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Dans le verger de la Salamandre

By | 2018-01-20T18:17:45+00:00 22 juillet 2016|Categories: Essais|

Elie-Charles Flamand ! Voici un nom qui n’aurait pas dû pas­ser inaper­çu, d’autant plus que Charles Flamand (né le 25 décembre 1928) deve­nait frère en écri­ture d’un pro­phète sen­sible, à qui Dieu en per­sonne sut mani­fes­ter sa pré­sence par le mur­mure du vent. Comme il le rap­pelle lui-même, le nom d’Elie « exprime le feu divin et l’illumination qu’il confère »[1]. Son nom d’écrivain inclut le feu secret. qui sur­git en flammes visibles. Son signe astral le pré­dis­pose, en bon natif du Capricorne, à de secrètes et pro­fondes études, creu­sant seul l’intérieur du mine­rai. Le jour même de sa nais­sance, la célé­bra­tion de l’enfant divin, sau­veur de l’humanité, ne laisse pas d’être trou­blante non plus, pour un être sou­cieux de ne jamais abdi­quer devant l’innommable, habi­té par une cer­taine inno­cence qui le ren­dait, de son propre aveu, rétif à une pré­di­lec­tion pour le noir et pour le « mal » qui trou­vait place dans le groupe sur­réa­liste. Tout au contraire, il semble être res­té sen­sible au sym­bo­lisme de l’Etoile qui guide les Rois ter­restres, et comme nim­bé dans la lumière d’une mira­cu­leuse nais­sance. 

Ce que nous savons d’un tel être d’exception est peu de choses au regard de l’oeuvre poé­tique, et c’est bien celle-là que nous avons ren­con­trée en sa per­sonne, quinze ans plus tôt, par le hasard élec­tif d’une fon­taine enso­leillée au mois de juin 1990, Place Saint-Sulpice. Entre les baraques peintes en vert et inves­ties par les édi­teurs de poé­sie, non loin du Soleil des Loups de Jean Chatard et des Editions du Soleil Natal, se trou­vait Elie-Charles Flamand, qui me fut pré­sen­té par Jacques Simonomis. Je ne vou­drais pas alar­mer sa modes­tie native, ni extra­po­ler la réa­li­té du sou­ve­nir, mais voi­ci l’un des rares endroits où il m’a été don­né de ren­con­trer le poète à l’air libre. En dehors d’une fugi­tive appa­ri­tion dans quelque gale­rie du VIème arron­dis­se­ment, en com­pa­gnie d’Obéline, qui l’accompagne si bien de ses volutes géo­mé­triques, et qui pra­tique la pein­ture et le des­sin comme un art du per­fec­tion­ne­ment inté­rieur, exac­te­ment comme Elie-Charles pra­tique la poé­sie, cet endroit mer­veilleux est bien à l’origine de nos ren­contres.

Sa pré­sence là avait pour moi quelque chose de mira­cu­leux qui tenait à la manière digne dont il se tenait dans le flot d’une agi­ta­tion vul­gaire, bloc erra­tique, mono­lithe chu comme d’une autre pla­nète et d’un autre temps. Cette impres­sion tenait sans doute à une poli­tesse cour­toise qui abo­lis­sait les époques, tenait la main à Gérard de Nerval et à Villiers de l’Isle-Adam, et rame­nait plus près de nous aux années où André Breton arpen­tait avec ses fidèles un Paris qui sem­blait être deve­nu la chasse gar­dée de leurs évo­lu­tions rêveuses.

Encore récem­ment, je le ren­con­trais devant les Editions du Nouvel Athanor  de Jean-Luc Maxence, por­té par le flot puis­sant des badauds, non sans quelque pin­ce­ment de coeur devant sa sil­houette recon­nais­sable entre toutes. Sa voix douce disait la gen­tillesse d’un accueil qui ne s’est jamais démen­ti, et j’admirais le natu­rel avec lequel il savait por­ter les pierres, non pour le plai­sir d’un vain orne­ment, mais pour la connais­sance qu’il avait de leurs pro­prié­tés cura­tives et talis­ma­niques, et aus­si pour le sym­bo­lisme de leurs formes posées à plat en pen­den­tif autour de son cou, ou mon­tées en broche, brillant aus­si d’un feu secret sur ses doigts. Sa pâleur aus­si me disait com­bien cet être était fra­gile, et sa vie m’est deve­nue insen­si­ble­ment pré­cieuse, au fil des ren­contres qui eurent pour cadre ses domi­ciles suc­ces­sifs de la rue de Châtillon, puis de la rue des Annelets. Son pre­mier loge­ment était situé non loin de celui de Pierre-Jean Jouve, sans pour autant rendre les contacts plus aisés. La rue était, en retrait de grands axes rou­tiers, comme un miracle de silence. Le second le place d’emblée dans un cadre de recueille­ment spi­ri­tuel, en sur­plomb de la ville, puisque la rue de Palestine se jette dans la rue des Solitaires, laquelle donne enfin accès aux Annelets :

