> Passage en revues. Autour de : Berlin Quarterly (1), Inuits dans la Jungle (5), Revue Alsacienne de Littérature (120), A l’Index (25), Contre-Allées (33-34).

Passage en revues. Autour de : Berlin Quarterly (1), Inuits dans la Jungle (5), Revue Alsacienne de Littérature (120), A l’Index (25), Contre-Allées (33-34).

By | 2018-01-23T22:27:07+00:00 15 février 2014|Categories: Blog|

Passage en revues
 

Autour de : Berlin Quarterly (1), Inuits dans la Jungle (5), Revue Alsacienne de Littérature (120), A l’Index (25), Contre-Allées (33-34).

 

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C’est une très belle revue que cette Berlin Quarterly nou­vel­le­ment née du coté de Berlin, revue maté­riel­le­ment et phy­si­que­ment fabri­quée à l’anglo-saxonne. Et cela com­mence par une « Letter from the publi­sher » : « The star­ting point for this first issue of Berlin Quarterly is Belgrade, a city until recent­ly very much on the fringes of Europe. A some of those we met on the streets of the Serbian capi­tal poin­ted out when we asked them if they were loo­king for­ward to joi­ning the Union, today’s Europe is hard­ly in fine fet­tle –nei­ther eco­no­mi­cal­ly nor poli­ti­cal­ly. Behind the continent’s elite, a raft of other EU mem­bers are strug­gling to catch up, and are suf­fe­ring the gro­wing pains of adap­ting to a new poli­ti­cal and eco­no­mic union. At the same time, they are confron­ted by the rapid pace of glo­ba­li­za­tion, and the mixed for­tunes that this can bring. » Une des grandes richesses de cette revue à conno­ta­tion lit­té­raire est jus­te­ment de n’être pas exclu­si­ve­ment lit­té­raire, mais bien au contraire de main­te­nir la lit­té­ra­ture en dedans de la vraie vie, ou bien la vraie vie en dedans de la lit­té­ra­ture. Les pages com­mencent ain­si par un repor­tage pho­to­gra­phique excep­tion­nel sur Belgrade. Les pho­tos sont de Guido Gazzilli, le texte signé par Cesare Alemanni, rédac­teur en chef de Berlin Quarterly. Ceux qui connaissent Belgrade ne seront pas dépay­sés par la tris­tesse inhé­rente aux pho­tos ; ceux qui ont des amis vivant à Belgrade com­pren­dront mieux le ton de leur voix. Suivent des essais (par exemple sur le pas­sage de la galaxie Gutenberg aux tablettes) des fic­tions (Jim Shepard), des œuvres d’art, un entre­tien avec Edwin Frank et bien d’autres choses, ain­si des poèmes d’Ujana Wolf et une nou­velle de Marija Knezevic, écri­vain et poète membre de notre équipe que l’on peut aus­si lire dans nos pages. Une superbe revue.

 

Berlin Quarterly. European Review of Culture, issue 1, automne 2013.
Cycling Bear Publishing GmbH.
Scwedter Str. 34 b. 10435 Berlin. Allemagne.
Direction : James Guerin et Cesare Alemanni.
www​.ber​lin​quar​ter​ly​.com
15 euros

