> Fil de lecture de Carole Mesrobian : Autour de Tristan Felix, Laura Vazquez, France Burghelle Rey, Collectif de l’Atelier du Bocage.

Fil de lecture de Carole Mesrobian : Autour de Tristan Felix, Laura Vazquez, France Burghelle Rey, Collectif de l’Atelier du Bocage.

By | 2018-01-22T07:23:49+00:00 18 novembre 2015|Categories: Critiques|

 

Autour de Tristan Felix, Laura Vazquez, France Burghelle Rey, Collectif de l’Atelier du Bocage.

 

Un appa­reil para­tex­tuel qui sou­tient l’univers séman­tique des­si­né par le titre du recueil, Sorts : la cou­ver­ture de ce petit livre, en noir et blanc, pro­pose une illus­tra­tion qui donne à voir l’au-delà d’une réa­li­té appré­hen­dée par l’artiste peintre Isabelle Clément. Travail sur la matière et res­ti­tu­tion d’une émo­tion, les pay­sages peints révèlent la res­pi­ra­tion de ce que recèle une nature dont le sup­port est sai­si dans son imma­nence. La qua­trième de cou­ver­ture pro­pose un extrait du texte limi­naire :

 

« Jette-toi du haut qui penche
à six faces débraillées
Mets bas ton ciel cri­blé d’oiseaux
L’inepte féé­rie compte sur les osse­lets
Pour sai­sir l’identique sous l’autre
Quel sort cueille quoi de rare ?
Son coup sonne au cou du condam­né
Il n’en rit qu’à la pointe des pieds
Qu’il a de boue tiède oints
Pour s’absenter
Du sol »

 

La langue de Tristan Félix ne peut être autre­ment illus­trée que par ce mor­ceau tiré du tout pre­mier texte du recueil. Un emploi syn­taxique déstruc­tu­ré qui per­met au poète de mettre en exergue les signi­fiants, de secouer le sens pro­to­co­laire des mots et de créer un uni­vers fait d’images et ryth­mé par des asso­nances et des alli­té­ra­tions. L’espace scrip­to visuel est lui aus­si mis à contri­bu­tion dans la créa­tion de cet uni­vers poé­tique inédit. Et le pro­pos de l’artiste est mer­veilleu­se­ment ser­vi par ces dis­po­si­tifs, car en effet le rythme ain­si créé et l’emploi d’un voca­bu­laire dont les accep­tions usuelles sont mal­me­nées par le tra­vail syn­taxique sont de nature à rendre compte de cette per­pé­tuelle pos­ture à la marge d’exister. L’énonciateur pro­pose une vision au vitriol du réel, et prend la parole au nom d’une huma­ni­té por­tée par l’emploi des pro­noms per­son­nels.

 

« vous tous autant que nuls
êtes invi­tés à
cou­cher sur bitume :

soi ou l’autre
qua­li­té
suture
matri­cule
pro­fil bas

se rendre au grand hachoir
sa viande en sac
doigt sur cou­ture
fuite inutile. Stop.

et sur le pont de corde
à bout d’abîme
l’homme cou­su attend
sa dan­seuse arai­gnée qui l’étourdira »

 

L’évocation de la mort qui sous tend nombre de textes jouxte le constat d’une impuis­sance à conju­rer le sort auquel est sou­mis l’être humain que rien ne semble pou­voir mener vers un ave­nir fait d’espoir.

 

« il fait lent la rame
à trace de l’eau

ont-ils sué les moines à tirer
à tis­ser la nappe vis­queuse
sous leurs genoux !

désor­mais la toile
aven­ture ses accrocs
par­mi notre temps
enfin dévas­té

Marais V »

 

Clos par des groupes nomi­naux en ita­lique qui ini­tient un emploi tout à fait inédit de l’appareil tuté­laire, la plu­part des poèmes de Tristan Félix énoncent ain­si le sort iné­luc­table d’une huma­ni­té sou­mise à la fata­li­té d’exister. Mais les pro­pos de l’auteure ne se bornent pas à pas­ser en revue les affres exis­ten­tielles de ses sem­blables. La pré­sence du poète ponc­tue le recueil, qu’il s’agisse de sai­sir quelques bribes d’éléments bio­gra­phiques ou bien de l’énonciation de la pos­ture de l’artiste. L’écriture y appa­raît comme un moyen d’opérer une rédemp­tion plus indi­vi­duelle que col­lec­tive.