Nous ne for­ge­rons plus que de fluides anneaux de joie [2]

                                                                       (Sur une sta­tue oscil­lante de Takis)

La géo­gra­phie du Paris des sur­réa­listes, si essen­tielle pour com­prendre l’oeuvre du pre­mier Aragon, celle de Robert Desnos, ou celle d’André Breton, importe moins ici que sa coïn­ci­dence avec des strates plus anciennes, par­fois éven­trées, comme la bou­tique de Nicolas Flamel, mais par­fois encore presque intactes, comme la Tour Saint Jacques, qui dresse encore sa masse d’évidence alchi­mique au-des­sus de ter­ri­toires urbains tré­pi­dants où se négo­cie la chair, la culture moderne et les mille et un acces­soires inutiles de la mode[3]. Aux envi­rons de l’Hôtel de Ville,  du quar­tier de l’église Saint-Merri, cer­tai­ne­ment, et encore sur le bou­le­vard Saint-Michel, avec ses mil­liers de livres ven­dus à l’encan, faute d’être un flâ­neur accom­pli, il ne m’a pas été don­né de le ren­con­trer, sinon sur le mode de la rêve­rie. Avant le chan­ge­ment consi­dé­rable de la forme d’une ville comme Paris, ce type de ren­contre était encore opé­ra­toire, et presque le seul valable. C’est ain­si que les Puces de Clignancourt pou­vaient réunir, dans une com­mune pas­sion pour l’objet sin­gu­lier, des esprits sin­gu­liers comme ceux de Breton, Mandiargues ou Flamand. C’était une manière infor­melle de pou­voir dis­cu­ter en mou­ve­ment.

L’Immuable et l’Envol [4]s’ouvre en fron­tis­pice sur la pho­to­gra­phie de l’un de ces anciens mas­ca­rons du Pont-Neuf scel­lés dans le muret de sou­tè­ne­ment qui cein­ture le square du Vert Galant. Cette pho­to­gra­phie de l’auteur curieux du Paris secret donne la clé du titre de ce recueil. C’est un bon exemple de l’imprégnation de l’esprit du poète par l’archéologie spi­ri­tuelle de l’ancienne capi­tale.

Dans le second numé­ro de la revue Le Surréalisme, même, c’est du nom de Charles Flamand qu’il signe un bref article sur « l’énigme des plombs de Seine ».

Nous sommes en 1957, et le groupe sur­réa­liste est plei­ne­ment ouvert à toutes les aven­tures de l’esprit, accueillant ici en outre Jean Markale, et une grande curio­si­té pour le pas­sé de la civi­li­sa­tion occi­den­tale s’y mani­feste.

            Pour autant, Elie-Charles Flamand n’était pas un pari­sien au même titre que ses illustres pairs sur­réa­listes. D’origine lyon­naise, il mon­ta à Paris en 1950 non sans quelques allers-retours, et y trans­fé­ra son exis­tence. Il entre alors dans une vie de bohème décrite non sans humour dans son avant-der­nier ouvrage, Les Méandres du sens[5]. Il a vingt-deux ans, et signe, trois ans plus tard, un ensemble de poèmes remar­quables à plu­sieurs égards, inti­tu­lés « A un oiseau de houille per­ché sur la plus haute branche du feu ». Ces poèmes, au-delà de leur dimen­sion pro­pre­ment spi­ri­tuelle, nous ren­seignent pré­cieu­se­ment sur l’état d’esprit d’un jeune poète qui vient de ren­con­trer André Breton après avoir connu de toutes autres expé­riences. 

            Parmi celles-ci, l’étude des miné­raux, et d’une manière géné­rale, un grand attrait pour les sciences natu­relles, vient nour­rir l’émergence d’une pré­oc­cu­pa­tion autre, pro­pre­ment artis­tique, et poé­tique. L’étude des pierres et des fos­siles conduit sans doute à un sou­ci de pré­ci­sion dans l’expression, et le regard posé sur les objets du monde maté­riel est tout autre que celui de la plu­part des poètes. Pour lui, la poé­sie ne sera cer­tai­ne­ment pas un diver­tis­se­ment, mais bien la conti­nua­tion de ses pre­mières recherches scien­ti­fiques par d’autres moyens, dans le sou­ci d’une plus grande connais­sance[6]. Ainsi, lorsqu’il évoque le sou­ve­nir d’une visite capi­tale effec­tuée au musée de Montbrison, et la col­lec­tion de Jean-Baptiste d’Allard, c’est pour consta­ter aus­si­tôt que cette Wunderkammer, loin d’être un simple musée de sciences natu­relles, était « un point d’appui per­met­tant d’atteindre le sacré épars dans l’univers », et qu’en outre, cette col­lec­tion lais­sait « une place impor­tante à l’insolite, au mys­tère, à l’exceptionnel, à l’imaginaire »[7]. Accroître l’acuité de sa per­cep­tion de l’univers, tel semble être le voeu sou­vent mani­fes­té dans son oeuvre. Suivant la théo­rie médié­vale d’une cor­ré­la­tion entre micro­cosme et macro­cosme, le sou­ci géné­ral de per­cer à jour une par­tie du mys­tère de l’univers rejoint celui d’une meilleure connais­sance de soi. Extérieur et inté­rieur se rejoignent  dans le meilleur des cas, sui­vant une coïn­ci­dence des oppo­sés. Et le lieu de cette coïn­ci­dence ne pou­vait être que la poé­sie.

