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Claude-Raphaël Samama

Par | 2018-02-18T19:02:27+00:00 23 octobre 2016|Catégories : Blog|

Claude-Raphaël Samama est un uni­ver­si­taire qui, outre ses tra­vaux d’études et de recherches en anthro­po­lo­gie cultu­relle et en phi­lo­so­phie, a publié très tôt – en paral­lèle à d’autres ouvrages – des livres de poé­sie. Au poème iso­lé, indi­vi­duel, cir­cons­tan­ciel, il a sou­vent pré­fé­ré de larges com­po­si­tions poé­tiques au ser­vice d’une grande thé­ma­tique ou d’une visée élar­gie.

   Désarmer la nuit aux Editions Saint- Germain-Des-Près, fon­dées par Jean Orizet et Jean Breton, est son pre­mier recueil.

  Savoirs ou les jeux de l’Oir, sous-titré Quantiques chez Galilée (1980), fut un livre remar­qué de décons­truc­tion séman­tique et pho­no­lo­gique de la langue, mais pour for­cer sa poé­ti­ci­té.

   Le Livre des lunes,   Intertextes (1992) est un ouvrage de chants poé­tiques – pré­cé­dés de Haïku pour saluer la lune – qui font écho au foi­son­ne­ment sym­bo­lique lié à l’astre lunaire  et ouvrent à ce qu’une lec­ture poé­tique peut engen­drer sur le registre de l’imaginaire, à par­tir d’un tel ana­lo­gon et au-delà de ses méta­phores  tra­di­tion­nelles.

  Les poèmes du soi – Variations sur le thème de l’unité, La Présence et l’Exil – Proses poé­tiques et En regard des jours (2012), tous trois chez L’Harmattan, Collection Poètes des cinq conti­nents, ont sui­vi. Plusieurs des textes de ces der­niers recueils ont connu d’abord une publi­ca­tion dans la revue Phréatique, où Gérard Murail, Georges Sédir et Maurice Couquiaud ont, tout au long, été atten­tifs au tra­vail poé­tique de l’auteur. Jacques Eladan, cri­tique de poé­sie et auteur d’une Anthologie des poètes juifs de langue fran­çaise, où il figure, Courcelles édi­tion (2ème édi­tion, 2010), a sou­vent sou­te­nu aus­si sa démarche et son ins­pi­ra­tion.     

  Around circles. Autour des cercles, Editions Caractères (2000), écrit direc­te­ment en anglais puis tra­duit en fran­çais pour ser­vir à l’expérience d’un contre­point de langue et de « tona­li­té », consti­tue un « exer­cice spi­ri­tuel » de dépay­se­ment et de décou­plage de la réa­li­té entre ses com­po­santes fami­lières et son essen­tia­li­té poé­tique.

 105 essais de Miniatures spi­ri­tuelles, Maisonneuve et Larose (2005) se com­pose d’une série de textes courts extrê­me­ment conden­sés – l’idée ayant d’abord été de conce­voir des poèmes sur les poètes (…) – où l’écriture poé­tique est mise cette fois au ser­vice d’un « méta-dis­cours » dont le thème est une œuvre et son auteur, poète ou non. Ces der­niers se voient alors rap­por­tés autant aux « images » lais­sées à une pos­té­ri­té, qu’à une com­pli­ci­té révé­rente ou cri­tique avec cha­cun. On y trouve Valéry, Gongora, Donne, Auden, Rimbaud, Daumal, Borges, Keats, Stendhal, Laforgue, Perse, Dickinson, Proust, Pessoa, Basho ou Ibn’Arabi… Ce livre ori­gi­nal, hors des sen­tiers bat­tus aca­dé­miques, reste dans l’attente d’une récep­tion à sa hau­teur. A son pro­pos, Julien Gracq a pu décla­rer : « …et peut-être cet essai ouvri­ra-t-il un che­min. ». D’autres « minia­tures » ont été écrites depuis et paraissent par­fois en revue, lire par exemple, Goethe in L’Art du Comprendre n°14, Giordano Bruno, in Europe n° 937, Octave Mirbeau, dans Poésie /​première n° 61.

La poé­tique de Claude-Raphaël Samama a pu être qua­li­fiée de « poé­sie méta­phy­sique » et sa manière comme alliant la « den­si­té » du sens à une visée de l’être, appro­fon­di à par­tir de son infi­ni ques­tion­ne­ment. Son écri­ture, à contre cou­rant des poé­sies trop atta­chées à la pre­mière per­sonne, des textes por­tés à mettre à mal les struc­tures de la langue, observe plu­tôt le res­pect de celle-ci en tra­vaillant à sa beau­té sonore (Mallarmé, Apollinaire, Reverdy…), sa pro­fon­deur cachée (Valéry, Char, Hölderlin, Trakl…), au dépay­se­ment de la pen­sée (Novalis, Nerval, Perse, Ungaretti, Cavafy, Seféris, Brodsky, Szymborska…). La poé­sie aurait pour fonc­tion de créer un espace réflexif et révé­la­teur, une demeure hos­pi­ta­lière et emplie d’échos. Le poème, s’il abou­tit, ouvre alors un che­min pour plei­ne­ment y accé­der.

  Outre des articles et des nou­velles parus ces trois der­nières années, Claude-Raphaël Samama a don­né en 2015, chez L’Harmattan, un tra­vail de recherche et d’intentions inti­tu­lé Le spi­ri­tuel et la psy­cha­na­lyse. Il  doit faire paraître pro­chai­ne­ment la tra­duc­tion de plu­sieurs dizaines de poé­sies de William Butler Yeats dont cer­taines sont inédites en langue fran­çaise.

Son pro­chain recueil poé­tique s’intitulera : Ce qui là se trouve, où le poème, pour mieux exis­ter, s’essaye par­fois à des formes nou­velles de sai­sie dans une langue tou­jours tenue. Le poème comme récit éphé­mère de ce qui « est », la poé­sie comme conden­sa­tion du sens, les deux libé­rant des lourds appa­reils du “roma­nesque”.

La musique n’est pas étran­gère à la quête poé­tique et l’environnement créa­tif de l’auteur, qui com­pose aus­si. Site : www​.claude​-raphael​-sama​ma​.org

 

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