 

« il se balan­ce­ra à dos d’homme
il sera facé­tie
il pein­dra la terre avec ses che­veux
blancs

il se cas­se­ra le nez contre la
trans­pa­rence

il se vide­ra de sa boue

pour atteindre les sorts 

Goudron
(du Petit Théâtre des Pendus) »

 

 

Le poète appa­raît ici comme étant celui qui est apte à mon­trer l’au-delà des évi­dences, et à gui­der les autres. L’emploi du futur et l’évocation d’une sagesse ame­née par la vieillesse évo­quée par le cou­leur d’une che­ve­lure à la blan­cheur emblé­ma­tique confèrent au dis­cours poé­tique et à celui qui l’énonce le pou­voir qua­si magique de révé­ler l’au-delà des appa­rences afin de res­ti­tuer à ses sem­blables la lim­pi­di­té d’un ave­nir lumi­neux. Et le verbe de Tristan Felix opère d’ores et déjà cette muta­tion du métal pré­sent dans notre réa­li­té pesante en un or offert par les visions sans conces­sion mais sal­va­trices de sa poé­sie.

Tristan Felix, Sorts, La Main aux poètes, Editions Henry, Montreuil-sur-Mer, 2014, 94 pages, 8 euros.

 

*

 

 

 

Un livre dont la cou­ver­ture ain­si que la typo­gra­phie qui y est appo­sée déploient une évi­dente sobrié­té. Le corps des lettres res­pecte l’espace bleu roi qui offre un écrin déli­cat aux textes jus­ti­fiés, dépo­sés sur un papier épais qu’une trame crème entoure cha­leu­reu­se­ment. L’horizon d’attente se veut ain­si pla­cé sous les aus­pices d’une poé­sie ame­née sous l’égide du clas­si­cisme. Mais déjà à feuille­ter le recueil l’aspect non conforme à une métrique régu­lière et les jeux que pro­met la dis­po­si­tion des vers sur l’aire scrip­to visuelle créent une dicho­to­mie que cor­ro­bore le mes­sage pré­sent dès le titre : La main de la main. Cette redon­dance du sub­stan­tif revêt l’apparence séman­tique d’une tau­to­lo­gie mais elle n’en est pas moins annon­cia­trice de la poé­tique de Laura Vazquez : il s’agit bien de révé­ler le dedans du dedans, d’aller au fond d’une réa­li­té mon­trée dans son quo­ti­dien le plus banal. Cette poé­sie ser­vie par un emploi séman­tique et syn­taxique tout à faut pro­to­co­laire n’en offre pas moins une vision sym­bo­lique et ins­pi­rée des tableaux de l’existence. Ainsi au fil des textes se révèle une écri­ture dont la moder­ni­té n’est pas uni­que­ment dévo­lue à un emploi inédit de la langue. Le verbe du poète employé de la manière la plus lit­té­rale qui soit et main­te­nu dans sa fonc­tion réfé­ren­tielle n’en offre pas moins une poé­sie puis­sante et qui ouvre les hori­zons du signe et sur­tout ceux d’une appré­hen­sion mys­tique du réel.

 

« Ecoute-moi

 

J’ai plié ma langue, comme je sais le faire.

Alors les molé­cules ont fait leurs petits pas.

Des géo­mètres ont tra­cé plu­sieurs lignes sur ma figure.

J’attends l’armée des four­mis.
Ecoute ce que tu dois me dire.
Que ta parole soit grosse et répé­ti­tive.
Qu’elle soit très lourde et qu’elle colle.

Qu’elle soit lourde
comme le beurre frais,
comme le bain trop chaud.

Que le soleil s’en aille au milieu du ciel et qu’il reste
En place des mois et des mois et des années, des siècles.