Pourtant, la visite inau­gu­rale au Château de la Bastie d’Urfé, dont les étapes rythment les pre­mières pages des Méandres du sens, indique clai­re­ment la nature du seuil, qui est alchi­mique.

 Ces deux termes, poé­sie et alchi­mie, ont sou­vent été croi­sés par les lec­teurs d’Elie-Charles Flamand. Sans entrer dans les nuances de cette ques­tion, nous pou­vons rete­nir l’idée d’une quête com­plé­men­taire, et par­fois sou­vent d’une coïn­ci­dence dans l’esprit, qui est celui de la quête, de l’élevation et de la trans­fo­ma­tion inté­rieure. Au fond, n’est-ce pas à cette aune que l’auteur mesure ses rela­tions avec le monde ? Les rela­tions entre­te­nues par la poé­sie et l’alchimie n’ont rien de nor­ma­tif, ou de didac­tique. Hermès guide vers la poé­sie her­mé­tique, et la ren­contre avec les sur­réa­listes dans les années 50 cor­res­pond à celle de René Alleau, Eugène Canseliet ou Robert Amadou. Dans les deux cas, le constat est le même : seule une infime par­tie du réel est per­çue et expri­mée par les arts. C’est toute la dis­tance qui sépare la Spagyrie (ou ancêtre de la chi­mie moderne) de l’alchimie, dans les mau­vais conseils de Maître Anseaulme à Nicolas Flamel[8]. Finalement, les sur­réa­listes visaient à élar­gir la per­cep­tion du réel, par tous les moyens, y com­pris les moyens tra­di­tion­nels. Un socle, une base man­quait à l’appel, et la vie humaine parais­sait sin­gu­liè­re­ment appau­vrie dans la plé­ni­tude de ses voca­tions. Il s’agissait dès lors de signa­ler les fugi­tives résur­gences du vrai. D’où ce moment capi­tal du sur­réa­lisme, et qui a duré quelques décen­nies tout de même, où une lec­ture éso­té­rique du monde était à l’honneur. A cet égard, Elie-Charles Flamand arri­vait à point nom­mé, et dans l’histoire du sur­réa­lisme, et dans l’accomplissement de sa propre tra­jec­toire. Le domaine alchi­mique fut pour l’auteur ce qu’il fut au dra­ma­turge et poète irlan­dais, W.B. Yeats : un accom­pa­gne­ment quo­ti­dien. Il ne nous appar­tient pas de juger du résul­tat tan­gible d’une quête psy­chique par la voie des mots et des signes. Il ne s’agit pas de com­pa­rer Elie-Charles Flamand et Nicolas Flamel , Obéline et Pernelle. Pourtant, une cer­taine paren­té existe entre alchi­mistes et lec­teurs de livres alchi­miques. Et d’ailleurs, ne faut-il pas com­prendre la trans­mu­ta­tion du plomb en or comme le per­fec­tion­ne­ment des facul­tés de son esprit et de son âme ? Naturellement, le poète nous indique quelques repré­sen­ta­tions sym­bo­liques de sa quête alchi­mique. Le réel est pro­fon­dé­ment rééla­bo­ré, comme il est aisé de le com­prendre lorsque par­fois le réfé­rent réel de tel ou tel poème est men­tion­né par une date ou par un lieu. Le sur­réa­lisme lui rap­pelle en outre la gra­vi­té de l’opération poé­tique, dont il ne faut pas démé­ri­ter par un abus d’ornementation ou de fri­vo­li­té. Pratiquée avec scru­pules, la poé­sie peut deve­nir au contraire un moyen de libé­ra­tion. Plusieurs types de rela­tion entre poé­sie et alchi­mie ont pu être réper­to­riés[9], mais aucun ne cor­res­pond vrai­ment à la pra­tique per­son­nelle de notre auteur. En aucune manière la poé­sie ne sau­rait être la ser­vante de l’alchimie. Plutôt, la poé­sie pro­cède de la même manière que l’alchimie : elle per­met la trans­for­ma­tion de l’être, sui­vant une voie soli­taire et hié­ro­pha­nique.