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Le numé­ro 5 d’Inuits dans la Jungle s’ouvre sur une série de poèmes de John Kinsella, tra­duits et pré­sen­tés par Xavier Pons. Kinsella, poète aus­tra­lien, est l’auteur d’une œuvre consi­dé­rable, au sein de laquelle la poé­sie tient une place très impor­tante. Sa poé­sie lui res­semble, à la fois ancrée dans la rura­li­té de l’immensité aus­tra­lienne et dans la mon­dia­li­té vécue par cet écri­vain cos­mo­po­lite. Un ensemble très fort : « L’obscurité fait retour », écrit le poète. La revue offre ensuite un très beau dos­sier consa­cré à « 7 poètes ita­liens d’aujourd’hui », dos­sier concoc­té par Jean Portante, dans lequel on lira Antonella Anedda, Carlo Bordini, Luigi Cannillo, Andrea Inglese, Rosario Lo Russo, Valerio Magrelli et Elisa Biagini. De cette der­nière, on peut déjà lire quelques textes dans les pages de Recours au Poème. L’ensemble est de haute fac­ture, tout comme les pages offertes par Jacques Darras au grand, à l’immense Ezra Pound : trente pages de textes tra­duits par Darras qui légi­ti­ment à elles-seules l’acquisition d’Inuits dans la Jungle. Mais pas seule­ment. Outre Kinsella et les poètes de la pénin­sule, outre Pound, la revue pro­pose des textes de Piedad Bonnett (Colombie), Denise Riley (Angleterre) et un cahier de créa­tion avec des poèmes de Christian Bernard et Gérard Cartier, ce der­nier que l’on retrou­ve­ra bien­tôt dans nos pages. Un fort beau numé­ro de cette très belle revue poé­tique.   

 

Inuits dans la Jungle, numé­ro 5, hiver 2014.
Rédaction : Jacques Darras, Jean Portante, Jean-Yves Reuzeau.
Revue édi­tée par Le Castor Astral.
www​.cas​to​ras​tral​.com
Le numé­ro 12 euros. Abonnement pour trois numé­ros : 30 euros.

 

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Le plus récent numé­ro de la Revue Alsacienne de Littérature s’intéresse à « L’invisible ». Voilà qui ne peut qu’attirer notre troi­sième œil, et don­ner envie d’aller voir ce qui se cache der­rière le voile de la cou­ver­ture… bleue ciel. D’autant que la RaL affiche le bel âge de trente ans. Ici, tout est sym­bole, pas de doute là-des­sus. Le thème pro­pose des textes nom­breux et aux optiques diverses : Jacques Goorma (un texte et des poèmes), Alain Fabre-Catalan, Fabrice Farre, Alain Helissen, Karl-Heinz Kluge, Sylvie Le Scouarnec, Anne-Marie Soulier, Emma Guntz, Kza Han, Michèle Finck, Eva-Maria Berg, Yves-Jacques Bouin, Germain Roesz, Jean-Pierre Verheggen, Jean-Paul Gunsett, Françoise Urban-Menninger, Jean-Claude Walter, Maryse Staiber, Laurent Bayard,Martine Blanché, Taja Kramberger, Aline Martin, Gerda Mucker-Frimmel, Sylvie Durbec, Muriel Stuckel et Claudine Bohi. Cette simple énu­mé­ra­tion montre aisé­ment la richesse et l’ampleur de cette recherche de l’invisible. Ainsi,

Sylvie Durbec :

 

« Etoile filante
cette nuit
dans la fenêtre ouverte
Et alors ?
Rien. »

 

Jacques Goorma :

 

« Si le regard se retour­nait vers lui-même, comme pour aller boire à la source de tout ce qui appa­raît, que ver­rait-il ? Rien. Car la lumière ne peut se voir elle-même ».

 

Peu après, Alain Fabre-Catalan donne un appel « Pour une poé­tique de l’invisible ». Et Claudine Bohi, plus loin, pose que « le monde par­fois /​ ne recom­mence pas ».

Un fort et inté­res­sant dos­sier thé­ma­tique.

Comme à son habi­tude, la Revue Alsacienne de Littérature pro­pose ensuite des Voix mul­tiples de poètes et des chro­niques. Rappelons que nombre de textes sont ici édi­tés de façon bilingue.

