Eve NUZZO et ses performances poétiques

 

Ève Nuzzo fait vibrer une parole tragique et comique sur de nombreuses scènes. Assumant ce donné théâtral, elle creuse les expressions familières sur lesquelles nous nous construisons sans le savoir, excavant, dénudant le langage sur un chemin de lucidité (E.P.)

 

Mes conditions de création me demandez-vous.

Je ne m’étais jamais penchée sur la question auparavant, mais, animant pour la première fois un atelier mensuel d’écriture, j’ai du m’y coller.

Donc, les « conditions de création » c’est à la fois le pourquoi et comment.
Le comment, le moins intéressant, à vrai dire on s’en fout probablement, c’est un peu la partie people des « conditions » :
Pour écrire j’ai besoin : d’un carnet et d’un stylo, d’une cheminée et d’un tapis, d’une théière et d’une bougie, d’une angoisse ou d’un tourment.
De moins en moins d’une joie.
La joie je me la garde à vivre.

Et puis le pourquoi :

J’écris pour ne pas tout déballer au premier venu, pour tout dire en une seule fois, pour trouver d’efficientes réponses à de réelles questions, pour avouer ce que je ne peux décemment pas avouer, pour me souvenir parce que j’ai si mauvaise mémoire, j’écris et ça me concentre et j’existe comme il faut.
J’écris pour prendre un peu d’avance sur la réalisation de mes désirs, et surtout, pour transformer mes échecs en matière à rire.
Et comme c’est pour dire sur une scène, il faut que ça parle, il faut que ce soit rythmé et construit pour que ça parle.
L’écriture est une séduction.

Quarantaine

 

1 (on dit pas hein on dit comment)

Comment le feu s'est-il déclaré ?

Par écrit.

 

2

Fête de la sono, fête de la cacophonie. Les amplis se superposent aux amplis, dans les rues on enjambe les câbles électriques, micros, électro, musique nucléaire. La banquise fond, il pleut des cordes.

Je n'ai pas envie, pas envie, pas envie.

La jalousie est un sentiment qui pourrait me motiver, à la limite.

 

3

Une femme qui n'a pas d'enfant se dessèche plus vite que les autres.

C'est dégueulasse. Il faut que je dise : c'est dégueulasse. C'est dégueulasse (répéter/déformer très très vite).

Vous auriez envie de lui dire je t'aime ?

Non.

 

4

La table est méchante, méchante la table, han, han, han. Maman a dit à la poissonnière qu'elle était méchante et que si jamais elle redonnait à maman du poisson avec des arrêtes, maman irait voir la police et la poissonnière irait en prison.

 

5

Aux douleurs et aux absences qui ne me concernent pas mais que je ressens infini(tésimale)ment.

 

6

Hier en entrant dans la voiture j'ai dit comme ça : je suis une femme. Pour voir.

Subversion est le mot que je ne trouve jamais.

 

7

Quand on agite l'eau elle devient rose, mais le sirop retombe au fond, au bout d'un temps.

 

8

Je prends un plaisir reposant et définitif à me dire que je ne suis qu'une merde. 

Ça mouille un peu mes yeux mais je souris. 

Et l'espoir que parce que je souffre mieux, j'écris mieux.

« vos parents vous ont-ils dit leur amour ? »

« vous voulez dire « je t'aime » ce genre de truc ? »

« votre perplexité est une réponse »

« vous a-t-on aimée pour vos qualités ? »

« vous voulez dire mes qualités humaines ? »

 

9

Une sorte de chauve-souris sort d'un cocon et fonce successivement sur trois oiseaux pour les saigner et les démantibuler sauvagement (une mésange, un geai, un chardonneret : trois oiseaux colorés et innocents).

 

10

Je suis seule avec mes chips.

Ce qui est terrible, c'est que ce qu'on croyait nous constituer passe aussi.

À force de ne pas savoir pourquoi on fait les choses, on n'a plus envie de les faire.

À force de trop se demander pourquoi on les fait, on n'a plus envie de les faire non plus.

 

11

Mis des feutres et du scotch dans une trousse, pour le plaisir que c'était. 

D'avoir ce petit matériel avec moi qui permettait d'inventer des occupations et des images.

Mangé du chocolat au lait-noisettes avec du pain pour retrouver l'accord des deux goûts.

Dessiné ma maison les yeux ouverts sans regarder la page.

12

(Rapido presto)
Je joue dans un grand festival, je suis motivée. Mais trop relâchée, presque débonnaire : quand la lumière s’éteint, je me rends compte que les rideaux des fenêtres ne font pas un noir noir. Et que j'ai oublié d'enlever ma culotte sous mon maillot.

