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Valentine

By | 2018-01-23T14:49:14+00:00 12 avril 2013|Categories: Blog|

 

(after Valentine, by Carol Ann Duffy)

For Valerie Filtz (not her real name), a student of Columbia University, who was drug­ged and date-raped on the eve of Valentine’s Day.

The US Department of Justice esti­mates that 1 in 5 col­lege women will be raped at some point during a five-year col­lege career ; 62% of rape vic­tims say they were assaul­ted by someone they knew.

 

 

Not a red rose or a satin heart.

He gave me an onion. Said it was the moon
wrap­ped in brown paper, or some­thing like that.
Then pro­mi­sed to be care­ful.

He was dead drunk by then. Said he would stay,
if any­thing went wrong. Write me a card, per­haps.
Marry me, even­tual­ly ? Of course.

Said I could decide what to do with it when it came.
Said I loved too lit­tle, and lon­ged too much.

Wiped my tears, asked why I was crying.
Asked, what are the chances, any­way ?

But I wouldn’t let him. I didn’t want
to for­get the sound of his voice, its arres­ting touch.
The bash­ful way it cal­led my name. Or the way his fin­gers
once had with mine, wan­de­ring but res­pect­ful,
their gentle clutch. His face uncon­tor­ted, plain :
the fier­ce­less smile of our first kiss.

Not the knife-edge of his breath

that kis­sed me again, above the din.
Only silence, then the hands that hit me
once, to let him in.

 

D’après le poème Valentine, de Carol Ann Duffy

Pour Valérie Filtz (nom fic­tif), étu­diante à l’université de Colombia, qui fut dro­guée et vio­lée le soir de la Saint Valentin.

 

Le Ministère Américain de la Justice estime que une étu­diante sur cinq  sera vio­lée au cours de ses cinq années d’études uni­ver­si­taires : 62% des vic­times de viol déclarent qu’elles ont été vio­lées par une per­sonne qu’elles connais­saient.

Ni rose rouge ni cœur de satin.

 

Il m’offrit un oignon. Dit que c’était la lune
enve­lop­pée de papier kraft, ou quelque chose comme ça.
Puis il pro­mit d’être pru­dent.

Il était déjà ivre mort. Dit qu’il res­te­rait
si quelque chose n’allait pas. M’écrirait une carte, peut-être.
M’épouserait, pour finir ? Bien sûr.

 

Dit que je pou­vais déci­der moi-même ce qu’on ferait quand ça arri­ve­rait.

Dit que j’aimais trop peu mais dési­rais bien trop.

 

Essuyait mes larmes, deman­dait pour­quoi je pleu­rais.
Demanda, quels sont les risques, de toute façon ?

Mais je ne vou­lais pas le lais­ser. Je ne vou­lais pas
oublier le son de sa voix,  sa caresse sédui­sante.
La façon pudique dont il disait mon nom. Ou la façon dont ses doigts
se com­por­taient avec les miens, bala­deurs mais res­pec­tueux,
leur étreinte déli­cate. Son visage lisse et  sans gri­mace :
le sou­rire sans vio­lence de notre pre­mier bai­ser.

 

Pas le tran­chant de son souffle

m’embrassant de nou­veau par-des­sus le vacarme.
Seulement le silence, puis ses mains qui me frappent
une fois,  pour le lais­ser me péné­trer.
 

Traduction de Marilyne Bertoncini