Blouson noir

 

ouais l’odeur de ta douche dans la serviette humide que tu n’étends jamais

la vie change un peu jusqu’à la cuisine
il faut laver le sol
je suis seule
ébauche encore de mi-journée

          dans les nuages gris
          je vois des moments de visages qui ne ressemblent pas au tien
          d’ailleurs en as-tu un ?
          oui
          mais bof

je repense à l’orage du pays d’avant-hier
il faisait nuit l’après-midi
alors c’est vrai
que pour mieux dire
j’invente des silences

peux-tu n’être personne ?
et pourtant le printemps
sans savoir de qui je parle
peu m’importe
je ne t’écris pas bien

          un morceau de papier dans la poche intérieure
          voilà que tes yeux clairs
          dans l’appartement sombre
          n’ont jamais existés

          il manque une pièce après la chambre
          pour t’inventer correctement
          aussi pour que le temps s’assoit lorsque l’on se regarde
          où que je l’envisage

finalement
tu n’as jamais été un blouson noir