Je joue une scène que je ne connais pas avec deux enfants qui ne savent pas leur texte. Ils disent le contraire de ce qu'il faut comprendre. C'est un fiasco. Les lumières se rallument. Je m'excuse et dis qu'il y a un problème. Marie-Josée Nat (oui) se lève de son fauteuil, vient vers moi avec un sourire. ça n'est pas à moi qu'elle sourit mais un couple d'amis derrière moi, à qui elle dit qu'elle s'en va, que tout cela n'est pas sérieux, que c'est se foutre de la gueule du monde. La gueule du monde (répéter). Je crie que je vais rembourser la gueule du monde mais on ne m'écoute plus.

 

13

Aujourd'hui Roussette a sevré ses trois poussins, chassés méchamment depuis le matin. Chassés des mangeoires, chassés du poulailler. Ils piaillaient dans la nuit tombante, perdus. J'ai du les faire rentrer en les dirigeant doucement. (Très articulé) Je n’accepte pas (note tenue) la règle du jeu (note tenue) de la vie (note tenue)

Quand tout cela sera dépassé, j'écrirai peut-être un truc fort.

C'est comme des secrets de la vie qu'il m'est donné de recevoir (répéter).

« On ne se connaît pas assez pour ce genre de familiarités il me semble »

« C'est très juste, c'est important ce que vous dites là »

Travaillé pour de bon à poser des plinthes (épeler P.L.I.N.T.H.E.S  plusieurs fois très vite jusqu'à l'espagnol)

J'ai froid, je me mets au-dessus du four entrouvert.
Il est midi, je vais me coucher.

 

14

Sur la route, un nœud de serpents salement amochés, aux corps partiellement écrasés, essayent de se dégager et de s'enfuir.

Une bougie d'anniversaire en forme de maison brûle doucement par le haut : comme il n'y a personne d'autre que moi pour en profiter, j'éteins les flammes.

23h44. Pour mon anniversaire je voudrais baiser avec trois hommes.

Ou bien qu'on m'organise une belle partouze.

Sur les tables il y a des mets raffinés qui ont l'air délicieux : une mousse de légumes aux couleurs vives, des viandes rôties nappées de trois caramels : nature, fraise et truffe. 

Nous finissons par nous asseoir par terre face à face emboîtés l'un dans l'autre au pied d'une marchande de poupées.

 

15

  • ça a participé si tu veux à ma faiblesse, à ma souffrance. Tout de suite d'ailleurs, on m'a dit à partir de ce que j'ai fait, j'étais en surcharge de travail. J'avais les dossiers les plus lourds et puis ben heu, mais y avait un facteur physique, j'ai fait un burn-out. J'ai fait un burn-out, le facteur physique était dégradé. Ça je peux le résoudre seulement un an et demi après. Il a fallu que je sois hospitalisé en clinique.
  • Mais tu ne...
  • non ben c'est pas ça si tu veux : c'était palliatif, ça pouvait aller mieux mais c'était pas dans la durée.
  • Ben oui oui oui...
  • ben oui ça fait vingt-deux ans. Mais il y avait des facteurs précurseurs : c'est une maladie qui se déclare chez les adolescents ou chez les faibles.
  • Mm...
  • non et puis il faut que j'ai du temps à moi, même par rapport à ma fille.
  • Oui oui.
  • du temps physique.
  • Mm.
  • Non mais y faut juste s'organiser quoi.
  • non mais c'est bien.
  • C'est pour ça que je refuse pas. J'ai pas mis longtemps à réfléchir. Le lendemain. Le soir, même. Au minimum.
  • Mais oui c'est ce qu'il y a de bien.
  • Voilà.

 

16

Ne faut-il pas m'utiliser en cas d'affluence ?

Suis-je à ne pas mettre entre toutes les mains ?

Suis-je en concert le 11 octobre à Paris-Bercy ?

Suis-je si bonne que j'en deviendrais méchante ?

Suis-je la carte de visite de moi-même ?

Suis-je open ? Overground ou underground ?

Suis-je aérienne ?

N'ai-je pas d'excuses ?

Serai-je interrompue ou perturbée sur l'ensemble de la ligne ?

Ne faut-il me tirer qu'en cas de danger ?

Aimé-je la ville ?

Cosmopolite ou bien brassée ?

Les meilleurs professionnels sont-ils chez moi ?

Retrouvez-vous et des milliers d'autres sur moi.

(Chuchoté consonnes rythmées crescendo) Tout tabou sera puni (Chuchoté consonnes rythmées decresendo)

 

17

Deux poignées de noisettes sur le chemin

Juste de quoi me réconcilier

Avec moi-même

 

18

Fêter son anniversaire c'est se payer une grande déclaration d'amour collective.

Est-ce possible ? Non. Alors faîtes le deuil. Fête le deuil.

Comment fêter ses quarante ans quand on en n'a que dix-sept ?

Je me souviens qu'un jour j'ai renoncé à vouloir le meilleur.

Traverser des villes et des paysages, traverser seulement. Ne jamais rien avoir à y faire.

