Te sou­viens-tu de ces soirs d’avant-printemps 
au ciel pro­fond où nous admi­rions Vénus 
triom­phante et froide loin de nos virus
dont la peur déjà nous lais­sait vacillants ?
À pré­sent que le monde entier se révulse
et refuse d’encore faire sem­blant
de pou­voir tout recom­men­cer comme avant, 
nous bais­sons les yeux des nuées à l’humus.

Après était un songe sous nos pau­pières, 
hori­zon caché der­rière des visages
d’êtres chers vou­lant reve­nir à la terre, 
des­sein de fêtes d’amour et de voyages…
Tu te sou­viens de ces mots d’un soli­taire : 
Nous sommes tous vapeur d’un même nuage.

 

Photo : Ciel, Marilyne Bertoncini.