> KNIFE IN HEAD /​ COUTEAU EN TETE

KNIFE IN HEAD /​ COUTEAU EN TETE

Par | 2018-05-26T09:48:31+00:00 23 octobre 2013|Catégories : Blog|

 

In the heads of mil­lions it is found –
knife in head.
The barb of injus­tice nests there.
It turns and fes­ters.

This man has queued
for days at the check-point.
His fami­ly needs food and medi­cine.
On the other side is work.
More buil­dings for a rich nation.
On his side, forei­gners
snatch land and build.
Foreign troops in tanks
plough up streets, homes,
live­li­hood, memo­ries.
In the wre­cked mar­ket
anger enters at the eyes
invades the brain
seats the blade
drives the point home :

nothing can staunch his shame
but the dead he’ll claim, the body-count.
Knife in head.
This girl is a student.
In her angry city
her bro­thers are out thro­wing stones
at the tanks of the occu­pying forces –
for them, no chance
of safe­ty, good years, tra­vel.
Her people have stop­ped lis­te­ning
for those rumours of a sound-track
from a rece­ding pla­net.
Her cou­sin one year older
became a dead hero.
People in her street have been killed.
She straps the explo­sive packets under her breasts.
For her, no wed­ding, but a name
in the leng­the­ning list of mar­tyrs.
Every day will heap dust on her sacri­fice.
The bus pulls up
full of the jus­ti­fied –
people with high fences,
people who can tra­vel eve­ryw­here.
She moves up the aisle and sits
next to a woman with a child.
Knife in head.

 

 

Dans la tête de mil­lions de gens on le trouve –
cou­teau en tête.
Les dards de l'injustice font leur nid ici.
S'enroulent et  couvent.

Cet homme a fait la queue
pen­dant des jours au poste de contrôle.
Sa famille a besoin de nour­ri­ture et de médi­ca­ments.
De l'autre côté se trouve le tra­vail.
Encore des construc­tions pour une nation riche.
De son côté, des étran­gers
volent la terre et construisent.
Des troupes étran­gères dans des blin­dés
ratissent les rues, les mai­sons,
les moyens de vivre, les mémoires.
Sur le mar­ché dévas­té
la colère entre par les yeux
enva­hit le cer­veau
fait le lit de la lame
enfonce le clou :

rien ne peut étan­cher sa honte
sinon les morts qu'il réclame, le compte des morts.
Couteau en tête.

Cette jeune fille est étu­diante.
Dans sa cité en colère
ses frères dehors jettent des pierres
aux blin­dés des forces d'occupation –
aucune chance pour eux
de sécu­ri­té, d'années heu­reuses, de voyage.
Son peuple a ces­sé de guet­ter
les bruits d'une bande sonore
venant d'une pla­nète en fuite.
Son cou­sin d'un an plus vieux qu'elle
est deve­nu un héros mort.
Des gens dans les rues ont été tués.
Elle attache les explo­sifs sous sa poi­trine.
Pour elle, nul mariage, mais un nom
dans la liste tou­jours plus longue des mar­tyrs.
Chaque jour cou­vri­ra de pous­sière son sacri­fice.
Le bus s'arrête
empli des justes –
gens à hautes clô­tures
qui peuvent voya­ger n'importe où.
Elle remonte l'aile et s'assied
à côté d'une femme et de son enfant.
Couteau en tête.

Traduction : Marilyne Bertoncini

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