 

 

Revue Alsacienne de Littérature, n° 120, 2e semestre 2013.
Rédaction : Maryse Staiber, Jacques Goorma, Paul Schwartz, Anne-Marie Soulier, Laurent Bayard, Alain Fabre-Catalan, Gaston Jung, Marie-Thérèse Wackenheim, Jean-Claude Walter, Patrick Werly.
Les Amis de la Revue Alsacienne de Littérature. BP 30210 67005 Strasbourg.
ral@​noos.​fr
Site de la revue
  Le numé­ro 22 euros
Abonnement annuel 40 euros

 

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Il est tou­jours agréable de voir arri­ver les som­maires et, ici, le phy­sique de la revue A l’Index diri­gée par Jean-Claude Tardif, beau papier, jeu sur les rouges, les noirs et les beiges. Et cette spi­rale de cou­ver­ture, tant abo­ri­gène que Nombre d’or du Grand Jeu. Ses pages sont tou­jours aus­si riches, en ce numé­ro illus­tré par Jacques Basse (grand mili­tant s’il en est de la poé­sie). Et douze pages de notes de lec­tures signées Jean-Marc Couvé, Michel Cossec et Gérard Paris. Le som­maire est fort inté­res­sant. On peut y lire un très beau texte de Henri Bauchau (sui­vi d’un essai sur Bauchau signé Werner Lambersy), La poé­sie, art pre­mier : « l’art dont tous les autres sont sor­tis ». En écho de cette concep­tion de la poé­sie, celle du chant des ori­gines, plu­sieurs poètes dont Gwen Garnier-Duguy (poèmes alchi­miques dédiés à l’alchimiste Elie-Charles Flamand), Roberto San Geroteo,  Thibault Forestier ou deux « mystes » de Matthieu Baumier. Bien d’autres choses essen­tielles dans ces pages, par exemple les poèmes de Giacomo Cerrai tra­duits par Raymond Farina ou ceux de Patricia Catex Menier, chan­tant depuis Homère jusqu’aux crimes du siècle pas­sé. Ici, « On entend que tout se tait ». Un numé­ro pas­sion­nant, au ton très ancré dans la quête inté­rieure, effleu­rant sou­vent le poème comme chant sacré venant de fort loin.    

 

 

À l’Index, numé­ro 25
Direction : Jean-Claude Tardif
Association « Le Livre à Dire ». Jean-Claude Tardif. 11 rue du Stade. 76133 Epouville.
Site de la revue
revue.​alindex@​free.​fr
Le numé­ro 15 euros.
Abonnement deux numé­ros : 25 euros

 

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Contre-Allées est peu à peu deve­nue une revue annuelle, pour diverses rai­sons. Ses som­maires n’en rendent pas moins compte de ce qui s’écrit aujourd’hui, en poé­sie, en France. On lira donc ici une mise en lumière de la poé­sie de Werner Lambersy, sur près de 25 pages. C’est l’ouverture, le poète mis en avant. Puis, bien des voix que l’on retrouve avec plai­sir ici et là, tant dans les pages de revues que dans celles de recueils : Laurent Albarracin, Stéphane Bouquet, Gérard Titus-Carmel, Marie de Quatrebarbes, Christiane Veschambre ou Laura Vasquez par exemple. Des voix plus récentes aus­si, comme Victor Dauzon. Ce sont des voix diverses et la revue répond à son sous-titre « pro­gramme » : revue de poé­sie contem­po­raine. On entend ici la richesse du divers. Et l’on pense la poé­sie aus­si ou le rap­port à la poé­sie, sous la hou­lette de Cécile Glasman et Matthieu Gosztola, posant une « ques­tion croi­sée » et pro­po­sant des réponses de Ludovic Degroote, Marie Huot, Sophie G. Lucas, Philippe Païni, Pascal Commère, Armèle Leclercq, Camille Loivier.

 

Contre-Allées, numé­ro double 33/​34.
Direction : Amandine Marembert et Romain Fustier
16 rue Mizault. 03100 Montluçon.
contre-​allees@​wanadoo.​fr
Le numé­ro 10 euros.
Abonnement deux numé­ros doubles : 16 euros.