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Tahar Djaout

By | 2018-01-18T21:00:17+00:00 5 avril 2012|Categories: Blog|

             Tahar Djaout (1954-1993) est un écri­vain, poète et jour­na­liste algé­rien d'expression fran­çaise. En 1993, il fut l'un des pre­miers intel­lec­tuels vic­time de la « décen­nie du ter­ro­risme » en Algérie.

            D'origine kabyle, Tahar Djaout est né le 11 jan­vier 1954 à Oulkhou (Ighil Ibahriyen) près d'Azeffoun en Kabylie dont il fré­quente l'école jusqu'en 1964. Sa famille s'installe ensuite à Alger.

            En 1970 sa nou­velle Les insou­mis reçoit une men­tion au Concours lit­té­raire « Zone des tem­pêtes ». Il achève ses études l'année sui­vante au Lycée Okba d’Alger et obtient en 1974 une licence de mathé­ma­tiques à l’Université d’Alger, où il s’est lié avec le poète Hamid Tibouchi.

            Tahar Djaout écrit ses pre­mières cri­tiques pour le quo­ti­dien El Moudjahid, col­la­bore régu­liè­re­ment en 1976 et 1977 au sup­plé­ment El Moudjahid Culturel puis, libé­ré en 1979 de ses obli­ga­tions mili­taires, reprend ses chro­niques dans El Moudjahid et se marie.

            Responsable de 1980 à 1984 de la rubrique cultu­relle de l’hebdomadaire Algérie-Actualité, il y publie de nom­breux articles sur les peintres et sculp­teurs (Baya, Mohammed Khadda, Denis Martinez, Hamid Tibouchi, Mohamed Demagh) comme sur les écri­vains algé­riens de langue fran­çaise dont les noms et les œuvres se trouvent alors occul­tés, notam­ment Jean Amrouche, Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, Mohammed Dib, Rachid Bey, Jean Sénac, Bachir Hadj Ali, Hamid Tibouchi, Messaour Boulanouar, Youcef Sebti, Kamel Bencheikh, Abdelhamid Laghouati, Malek Alloula, Nabile Farès…

            En 1985 Tahar Djaout reçoit une bourse pour pour­suivre à Paris des études en Sciences de l’information et s'installe avec sa femme Ferroudja et ses filles dans un très petit appar­te­ment des Lilas. De retour à Alger en 1987, il reprend sa col­la­bo­ra­tion avec "Algérie-Actualité". Alors qu'il conti­nue de tra­vailler à mieux faire connaître les artistes algé­riens ou d'origine algé­rienne (par exemple Mohamed Aksouh, Choukri Mesli, Mokhtar Djaafer, Abderrahmane Ould Mohand ou Rachid Khimoune), les évé­ne­ments natio­naux et inter­na­tio­naux le font bifur­quer sur la voie des chro­niques poli­tiques.

            Il quitte en 1992 Algérie-Actualité pour fon­der avec quelques uns de ses anciens com­pa­gnons, notam­ment Arezki Metref et Abdelkrim Djaad, son propre heb­do­ma­daire : le pre­mier numé­ro de Ruptures, dont il devient le direc­teur, paraît le 16 jan­vier 1993.

            Victime d'un atten­tat isla­miste orga­ni­sé par le Front isla­mique du salut (FIS), le 26 mai 1993, alors que vient de paraître le n° 20 de son heb­do­ma­daire et qu’il fina­lise le n° 22, Tahar Djaout meurt à Alger le 2 juin et est enter­ré le 4 juin dans son vil­lage natal d'Oulkhou.

            À la suite de son assas­si­nat, le Carrefour des lit­té­ra­tures (Strasbourg, France) lance un appel en faveur de la créa­tion d'une struc­ture de pro­tec­tion des écri­vains. Cet appel réunit rapi­de­ment plus de 300 signa­tures, et est à l'origine de la créa­tion du Parlement inter­na­tio­nal des écri­vains.

            Après sa dis­pa­ri­tion la BBC réa­lise sur lui un docu­men­taire inti­tu­lé « Shooting the Writer », avec la par­ti­ci­pa­tion notam­ment de Rachid Mimouni, Omar Belhouchet, sa mère Zineb Djaout, sa femme Ferroudja Djaout2. En hom­mage, Matoub Lounès, lui-même assas­si­né en juin 1998, réa­lise en 1994 une chan­son dont le titre est le pré­nom d'une de ses filles, Kenza.