Percevoir la poé­sie comme un empor­te­ment spi­ri­tuel ne fut sans doute pas une atti­tude com­plè­te­ment en phase avec les fré­quents rai­dis­se­ments du groupe sur­réa­liste sur des posi­tions athées, d’une vio­lence à la mesure du dan­ger crois­sant d’assimilation à diverses doc­trines reli­gieuses. En dehors de cet écart crois­sant entre l’orthodoxie et la pra­tique indi­vi­duelle, et avec pour envi­ron­ne­ment ins­pi­rant l’hermétisme alchi­mique, cette poé­sie pou­vait se déployer dans une cer­taine indé­pen­dance, néces­saire à la beau­té authen­tique :

« …mon très cher ami Elie-Charles Flamand dont les évo­lu­tions au large » sont « tou­jours si har­mo­nieuses (que je com­pare à celle du dau­phin) »…[10]

Une rup­ture inter­vien­dra par la suite sous forme de lettre col­lec­tive lui repro­chant un goût exces­sif pour l’ésotérisme, mais cette exclu­sion, il la pren­dra avec humour. Elle marque une prise de dis­tance, ou un dépla­ce­ment soli­taire vers d’autres buts qui dépassent l’action col­lec­tive. Entre 1952 et 1960, la per­son­na­li­té d’André Breton, et diverses ami­tiés, dont celle de Toyen, ou d’Edouard Jaguer, entre autres,  auront affer­mi son propre par­cours.

            Voici un être qui suit les étapes d’un che­min inté­rieur et sait les décrire dans une langue qui n’est pas celle d’un sui­veur de la poé­tique sur­réa­liste. Il a su ras­sem­bler les élé­ments autre­ment épars de son iti­né­raire men­tal, sans tom­ber pour autant dans une oeuvre intel­lec­tua­liste. Elie-Charles Flamand, ce serait la quête méta­phy­sique deve­nue sen­sible par la média­tion du tra­vail poé­tique.

            Frappant à cet égard est le lexique employé pour décrire une atti­tude qui serait celle du poète, atti­tude par­ti­cu­lière de celui qui subit une ini­tia­tion : c’est un mélange de fer­veur, de recueille­ment et de silence, comme dans l’attente d’un évé­ne­ment majeur. Ainsi, le poète doit oublier son propre être, faire le désert en lui, et déchif­frer le réel qui s’offre à lui. Le dépla­ce­ment, quand bien même il pren­drait appui sur des pay­sages et sur des expé­riences réelles, reste un dépla­ce­ment inté­rieur. Ce qui n’exclut pas la pré­sence de nom­breuses des­crip­tions for­te­ment ima­gées, d’une géo­gra­phie et d’une météo­ro­lo­gie par­ti­cu­lières. Un pay­sage inté­rieur existe, et ce der­nier appelle une navi­ga­tion périlleuse, comme l’orientation d’un être à l’intérieur du laby­rinthe. Dans un entre­tien don­né en 1993[11], l’auteur s’est lui-même expli­qué sur les lieux inté­rieurs sol­li­ci­tés. Il dis­tingue plu­sieurs niveaux dans la pro­fon­deur de la psy­ché : un incons­cient infé­rieur, pri­mi­tif et régres­sif, dit sub­con­cient ; un incons­cient supé­rieur, ou sur­cons­cient, qui abrite les éner­gies spi­ri­tuelles, et la part du divin en l’homme. La voix spi­ri­tuelle devra être cap­tée par le poète. Cette sélec­tion par­mi les voix internes appel­le­ra natu­rel­le­ment une figu­ra­tion sur le mode de la connais­sance par les gouffres, sui­vie par une dif­fi­cile ascen­sion. Et c’est peut-être ce mode opé­ra­toire dans les pro­fon­deurs de l’esprit humain qui est figu­ré en poé­sie par un dépla­ce­ment sym­bo­lique qui emprunte aus­si à une tra­di­tion des­crip­tive venue notam­ment du moyen âge.

Ce dépla­ce­ment ne va pas sans dan­ger, mais il pos­sède aus­si ses para­doxes, comme celui d’échapper au temps. Le cycle tem­po­rel de la mort et de la renais­sance, se déve­loppe, accom­pa­gné par une méta­mor­phose de l’être.

            Dans ce mou­ve­ment dyna­mique, le poète n’est pas seul : le lec­teur l’accompagne pas à pas. En effet, celui-ci, sans bien mesu­rer la nature de l’opération en jeu, per­çoit intui­ti­ve­ment le dérou­le­ment d’une quête, et y par­ti­cipe acti­ve­ment, par rico­chet. La trans­for­ma­tion n’est pas for­cé­ment spec­ta­cu­laire. Simplement, la per­cep­tion du réel semble deve­nir plus intense, plus fine aus­si.

            Dans la quête de l’unité, la pré­sence de l’unique peut se mani­fes­ter de manière plus intense, ou bien c’est la récep­ti­vi­té qui s’est accrue. Un lec­teur fami­lier du modus ope­ran­di alchi­mique pour­ra cer­tai­ne­ment repé­rer les allu­sions à une révé­la­tion ins­crite dans un lan­gage her­mé­tique.