Un herbier des moches pensées.

Tu l'as voulue cette fête. Sois raisonnable.

Sois raisonnable.

Tu es belle en maillot.

J'ai pris sur moi.

Changer pourrait englober aussi accepter de ne pas changer.

En ce sens, c'est une renaissance.

Que les choses soient claires : le bon accueil du public est secondaire. Le principal c'est trouver l'épanouissement dans le processus (l'est pas nous / hissement / dans le procès / suce : scandé rock). C'est très très important ça.

 

19

Mes mains sentent les chats et les noix, oh j'aime ça.

 

20

Les quoi des amants désunis ?

 

21

  • Le cinq part en un.
  • Trois ? 
  • Trois ça reste. 
  • Quatre ?
  • Quatre aussi. 
  • Le cinq part en un c'est bon. 
  • Le six y'a rien 
  • Donc sept.
  • Euh... le sept part en deux.
  • Le huit ?
  • En un.
  • Le neuf ?
  • Y reste.
  • Le dix ?
  • Pareil.
  • Le onze.
  • En douze.
  • Le douze ?
  • Y'a rien.
  • (Un temps) Le douze y'a rien ?
  • Ben non.
  • Attends on vient de faire le onze en douze ?
  • Mais celui qui était sur le douze y'avait rien d'autre dessus.
  • D'accord, euh... le treize ?
  • En onze.
  • En onze.
  • Le quatorze en huit.
  • Le quinze ?
  • En sept.
  • Touc touc touc touc touc touc touc... le seize, y'a rien ?
  • Non.
  • Le seize euh c'est en dessous mais pourquoi j'ai rien ? Après t'as vingt.
  • Ouais, dix neuf en quatorze.
  • (au ralenti) Dix-neuf en quatorze.
  • Et c'est bon.
  • OK. On récapitule ?

 

22

Est-ce qu'on dit de quelqu'un qu'il est en délicatesse avec quelqu'un d'autre ? Ça se dit ?

 

23

Entre quatre z'yeux

à plates coutures

Quel mot taper pour trouver le synonyme de celui qu'on cherche ? (Répéter du bout des lèvres en essayant de comprendre)

 

24

Tous ces airs graves autour de moi, ces airs de vouloir me protéger d'une chose qui m'arrivera fatalement, je le sais, je ne suis plus une enfant depuis longtemps.

 

25

(Main sur la bouche.)

 

26

Recroquevillée entre mon bureau et mon fauteuil pour pas qu'on me voit de la fenêtre, la porte fermée à clef, je pense : rester enfermée ici et mourir de faim et de soif.

La seule réserve que j'ai osé émettre, elles l'ont rendue caduque en un rien.

Je n'ai pas dit

je n'ai pas dit

je n'ai pas dit

je n'ai pas dit

j'ai tout gobé

tellement j'étais

 

27

Merci beaucoup pour le livre et à très vite. J'entends : je n'en peux plus d'attendre je suis pressé de te revoir très vite. Alors que ça signifie juste merci et à bientôt. Très vite = bien tôt.

Il y a tout de même quelque chose qui croît chez moi : cette petite plante de Noël qui était bien mal barrée sort une nouvelle feuille. Bien mal...

Attention Attention à l'auto-sabotage. (Je répète)

Ouverture, souplesse, concentration.

Attention Attention Le texte ne suffit pas. (Je répète)

Je cherche un pilier qui tienne ma pauvre personnalité inconsistante.

Mâchouillages et désossement.

Anosmie, agnosie, anadiplose et apostasie.

Vieillir est une réalité.

Vieillir est moi.

Vieillir est visuel.

Une très vieille femme traverse le plateau, elle est nue, courbée, ses seins pendent, ses jambes flageolent. C'est elle qui trouve le serpent. Elle manque tomber sous sa menace (dans ce sens, manquer est un semi-auxiliaire). Elle finit par lui manger la tête. Elle rajeunit.

 

28

Aujourd'hui je n'ai pas envie de pleurer devant la glace.

Espère et passe.

 

29

Une chansons à peine effleurée avec de vrais morceaux de mots dedans.

Parler pour ne rien dire

Une petite violence du quotidien

Une phrase rassurante malgré tout.

 

30

Je m'en fous un peu mieux.

 

31

Comment coudre ce que je tiens avec ce qui n'existe pas encore ?

Faut-il me réduire à moi seule pour maîtriser les choses ? 

Comment me rappro(ccro)cher de(à) ce qui est fondamental ?

Si nous sommes régis par des bactéries, où est la noblesse de l'humain ?

Le sens se résume-t-il aux sens ?

C'est à dire le sens de la vie se résume-t-il au plaisir qu'on y prend ?

Il y a des neurones dans nos intestins, que vient foutre dès lors la question du désir féminin ?

