> Et pourtant il faudra affronter

Et pourtant il faudra affronter

Par | 2018-01-16T22:10:27+00:00 26 février 2014|Catégories : Blog|

 

Et pour­tant il fau­dra affron­ter les évé­ne­ments,
La vie voi­là ce qu’il en est, ou ce qu’il en reste.
Je n’ai pas vou­lu ça et n’ai pas fait exprès d’être là,
et vous demande par­don pour la place que je prends.
Je suis déso­lé de vous dire que vos regards
n’ont plus le même entrain.
Au fond des pupilles des écrans plas­ma scin­tillent.
Que n’ont-ils donc encore pas ven­du ces char­la­tans
qui boni­mentent les nou­velles du monde
et toutes dents dehors voci­fèrent
et animent la fièvre des escrocs.

L’ennui a pris le pli dans ces jours sans répit.
La cimen­te­rie tapisse le toit des mai­sons
D’une neige gris et lourde qui empèse aus­si les arbres.

Les pay­sages incer­tains reviennent en mémoire
En ces ins­tants à nuls autres pareils
Bribes intenses de sublime et de déri­soire
Comme autant de lam­beaux inven­tés

Le Danube encore habillé du noir de ses eaux
s’invite en femme fatale entre les tables des champs de blé
les coque­li­cots en autant de cœur ponc­tuent par grappe
la plaine trop bien pei­gnée des riches Allemagnes.
Fleurs blanches des Champs de patates.

Sorgho, millet, seigle, défilent dans le pas du mar­cheur.
Là-haut les alouettes éveillent de leur chant
les sou­ve­nirs d’une enfance au milieu des bois.
La sara­bande des étour­neaux a l’aspect d’un ange noir,
nuage ivre qui vacille.

Les mots sont le sang qui s’écoule de l’arbre heur­té.

Le poème n’a pas besoin de sens puisque tout est insen­sé.
Il édi­fie ses déi­tés et mélange ses vel­léi­tés.