La poésie d’Antoine Cassar (Malte), présentée et traduite par Marc Delouze

par : Marc Delouze

 

Invité du Festival International de poésie de Malte, j’ai participé, du 1er au 4 septembre 2014, à l’atelier de traduction organisé par Literature across frontiers, sous la responsabilité d’Alexandra Buchler. Ce furent de belles rencontres, et une riche expérience, dont tentent de témoigner mes traductions de six poètes présents à cet atelier. 

Marc Delouze.

 

 

 

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Antoine Cassar est un poète de langue maltaise et parfois multilingue. Son long poème Merħba, a poem of hospitality a reçu le prix United Planet en 2009. Il est l'auteur de Mużajk (2008), Passeport (2009, Bejn / Between (2011) et Mappa tal-Mediterran (2013). Activiste pour les droits des migrants et la liberté universelle de circulation, il a fondé et coédite depuis 2013 la revue artistique multilingue Le monde n'est pas rond, en collaboration avec Personne n'est illégal - Luxembourg.

Traduit en onze langues et adapté pour le théâtre à Malte et en France, Passeport est un long poème coup de poing dans lequel l’écrivain Antoine Cassar dénonce les politiques migratoires imposées par la mondialisation, la condition des migrants, l’humiliation du passage aux frontières, la survie, les contrôles, les expulsions.

Les recettes de la vente du Passeport sont versées à des assocations locales qui offrent assistance juiridique et linguistique aux réfugiés et aux demandeurs d’asile.

www.antoinecassar.info, www.mondepasrond.net

Calme

 

La brise du samedi matin
danse entre mes orteils.

Couchée près de moi,
Le flux et reflux de ton souffle enlace
délicatement les rochers.

Derrière la fenêtre, parmi les trilles
le village émerge, timide,
de sous une couverture de rosée

Calme, comme grand-père et son béret,
calme, comme l’air immobile de septembre,
calme, comme la mer d’huile sous la corniche,

ce matin
tandis que nul devoir au monde
ne me sollicite,

si ce n’est celui de te tenir serrer

enfouir mon nez dans tes cheveux
sans te réveiller,

fermer les yeux
et écouter la brise agiter paresseusement
les feuilles du palmier,

ce matin seulement
ce matin se suffit
ce matin, pour une fois et à jamais

calme.

 

 

Traduction Marc Delouze, avec la collaboration de l’auteur.