Alors les petites plaies
font les petites croutes
et le soleil reste au milieu du ciel.

Alors les sol­dats lui jettent des pierres
et rien ne bouge
jamais. »

 

L’énonciateur est pré­sent aux pro­pos grâce à l’emploi du pro­nom per­son­nel de la pre­mière per­sonne. L’organisation ryth­mique et les récur­rences pho­niques et syn­taxiques confèrent à l’aspect for­mel de l’énoncé un carac­tère mys­tique. Le lan­gage main­te­nu dans sa fonc­tion réfé­ren­tielle per­met la jux­ta­po­si­tion de tableaux dont la confron­ta­tion révèle les per­cep­tions du locu­teur grâce la créa­tion d’images poé­tiques.

 

« Apportez-moi une chaise,
un bout de pain et un livre,
appor­tez-moi l’ordinateur
et l’alphabet de la langue des signes,
appor­tez-moi une boite de bois
pour que je me lève,
pour que j’écrive,
pour que je com­mence . »

 

La langue des signes semble être celle que décrypte le poète qui sait ouvrir à une dimen­sion cachée du réel, source d’une écri­ture toute méta­pho­rique. La reprise ana­pho­rique struc­ture la plu­part des textes, et l’emploi des pro­noms leur confère une dimen­sion incan­ta­toire. La prière de Laura Vazquez sera exau­cée, car écrire fut fait et conti­nue pour le plus grand bon­heur de ceux aux­quels elle offre ses vers. Et au fil des pages de son recueil elle pro­pose une lec­ture de l’existence qui confère à cha­cune de ses visions un carac­tère mys­tique.

 

« Comme les choses invi­sibles

Comme nous ava­lons notre salive
au réveil.
Comme nous sen­tons le goût du sang
dans les verres d’eau.
Comme nous vivons dans cet ordre.
Je te parle. »

 

Laura Vazquez, La Main de la main, Cheyne Editeur, Le Chambon-sur-Lignon, 2014, 57 pages, 16 euros.

 

*

 

 

 

Un si joli recueil, paru aux Editions du Cygne, et dont la cou­ver­ture prin­ta­nière opère un ravis­se­ment tel que l’envie de décou­vrir les textes de France Burghelle Rey s’impose. D’autant que le titre souffle un vent enchan­teur sur les mas­sifs de fleurs qui illus­trent la cou­ver­ture. Le Chant de l’enfance s’annonce donc comme un hymne à la vie, au rythme doux et lent qui mène l’être vers demain avec cet évident et inévi­table che­mi­ne­ment qui est ici asso­cié à celui incon­tour­nable de la nature. L’allusion au chant pré­sente dans le titre, Le Chant de l’enfance, n’est de sur­croît pas sans évo­quer la veine lyrique, et le lec­teur s’attend à une poé­sie de l’intimité et de l’effusion, des rémi­nis­cences énon­cées sur le ton de la confi­dence. Cet hori­zon d’attente se voit confir­mé dès le texte limi­naire :

 

« Perdre son temps à réunir des bribes
ruines de nids de nous
qui sommes oiseaux de cage en cage

Je ver­si­fie comme au temps des cerises mon nom de Venise

Voler chaque sai­son de
sou­ve­nirs en sou­ve­nirs seul

J’interroge ma vie heure après heure déchi­ré par
les à-dieu qui dorment en mémoire

Je ver­si­fie le chant de mon enfance per­due
autant d’amis me manquent
Que sont-ils deve­nus ?

En canon chantent leur peine et la mienne »

 

Invitant le lec­teur à entrer in medias res dans son uni­vers le poète se tourne vers son pas­sé. Mais il ne fau­drait pas pas­ser outre les réfé­rences qui émaillent ce tout pre­mier texte : Marguerite Duras évoque une moder­ni­té qui côtoie la poé­sie lyrique dont Rutebeuf a été l’un des tout pre­miers chantres. Complainte donc dévo­lue à un syn­cré­tisme géné­rique et tem­po­rel, le rythme est don­né d’une allure lyrique certes mais aus­si d’une parole réflexive sur la nature de la créa­tion ain­si que sur la parole poé­tique. C’est ce qu’annonce l’épigraphe :