Différentes étapes du Grand Oeuvre peuvent trou­ver une cor­res­pon­dance dans les mou­ve­ments du poème. Un cer­tain nombre de sym­boles alchi­miques appa­raissent, notam­ment les qua­li­tés occultes des pierres. Mais dans l’ensemble, c’est le tra­vail poé­tique de la matière des mots qui importe plus qu’une révé­la­tion cryp­tée. L’oeuvre alchi­mique reste hypo­thé­tique quand l’oeuvre poé­tique, la fameuse alchi­mie du verbe, mani­feste très clai­re­ment sa pré­sence. A la poé­sie revien­dra la fonc­tion de trans­mettre une expé­rience d’ordre spi­ri­tuel. Et c’est pour­quoi l’oeuvre poé­tique épouse la courbe d’une exis­tence adon­née à un tra­vail opi­niâtre : com­ment faire coïn­ci­der la force spi­ri­tuelle des mots et l’intensité d’une expé­rience inté­rieure ? Parmi les mots majes­tueux, les vocables gran­dioses que l’auteur convoque par­fois, il fau­dra veiller à rete­nir ceux qui pos­sèdent un autre sens, pré­ci­sé­ment dans une dimen­sion alchi­mique. Le rythme au pou­voir incan­ta­toire, la recherche de méta­phores adé­quates, entre­ront à leur tour dans l’opération poé­tique à laquelle l’auteur voue la majeure par­tie de sa vie.

Nous vou­drions à pré­sent par­cou­rir à grandes enjam­bées une par­tie de son oeuvre, qui est d’ordre poé­tique, afin de mieux per­ce­voir com­ment se déve­loppe une sen­si­bi­li­té sis­mo­gra­phique. C’est un par­cours bio­gra­phique autant que poé­tique que marque, comme autant d’étapes, cha­cun des recueils publiés.

            Le pre­mier recueil,  A un Oiseau de houille per­ché sur la plus haute branche du feu, sera publié en 1957, chez Henneuse, édi­teur lyon­nais, en grand for­mat de lama bleu, avec en ban­deaux des des­sins noirs de Toyen. Ce titre, qui pour­rait pas­ser pour sur­réa­liste, ne l’est que par accen­tua­tion poé­tique de la chouette noire décrite en 1652 dans le Trésor du vieillard des pyra­mides. L’ermite est « à flanc de souf­france », pris dans une expé­rience au noir pour accé­der à l’or. Ces cinq poèmes brillent de tous leurs feux dans une ima­gi­na­tion née de l’attention por­tée à la mer­veille natu­relle, comme les inclu­sions rêvées dans l’agate d’un oiseau, ou comme « la rivière aux galets d’escarboucle ». Le jeune poète n’hésite pas à sug­gé­rer la réunion des contraires et la réso­lu­tion dia­lec­tique du réel par une série d’images baroques qui asso­cient  feu et glace, des­cente et mon­tée, lumière et ombre, cré­pus­cule et aube. Parallèlement, un iti­né­raire ini­tia­tique est décrit dans les termes mer­veilleux du conte de fées ou du roman de che­va­le­rie : pas­se­relle, palais ensa­blé, tour, châ­teau en flammes, grotte, jar­din secret, coffre et clé. Le réel est trans­fi­gu­ré par l’association méta­pho­rique d’éléments comme « bec de flamme », « armure de sel », « l’éblouissante goutte de nuit ». En somme, le jeune poète dédouble le réseau d’images baroques ou sur­réa­listes en sui­vant une trame pro­pre­ment ini­tia­tique. Quel plus beau recueil rêver pour entrer en poé­sie ?

            Un livre récem­ment édi­té vient com­plé­ter ce moment de son exis­tence. Fait excep­tion­nel, c’est un récit daté du mois d’août 1958, à Saint-Cirq Lapopie. Sur les pas de la fille du soleil eut pour pre­mier lec­teur André Breton lui-même, et fina­le­ment, le récit atten­dra qua­rante-quatre années pour paraître au grand jour. Non sans quelque hési­ta­tion, l’auteur le don­na à publier, peut-être en rai­son d’une pro­fu­sion d’événements tels qu’on les voit par­fois en rêve. En effet, le héros, René Sol, suit les péri­pé­ties d’un rêve pro­phé­tique, où une simple porte ouvre vers l’inconnu.  On y retrouve un tra­jet dans l’obscur, et l’alternance d’une voix inté­rieure avec une voix nar­ra­tive plus objec­tive en appa­rence rend compte des péri­pé­ties du voyage, des­cente à l’intérieur de la terre à la manière sublime des héros de E.P.Jacobs per­çant l’énigme de l’Atlantide à par­tir d’une mine d’orichalque. Cette réfé­rence, qui pour­rait sem­bler hors de pro­pos, était, sans que je le sache, l’une de celles de l’auteur, admi­ra­teur d’un E.P. Jacobs curieux des énigmes de l’univers et tour­nant un esprit scien­ti­fique vers les hypo­thèses les plus auda­cieuses. Ce récit, qui abonde en trou­vailles nar­ra­tives, comme une clé révé­lée à l’intérieur d’un bra­sier, ou une pierre qui devient une « lampe per­pé­tuelle », est tout entier cen­tré sur la figure sédui­sante d’une fugi­tive, que le héros finit par rejoindre, au terme d’une ascen­sion, comme s’il se brû­lait au feu du soleil et dans l’ardeur de son propre amour. L’importance du thème de l’amour comme trans­mu­ta­tion du corps et envoû­te­ment de l’esprit, ren­dant l’être auda­cieux, et insou­ciant de sa propre sécu­ri­té, durent séduire le maître du sur­réa­lisme, tout comme la confiance accor­dée à la voix de l’inconscient. Dans ce récit fon­dé sur un rêve, la part belle est faite à une poé­sie visuelle, à un art vision­naire qui sera la marque de très nom­breux poèmes.

