagesse fortement iodée, des éclats de lumière qui font ciller les yeux.

Et chaque concrétion de mots, chaque flottaison dans la baie ouverte du livre, mérite une station dans l’immobile – station de respiration pleinement consciente de son rôle, de notre immuable destinée de passant − mérite le temps nécessaire à la prise de possession de l’espace où les mots s’inscrivent, le temps du jour et de la nuit, dans un écoulement souvent mystique.

Ce sont là des paroles pour prendre chair, comme pour reconnaître la mort et la saluer avant de lui tourner l’épaule.

On lit Ancrés comme un poème philosophique, une éphéméride soumise au mouvement perpétuel des marées, pour assumer le temps de vivre.

 

*