UNE PART D’EMBRYONS POÉTIQUES

 

Harmonie

 

Depuis ce matin
Je ne vois rien
Qui brille,
Pourtant le soleil
Me regarde,
Ses rayons me parlent
Mais je n’écoute pas...
Je ne fais qu’entendre
Le tonnerre
Et la foudre d’hier
Qui ont frappé
Sans prévenir
A ma porte grinçante ;
La nuit arrive,
C’est une occasion
D’approcher le chaos
De mes jours sans
Et d’y découvrir
Ses riffs
D’espoir et de désespoir
Toujours en accord ;
Ainsi je ferai en sorte
Demain
De voir enfin
Le soleil
Et de lui répondre
Par un sourire.

 

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Toujours

 

Rien ne ronfle
A part l’espoir
De ton retour,
Tu ne reviens pas
Mais nous te devinons
Quelque part
Dans notre mémoire,
Jusqu’à ce que
Ton image
Nous trouve
Loin du mirage;
Respirons
Ce parfum d’angoisse
Pour n’en tirer
Que l’essence
Ou plutôt l’audace
Des fleurs sauvages
Qui poussent
Sans eau,
Même en pleine sécheresse.

 

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Prochaine fois

 

Nuit-éclair
Je n’ai vu de toi…
Qu’une suite de dioramas
Déjà oubliée;
Tu es arrivée
Comme un train
A grande vitesse
Que j’ai attendu
Et qui ne s’est jamais arrêté;
Ce matin je ne retiens
Que ton absence
Mais je n’oublie pas
Que tu existes;
Nous nous sommes ratés,
Ce sont des choses qui arrivent;
Demain nous ferons mieux
Que de rattraper le temps perdu,
Nous en inventerons un nouveau.

 

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Nuit blanche

 

Plus rien ne scintille
Dans ses yeux,
C’est un soir de brouillard
Au visage masqué
Qui dissimule ses étoiles
Derrière une fumée rouge;
Le ciel fait ressortir
Des éclairs de colère,
Ses veines gonflent
Jusqu’à l’éclatement de la foudre
Sur un chêne à bout de forces;
Rien ne dort
A part le spectre
Du mort
Qui m’a donné
Vie;
Il est temps de rallumer
Le flambeau de mes rêves,
A nouveau
Le phénix pourra se réveiller.

 

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Détaché

 

Tout dort
Dans ma chambre noire,
Tout dort
A part les rayons blancs
D’un ciel qui se lève;
Je me réveille,
C’est un matin d’hiver
Au vent furieux
Qui frappe à ma fenêtre
Jusqu’à mes oreilles;
Sifflement
Le disque céleste
Ne tourne plus
Comme avant,
Même les oiseaux chantent faux;
Chut
Lentement
Je me dépouille
De toute nostalgie
Comme l’arbre
De ses feuilles
Aujourd’hui mortes,
Enfin libre.