La dimen­sion éro­tique de l’oeuvre de cet auteur n’est pas direc­te­ment per­cep­tible, puisqu’il s’agit le plus sou­vent d’un amour subli­mé, où le char­nel  pro­duit du spi­ri­tuel. Cependant, la ques­tion de l’érotisme est bien au coeur de l’alchimie, dans sa sym­bo­lique des cou­leurs, pas­sant par le rouge, dans les opé­ra­tions même de com­bus­tion, ou de fer­men­ta­tion dans le coït phi­lo­so­phal. Elie-Charles Flamand a d’ailleurs publié une Erotique de l’Alchimie par la suite, qui asso­cie gra­vures et por­traits d’alchimistes dans leur rela­tion à l’érotisme.[12].

   Curieusement, l’auteur publie­ra peu jusqu’à la réédi­tion de ce coup d’envoi sous un nou­veau titre, La Lune feuillée, conte­nant de nom­breux autres poèmes, en 1968…Etonnant livre encore que celui-là, pré­fa­cé par André Pieyre de Mandiargues qui louan­geait paral­lè­le­ment la simple fran­chise d’Alba de Cespèdes, laquelle publiait des poèmes du mois de mai qui chan­taient la révo­lu­tion des enfants de la bour­geoi­sie fran­çaise. L’histoire semble comme au dehors, chute de neige der­rière la vitre, tan­dis qu’Elie-Charles Flamand se dédiait à de longs tra­vaux sur la pein­ture de la Renaissance. « Instants miroirs ardents de l’éveil »,  « Vivier des signes déci­sifs », « Pierre de véri­té » s’ajoutent comme le résul­tat de ces dix années.

La pers­pec­tive d’une « inter­nelle navi­ga­tion » se pré­cise, sui­vant une route qui condui­rait au « noeud des mondes ». Le poète est un vigile, atten­tif au monde, « éter­ni­sant en nous le chant de la matière pen­sive »[13]

Certains de ces vers sonnent fami­liè­re­ment comme des sen­tences, qui sont autant des mots d’encouragement adres­sés à soi-même, en che­min, que des injonc­tions qui conduisent le lec­teur à entrer par empa­thie dans la pers­pec­tive de l’auteur, qui est celle d’une trans­fi­gu­ra­tion :

            « Changez votre âme contre celle de l’agate

            Alors vous pour­rez goû­ter au pol­len des étoiles

            Et dénouer les boucles du man­da­la »[14]

 

Le lexique employé ren­voie au monde de l’alchimie, ou de l’ésotérisme au sens plus large, mais recom­po­sé sui­vant les lois de la poé­sie, trans­for­mé en méta­phores comme « les che­nets des arcanes », « le chas des gri­moires », ou le « revif ». Ces poèmes donnent la preuve d’une éton­nante plas­ti­ci­té des images, éluar­diennes ou rap­pe­lant Edmond Jabès, comme « la nuit potable ». L’expression devient inven­tive et ailée pour sug­gé­rer une expé­rience hors du com­mun, avec néo­lo­gismes sin­gu­liers comme « la chair s’illimite », ou bien « Je remon­tais vers l’anti-présence ». Le poète semble alors bien avoir appli­qué sa méthode de connais­sance par le sub­cons­cient, de lente émer­gence vers le spi­ri­tuel, en s’arrachant « à la suc­cion des fonds ori­gi­nels »[15].

Cette lune feuillée, cette lune talis­ma­nique est une des très belles pierres de son lapi­daire. Il s’agit cer­tai­ne­ment d’un recueil plus « pro­fane », jouant de cla­viers depuis aban­don­nés pour une quête plus res­ser­rée sur elle-même. Ces poèmes s’imposent à tout lec­teur sen­sible à une grâce her­mé­tique parente des neiges, du miroir et de l’acier.

 

             Ce sont des « roses très aus­tères » qui pré­fi­gurent un autre ensemble de poèmes parus en trois volumes d’un éton­nant for­mat car­ré aux Editions Le Point d’or (Michel Landier) entre 1982 et 1988. Entre-temps, dans la décen­nie soixante-dix, trois nou­veaux recueils ont paru, qui nous ren­seignent ample­ment sur la vie inté­rieure de l’auteur, dans la pour­suite de sa quête spi­ri­tuelle.

