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Lumière nomade (extraits)

Par |2018-08-17T21:26:53+00:00 3 mai 2014|Catégories : Blog|

 

1

Avec le soir, avec l'air et les par­fums du soir, sur les col­lines, dans les parcs, on sent le poids des choses, de cette jour­née qui a cueilli juste un peu de vent au milieu même de la cha­leur.
On est là, la ville sous les yeux, les rumeurs qui montent.
On ne sait presque plus le bon­heur d'être au plus près des autres.
La fatigue vient comme l'ombre, nous occupe jusqu'à la fraî­cheur.
Rome est sous la paume, proche comme un corps.

 

 

2

Vers le soir, vers les ombres, quand le bleu se défait sous les pre­mières lampes et que la lumière recule encore aux lisières, quand nous nous ter­rons sous le grand arbre de la cour, dans une attente comme une prière d'épaules, avec la grande nappe de ciel sombre qui nous sonde, avec un cœur qui com­mence à s'épancher dans le noir sur­ve­nu, ce soir des confi­dences avec les astres, ce soir à comp­ter les grains éclai­rés au-des­sus, sans espé­rer rien d'autre que le sable et le som­meil.

 

 

3

Les briques sont encore chaudes. Tout dort. Entre les barres, des espaces noirs. Beaucoup pro­mènent leur soli­tude der­rière des vitres sombres. Sinon, des soirs habi­tuels, avec des rec­tangles jaunes, épar­pillés, des lueurs, des ombres. Que savons-nous des sil­houettes qui se déplacent comme des cal­li­gra­phies. On ima­gine seule­ment des repas qui se pro­longent, des fins de jour­née et la fatigue avec.
Parfois, les bruits sont de larges soup­çons qui guettent dans le noir et font sur­sau­ter.
Parfois.
En pas­sant la main sur le corps des choses, la vie bouge. Remue.

 

 

4

Les immeubles prennent l'ombre et d'impossibles enfants conti­nuent de mar­quer dans la pous­sière les nœuds de leur vie.
Parfois, un chat les déroute ou une moto trop vite lan­cée vers le soir.
Mais peu savent les secrets dans le sable. Peu savent cette lumière d'entre, qui fête la fin du jour et dans laquelle nous dis­pa­rais­sons sans lais­ser d'autre sable que la semelle taillée dans le vif des jours.

 

 

5

Nous nous retrou­vons ados­sés au soleil qui décline, lourds d'une jour­née qui fut d'été et d'éclats, nous avons pro­me­né nos car­casses efflan­quées
au flux des rues et des ruelles, hap­pant les ombres, marau­dant plus qu'il n'en faut , mor­dant la lumière à pleine bouche, sûrs que le jour est notre
source.
Dans la nuit qui vient à plus de den­si­té, nous n'avons plus que du silence
en poche et le ciel peut barat­ter le noir infi­ni­ment.
 

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