 

« Je cherche pour le temps le chant qui vaille

 

Philippe Delaveau »

 

Et nous savons com­bien ce poète a accor­dé d’importance à la musi­ca­li­té du poème, à son ancrage avec une tra­di­tion qu’il s’est agi de reprendre sans jamais l’imiter, mais en ayant assi­mi­lé ses formes au ser­vice d’une poé­sie qui mène à la révé­la­tion d’une imma­nence. C’est bien à cet objec­tif que France Burghelle Rey sou­met son verbe. Dans une langue tout à fait clas­sique, qui ne sou­met ni la syn­taxe ni l’emploi séman­tique pro­to­co­laire du signe à une dis­tor­sion quel­conque, elle par­vient à mener le lec­teur vers une révé­la­tion sans cesse renou­ve­lée : celle du temps qui passe, thé­ma­tique clas­sique s’il en est, mais dont l’écoulement est accep­té dans la séré­ni­té, car il s’agit bien de l’évocation d’un par­cours ini­tia­tique, où les épreuves, évo­quées dans la plu­part des textes du recueil, ont opé­ré une méta­mor­phose :

 

« J’avais si peur de la musique
mon souffle était cou­pé
J’avais si peur de la musique mes mots
Sans leur rythme étaient mort-nés

Il fal­lait vivre des autres
mon émo­tion mariée à mes amours
Il fal­lait vivre des autres mes mots
veufs de leur langue pleu­rée

D’enfants de mes enfants ma joie
a accou­ché mon émo­tion
c’est ma nais­sance à la vieillesse
mariée à leur beau­té »

 

 

Cette matu­ri­té est celle d’une écri­ture qui magni­fie le pas­sage du temps. L’expérience sou­tient et façonne l’invention d’une poé­tique qui prend matière dans le réel. Le chant devient alors celui d’une séré­ni­té et d’une sagesse qui mène au seuil de la contem­pla­tion. Et le poète invite le lec­teur à trou­ver en lui cette source de paix.

 

« Si las des adieux
sen­tir l’odeur du lilas
amou­reux des oiseaux leurs miettes
semées par des doigts de fée

Je n’ai plus envie de m’enfuir
Ma terre est le chant le pré­sent mon espoir
Ne plus attendre l’aube mais
aimer la pluie sans craindre l’orage
l’ami des cœurs à prendre

Tu fris­sonnes fié­vreux
reviens sur tes pas pour
prendre le lilas dans tes bras »

 

France Burghelle Rey, Le Chant de l’enfance, Le Chant du Cygne, Editions du Cygne, Paris, 2015, 57 pages, 10 euros.

 

*

 

 

 

 

 

Le Collectif de l’Ateliers du Bocage pro­pose, sous l’égide d’un syn­cré­tisme artis­tique, un ouvrage ser­vi par Cécile Beaupère pour les des­sins, Jeanne Robert pour les danses, Mary Géra pour les textes et Emmanuel Spassoff pour la pho­to­gra­phie. Le titre, d’être plus que nu, est appo­sé au des­sus d’une des pho­to­gra­phies de ce der­nier en noir et blanc qui donne à voir le bas d’un corps dont la nudi­té est mise en scène dans le décor de l’atelier. Une épi­graphe d’œuvre annonce déjà la teneur du pro­pos :

 

« Un livre doit être la hache
pour la mer gelée en nous.

 

Franz Kafka »

 

Le recueil est donc pla­cé sous las aus­pice de cet auteur dont l’œuvre est encore per­çue comme étant celle de l’homme sou­mis à une moder­ni­té dévas­ta­trice. Les pro­pos que le lec­teur s’attend à trou­ver au fil des pages prennent une cou­leur toute par­ti­cu­lière. Le texte limi­naire, tout en fai­sant allu­sion à Gustave Courbet qui osa mon­trer le corps nu d’une femme dans son expres­sion la plus crue, et par là même la réfé­rence au réa­lisme dont il fut l’un des repré­sen­tants, pose les pro­lé­go­mènes de ce qui va suivre :