             Attiser la rose cru­ciale, paru en 1982, et tiré à 350 exem­plaires, sonne comme un recueil rosi­cru­cien. La gra­vure en fron­tis­pice semble gar­der le seuil, comme l’ange por­teur d’une épée. Le titre superbe vient détour­ner une réfé­rence éso­té­rique trop expli­cite et pour­rait conduire à bien d’autres lec­tures. L’ouvrage semble décrire la lutte du soli­taire impé­trant contre les forces mul­ti­pliées de l’univers, encore vau­drait-il mieux dire une étreinte, un corps à corps entre la volon­té de nomi­na­tion poé­tique et le silence, et une com­mu­nau­té de nature entre fer­veur poé­tique et prière. Un « point d’or » est rejoint, celui « d’une parole prête à fruc­ti­fier dès que le ciel péné­tre­ra les pierres fastes »[16] . Jamais la ver­tu théo­lo­gale d’espérance ne fait défaut, et celui qui cherche finit par voir : « Quelquefois j’ai vu ma nuit inté­rieure se parer d’une rayon­nante déchi­rure »[17]. Une image se mani­feste déjà, qui trou­ve­ra à s’exprimer plus lar­ge­ment dans un recueil, sous le titre Pacte avec la source[18]. En effet, appa­raît ici « la source de muta­tion », soit une pis­cine pro­ba­tique, ou le moyen de chan­ger le mal en bien. Un « res­sour­ce­ment » au sens fort peut enfin s’effectuer. Au fond, l’efficacité de la quête est fonc­tion d’une qua­li­té de fer­veur, capable à elle seule  de sai­sir « le vivi­fiant secret du matin »[19].

            Petit à petit, un thème émerge qui ira cres­cen­do, celui de la « lumière sans ombre », soit une illu­mi­na­tion, un « jour auri­fère », ou bien encore des « lueurs habi­tables ». Surtout, la quête éso­té­rique prend une impor­tance crois­sante et devient un thème majeur de nom­breux poèmes, dans une langue de plus en plus codée : « éloi­gnons-nous du noir cris­tal adom­brant le temple inache­vé, afin d’aller nous enfouir dans l’athanor d’une soli­tude bap­tis­male »[20]. Ce recueil est pré­cé­dé d’une essai sur la poé­sie hié­ro­pha­nique inti­tu­lé  « La Quête du Verbe » qui pose les prin­cipes néces­saires pour un art poé­tique : la parole est enfouie au fond de nous. Il fau­dra donc deve­nir le démiurge de sa propre parole poé­tique et trou­ver les images qui mani­festent au mieux les arché­types et les signes sacrés.

            L’Attentive lumière est dans la crypte est un second recueil illus­tré par le sculp­teur Gaetano di Martino sui­vant des formes sym­bo­liques de grande puis­sance. C’est un recueil inter­mé­diaire qui par­achève un mou­ve­ment d’amour et d’adoration : « l’amour affleure avec ses voix stel­laires… »[21]

Les acteurs de ce théâtre inté­rieur gran­dissent en abs­trac­tion jusqu’à deve­nir pure lumière : « Je vois là s’affiner tem­pé­tueu­se­ment /​ Le deve­nir de la lumière/​ Qui s’ouvre sur la blan­cheur du Vide »[22].

            Transparences de l’Unique paraît enfin en 1988, illus­tré magni­fi­que­ment par le peintre-cal­li­graphe Chu Teh-Chun,  et s’ouvre par « Héritant ces galets de clar­té ». Ce der­nier ouvrage témoigne d’une vic­toire sous forme de « renou­veau », ou d’« embel­lie » : l’être entre en pleine pos­ses­sion de lui-même, à condi­tion ici encore de pas­ser par des épreuves dont le cadre maté­riel est minu­tieu­se­ment décrit, mais sui­vant non pas le réa­lisme des­crip­tif, mais un détour­ne­ment radi­cal des pro­prié­tés de l’espace, des « arcs iro­niques » à un « pay­sage miné­ral », « sous les méandres des intrigues stel­laires »[23]

Le ton devient par­fois sen­ten­cieux, détour­nant par­fois cer­tains pro­verbes, dans une inven­ti­vi­té heu­reuse du lan­gage : « Tant va la chance mécon­nue qu’elle finit par rejoindre la courbe unique »[24]. En dépit de la lon­gueur du tra­jet, c’est la confiance et une tona­li­té heu­reuse qui dominent ce recueil, comme si la lumière trou­vait enfin à s’accomplir.

Ces trois recueils, unis par une pré­sen­ta­tion simi­laire, semblent par­cou­rir un arc qui va d’une labo­ra­tieuse ini­tia­tion visant à appro­fon­dir la dimen­sion spi­ri­tuelle de l’être jusqu’à une cer­ti­tude vision­naire.

