Côte éche­ve­lée des vagues

Hautes et blanches

En hur­le­ments de colère.

Dans l’île, un vent atroce arrache des sou­rires aux errants,

 âmes sous la pleine lune qui dévore le ciel,

à l’horizon déjà, leur route.

Souffle épar­pillé, l’écume explose.

La mer est ma terre, ma rage et mon rire,

Ma mort aus­si.

 

Regarde, mon amour, j’étais là.

J’envahis l’air du noir de mes che­veux, intense et joyeux.

Brillant de mille feux sonores.

Toute la nuit, chaque nuit,

tu racontes l’épopée des ancêtres.

Je n’ai pas d’ancêtres, alors j’entends les tiens,

Gitans, juifs, ber­bères, tous nomades.

 

Oh,  j’aime tant le sau­vage de mon cœur rieur !

 

Je relis ta lettre écrite en plein mael­ström, der­nière.

Ta lettre d’oubli annon­cé,

Poulpe ultra­ma­rine aux dents étin­ce­lantes.

Ah, j’étouffe. Crie-moi la lumière.

Encore et tou­jours.

Il est temps, hors des heures.

 

Je suis un phare qui vacille dans l’arc-en-ciel.

Mais ton rire à toi est un ric­tus, cal­feu­tré dans un port.

Ton rire est sar­casme, tor­sion des lèvres.

Un adieu.

Il est deve­nu mien.

Et pour­tant je te vois, je te sais, je te sens.

Inaltérable.

Au loin, si tel­le­ment loin, à des siècles d’ici,

A des myriades d’aujourd’hui.

 

Photo Marco Baschieri.