Faut-il ordonner ou rendre le chaos ?

Faut-il résoudre quoi que ce soit ?

Faut-il faire le bien ?

Faut-il remplir le temps ?

À l'heure où nous écrivons ces lignes, nous ne savons rien. Ni ce que nous voulions dire, ni même si nous voulions dire quelque chose.

 

32

Cette question de l'épanouissement obligatoire me paraît soudain absurde : c'est comme s'il était obligatoire que toutes les fleurs aillent au fruit, que tous les fruits arrivent à maturité et qu'ils soient tous croqués par des enfants sains qui vivent une vie merveilleuse et chient quarante arbres chacun.

 

33

La veste me bouffe

Un œil brille

Surgissement de méchanceté

Elle hésite

Suspendue à mes lèvres

Y'en a encore

 

34

C'est toujours plus facile de se souvenir d'une chose que de la vivre.

Passer de dix-sept ans à quarante sans transition, c'est violent. Je n'ai rien vu venir.

J'ai besoin qu'on aime ma surface (répéter jusqu'à plus rien dire).

Entre deux mots il y a un abîme : beaucoup de mots, beaucoup d'abîmes.

 

35

On voit quelqu'un qui s'agite alors que le sujet demanderait plus d'intériorité.

Trop propre.

Trop beau.

Pas engagé.

Fatras. 

Fatras : amas confus, hétéroclite, de choses sans valeur, sans intérêt. Ton spectacle est un fatras. Ensemble incohérent d'idées, de paroles ou d'écrits. Bric-à-brac, fouillis, ramassis, salmigondis.

ça n'est pas joli !

Où veut-on m'emmener ?

ça n'est pas harmonieux !

Je me contentais ?

Qui est celle-là qui est sur scène ?

Ce qu'on attend de mon potentiel ?

Elle veut qu'on la baise !

Pourquoi nous dit-elle tout ça ?

On ne diffuserait pas ça en l'état.

ça ne te va pas.

ça ne te ressemble pas.

Il faudrait.

On aurait voulu.

On aurait eu envie.

On ne comprend pas ce que tu veux nous dire au final.

C'est inquiétant.

 

36

C'est l'espace qui est responsable de la situation.

Le paradis est un jardin clos alors que le désir, lui, ne l'est jamais.

 

37

On n'est rien

On n'est rien

On n'est rien

Cette rengaine pêchée au fond d'une relaxation profonde me fait sourire et m’apaise. Je peux mourir, me décrépir, ça n'est pas si grave, c'est dans l'ordre des choses.

Je voudrais, j'aime, je voudrais, j'aime, je voudrais : comme ça, à l'intransitif, pas de complément d'objet direct.

 

38

Elle veut en avoir pour son argent.

Elle finit sa crêpe lentement consciencieusement.

Avant la fin, elle roulera dans sa serviette les trois petits paquets qu'elle a réservé depuis le début dans un coin de son assiette, discrètement, en vérifiant que le garçon ne la regarde pas.

 

39

Du choix d'une broutille au choix existentiel, du choix d'un sandwich à celui de ne pas avoir d'enfants, je fais toujours le mauvais.

S'empêcher de réfléchir.

Besoin de me regarder dans la glace quarante fois par jour.

S'empêcher de réfléchir.

Quarante fois les choses.

S'empêcher de réfléchir.

Sable mouillé dans les pieds.

S'empêcher de réfléchir.

Seins nus.

S'empêcher de réfléchir.

Assise à la limite du sable et de l'eau, comme les enfants : pas très élégant. 

S'empêcher de réfléchir.

C'est comme ça qu'on ferait pour faire pipi discrètement. 

S'empêcher de réfléchir.  

Le soleil est mauvais, cancer, vieillissement prématuré de la peau. 

S'empêcher de réfléchir.

Comment s'étonner que plus tard vienne trop tôt ?

S'empêcher de réfléchir.

Entre profiteroles et pizza envie de rire comme une folle alors que ce n'est pas l'endroit.

S'empêcher de réfléchir.

La fenêtre est grande ouverte sur les pins et les acacias, le vent souffle, l'orage gronde. J'aime ça.

Dehors les gens papotent. Je nage à contre-courant. 

Ordure ménagère

Couverture nuageuse

S'imaginer des choses

Passer le temps

Naufragée dans la foule

Passer le temps

Seule à être seule

Passer le temps

Toujours pressée d'être après

Passer le temps

Vient une chanson 

Passer le temps

Fredonnée en fond de gorge 

Passer le temps

Après gorgée de thé (fredonner « Johnny Johnny » de Jeanne Mas très très aigu en finissant par :)

« Comme un oiseau qui s'endort

épuisé par tant d'effort

Tu l'aimes encore. »

 

40

Excusez-moi madame, je suis un peu longue.

Oh non j'ai tout mon temps y'a pas de soucis.