Ce qui s’ouvre à la pierre du matin et L’immuable et l’envol paraissent à deux ans d’intervalle aux Editions du Soleil Natal. Ces deux recueils illus­trés l’un par des emblèmes du XVIIème siècle, l’autre par des com­po­si­tions d’Obéline, pré­cèdent Les Chemins embel­lis et Au Vif de l’abîme cris­tal­lin, ce der­nier ayant été publié par les édi­tions Tarabuste, en 1996. L’hypothèse serait que chaque recueil coïn­cide avec un tra­jet dont le sup­port est maté­riel – ce sont de vrais escar­pe­ments, de vrais soleils – vers un espace rare et peu acces­sible, image trans­pa­rente d’une trans­mu­ta­tion. Une odys­sée inté­rieure est relan­cée de poème en poème, en un pré­ci­pi­té ver­bal nul­le­ment gra­tuit et jamais seule­ment esthé­tique. Le poème serait ici l’alchimie en acte et le baro­mètre de l’âme. Avec plus ou moins d’assurance, le poète peut annon­cer le fré­mis­se­ment d’une déli­vrance. Mais nul ne peut affir­mer si l’embellie sera durable, dans le dia­logue de forces contraires. Et c’est ce dia­logue, maintes fois relan­cé, qui se pour­suit sous nos yeux, avec les recueils sui­vants, Les Temps fusionnent , qui asso­cie oeuvres d’art et objets de tous les temps, par une trans­fi­gu­ra­tion poé­tique, Pacte avec la source, Vers l’or de nuit, et le tout der­nier, Distance inci­ta­tive, qui asso­cie poèmes et pho­to­gra­phies par Obéline des grèves de Varengeville, sur la Manche[25].

Inlassablement, Elie-Charles Flamand extrait, d’un livre à l’autre, la fer­veur d’un soleil noir.

                                                                                                                                 Marc Kober

Cet article est paru dans la revue LA SŒUR DE L’ANGE N°3

Editions A CONTRARIO.

Copyright : la revue et l’auteur.

 


[1] Les Méandres du sens – Retour en Forez, retour sur moi-même, Editions Dervy, 2004, p. 29. Cet ouvrage est capi­tal pour la mise en pers­pec­tive d’une exis­tence pas­sion­née sui­vant divers moments de créa­tion et de réflexion. L’ouvrage est si divers et si sur­pre­nant que les libraires ne savent pas dans quel rayon le pla­cer, et c’est là toute sa force !

 

[2] La Lune feuillée, pré­face d’André Pieyre de Mandiargues, Pierre Belfond, 1968, p. 43. Ouvrage épui­sé.

[3]  Elie-Charles Flamand, La Tour Saint-Jacques, Editions La Table d’Emeraude, Paris, 1991. Les oeuvres de Nicolas Flamel ont été pré­fa­cées par ce même auteur aux Editions du Courrier du Livre, en 1989.

[4] L’Immuable et l’Envol, Editions du Soleil Natal, 1993.

[5] Les Méandres du sens, op. cit. , p. 85 et sq.

[6] Dans le registre de l’essai, l’auteur a publié une belle étude sur les miné­raux : Les pierres magiques, Le Courrier du livre, 1981.

[7] Les Méandres du sens, op. cit. , p. 113.

[8] La Tour Saint-Jacques, op. cit. , p. 24.

[9]  Yves-Alain Favre, Alchimie et poé­sie dans l’oeuvre d’Elie-Charles Flamand,  Deuxième col­loque du Centre de recherche sur le mer­veilleux et l’irréel en lit­té­ra­ture, Université de Caen, début sep­tembre 1989.

[10] André Breton , en 1957. Le mot est sou­li­gné par André Breton.

[11] Entretien réa­li­sé par André Lagrange, été 1993, Jointure n°34.

[12] Erotique de l’alchimie, Le Courrier du Livre, 1989. Avec une pré­face d’Eugène Canseliet.

[13] « Sur une sta­tue oscil­lante de Takis », La Lune feuillée, op. cit. , p. 43.

[14] «  Itinéraire du peintre », idem, p. 45.

[15]  « Cérémonial de l’abandon aux méta­mor­phoses », idem, p. 81.

[16] Attiser la rose cru­ciale, « Prendre appui »,  Le point d’or, 1982, p.33.

[17] idem, p. 35.

[18] Pacte avec la source, La Lucarne ovale, 2000.

[19] idem, p. 53.

[20] « Dépouillement », idem, p. 66. Il s’agit d’un poème en prose.

[21] L’Attentive lumière est dans la crypte, Le Point d’or, 1984, p. 17.

[22] idem, p. 38.

[23] Transparences de l’Unique, « Rétrospectif », Le Point d’or, 1988,  p. 23.

[24] Idem, « Secours de l’envers », op. cit. , p. 28.

[25] Tous ces recueils sont parus aux édi­tions de la Lucarne ovale (21, La plaine du Jarrier, 77720, Saint-Ouen-en-Brie) entre 1998 et 2005.