 

« D’être plus que nu
Et offrir à l’autre
De por­ter son regard
Sur l’origine du monde
De plon­ger ses yeux en dedans »

 

Ce texte, qui fait face à la pho­to­gra­phie qui figure éga­le­ment sur la cou­ver­ture, pro­pose de por­ter le regard plus loin que la vision de la nudi­té. Se fait jour le ques­tion­ne­ment pré­sent aux pro­pos et qui guide les œuvres et les poèmes qui suivent : qu’est-ce que la nudi­té, et com­ment regar­der le corps comme vec­teur d’une trans­cen­dance qu’il s’agit de révé­ler grâce à l’art :

 

« Travailler sur soi jusqu’à l’évanouissement

 

Ne plus voir que sa peauUn point écra­sant le cœur
Obligeant sa main
A s’éloigner pour voir l’autre
Creusant aux entrailles de soi
L’entre-cuisses brû­lée de fusain
Des mains cou­vertes de pein­ture

Sortant des enfers

Derrière le rideau
Le mys­tère pour­rait bien
Entrer dans ton ventre
Comme un coup »

 

Cette médi­ta­tion sur la nudi­té est le sup­port d’un dis­cours sur l’essence même de la repré­sen­ta­tion. Le syn­cré­tisme artis­tique à l’œuvre ici per­met de mul­ti­plier les approches sur la thé­ma­tique qui sert de fil direc­teur à l’ouvrage. Les fusains et les des­sins, hymnes au mou­ve­ment et à la vie, d’une rare force, viennent dire le hors cadre des cli­chés d’Emmanuel Spassoff. Celui-ci pro­pose de mul­tiples cli­chés qui mettent en scène et dévoilent la nudi­té de son modèle. Le tra­vail de répé­ti­tion pro­duit une conti­nui­té qui per­met de créer une his­toire où cha­cun peut appor­ter selon son ima­gi­naire l’interprétation qu’il sou­haite. Les textes viennent ponc­tuer ce tra­vail ico­no­gra­phique et pro­posent une visée réflexive non pas dans un com­men­taire des images mais dans un dépas­se­ment théo­rique sur la nature du nu et sur l’essence même de ce qu’est l’acte de repré­sen­ter :

 

« RASSEMBLE TES CARTOUCHES
PRÉPARE TOI À CHARGER
ET SHOOT
NE FAIS PLUS QUE SHOOTER
LA NEIGE, LA BRISURE, LE PEU
SHOOT LA MAIN QUI RETIENT,
LES CREVASSES ET LES FISSURES
SHOOT LES ZONES D’OMBRE
ET LA CIORDE D’ENFANCE
SHOOT CES MOTS
CONSUMÉS D’AVOIR ÉTÉ TROP ÉCRITS
À PLEINES MAINS,
RECCUEILLE LEUR ESSENCE,
ET DANS UN ULTIME SHOOT
TIRE DES MOTS SECS ET BRUTAUX
MAIS LIANTS
ET EN ACCORD
AVEC L’ORIGINE DE TA VOIX »

 

Ce recueil qui est tout d’abord un très beau livre mène donc le lec­teur à s’interroger sur sa propre nudi­té, à enfin oser regar­der celle-ci. Sous l’image ain­si que sous la peau il y a du sens, et cet ouvrage, d’une très belle den­si­té séman­tique, ne cesse de le révé­ler.

 

Collectif de l’Atelier du Bocage, D’être plus que nu, Jacques André Editeur, Lyon, 2013, 91 pages, 20 euros.

mm

Carole Mesrobian

Carole Carcillo Mesrobian est née à Boulogne le 24 février 1966 et vit en région pari­sienne. Professeur de Lettres clas­siques, elle pour­suit des recherches au sein de l’école doc­to­rale de lit­té­ra­ture de l’université Paris Diderot.

Elle publie en 2012 Foulées désul­toires, aux Editions du Cygne, ain­si que des textes inédits dans la revue Le Capital des mots.

A contre Murailles, Les édi­tions du Littéraire, Paris, octobre 2013