> Michel Carrouges un auteur « à la croisée des chemins »

Michel Carrouges un auteur « à la croisée des chemins »

Par |2018-10-16T01:34:21+00:00 24 mars 2017|Catégories : Rencontres|

 

 

 

                                                  Jean-Louis Couturier  inter­viewé par Ghislaine Lejard

 

Du 19 février au 13 mars 2016 dans le cadre du pro­gramme Locus Solus et du fes­ti­val Atlantide, le Lieu Unique a invi­té Marie-Pierre Bonniol à pré­sen­ter une expo­si­tion : Collection Morel, les Machines Célibataires, conçue à par­tir  des 8 planches ori­gi­nales de Jean-Louis Couturier, réa­li­sées pour la réédi­tion en 1976 du livre de Michel Carrouges : Les Machines Célibataires. (1)

 

L’exposition qui s’est tenue à Nantes a été conçue pour faire réflé­chir sur notre rap­port aux lieux et à l’espace, dans une démarche phi­lo­so­phique et poé­tique. La démarche poé­tique a été  pour Michel Carrouges  impor­tante dès sa jeu­nesse…

Effectivement, c’est un aspect peu connu de sa per­son­na­li­té. Ce que nous savons, c’est qu’il a écrit des poèmes dans sa jeu­nesse et il en a envoyé à Jacques Maritain, réponses et com­men­taires sur ceux-ci nous sont incon­nus. Il a détruit beau­coup de ses écrits quelque temps avant sa mort. Ces poèmes ont-ils fait par­tie de cette mise à sac ? Peut-être pen­sait-il ne pas être un bon poète ? Pour nous, c’est un mys­tère.

 

Très tôt, il ren­con­tre­ra André Breton, entre eux : un «  je t’aime moi non plus »…

La ren­contre s’est faite dans les années 30, à l’instigation de son ami Jean Maury libraire à Poitiers. La Seconde Guerre mon­diale a inter­rom­pu pro­vi­soi­re­ment cette rela­tion, Breton se réfu­giant aux Etats-Unis. Il le recon­tac­te­ra à son retour après la Libération et l’invitera à par­ti­ci­per aux réunions Place Blanche dans le café du même nom. Sa par­ti­ci­pa­tion fut cepen­dant écour­tée en 1951 en rai­son d’un « sacri­lège » insup­por­table aux yeux  de cer­tains Surréalistes, les coop­tés les plus récents étant les plus vin­di­ca­tifs ; on n’entrait pas dans ce groupe sans être “intro­duit” en quelque sorte. Son catho­li­cisme affir­mé lui valut cette vin­dicte. Sa recherche de spi­ri­tua­li­té avait com­men­cé bien avant la guerre, dans les cercles de la spi­ri­tua­li­té chré­tienne, avec Jacques Maritain ou Pierre van der Mersch, mais aus­si dans le  Bouddhisme et la Théosophie, avec Jiddu Khrisnamurti. La guerre et les ren­contres à ce moment-là, le  firent renouer avec le catho­li­cisme, un catho­li­cisme enga­gé dans la Libération, où déjà s’amorçait la prise en compte des laïcs au sein de l’Eglise catho­lique. Les rela­tions avec Breton ne furent jamais rom­pues. Celui-ci envoya à mon père une lettre d’excuse taxant les pro­pos de cer­tains Surréalistes, par­ti­sans de l’exclusion, de « conver­sa­tion de café ».

Ils se sont ren­con­trés régu­liè­re­ment, mais dis­crè­te­ment, jusqu’à la mort de Breton, et tou­jours à l’extérieur. Breton ne sou­hai­tant pas se faire « piquer ». D’ailleurs, au détour d’une dédi­cace, Breton écri­vit : « À mon ami, M. C. qui seul a su com­prendre le sens de cette quête ». On ne peut mieux dire.

 

Une pho­to d’André Breton est dédi­ca­cée par votre père à Max Ernst, a-t-il eu aus­si des   liens pri­vi­lé­giés avec  Max Ernst et d’autres sur­réa­listes ?

Je sais qu’ils se sont ren­con­trés en dehors des réunions du Groupe sur­réa­liste Place Blanche je n’en sais pas plus. Après son « exclu­sion », mon père se ren­dait sou­vent, avec son épouse Louise-Henriette, à Meudon pour rendre visite à Hans Arp (Jean Arp) et à Louise Taeuber. Il eut une abon­dante cor­res­pon­dance avec Michel Leiris qu’il esti­mait beau­coup. Avec Marcel Duchamp, père des Machines Célibataires, il entre­te­nait des rela­tions très cor­diales, lui ren­dant visite à plu­sieurs reprises à Neuilly. Monique Fong (Wust), jeune femme qui prit contact avec Breton à la suite de la lec­ture de Nadja, fut une grande amie. Elle par­ti­ci­pa à de nom­breuses réunions Place Blanche et fut aux Etats-Unis une fidèle confi­dente de Marcel Duchamp. Lors de l’exclusion de M. C., elle rom­pit avec Breton et le groupe sur­réa­liste. Lors de ses pas­sages en France, elle ne man­quait pas de lui rendre visite. Il eut aus­si des liens pri­vi­lé­giés avec Robert Matta et  Maurice Baskine qu’il ren­con­trait sou­vent. Il conti­nua à voir Les Petits Seigle, couple de peintres, théo­sophes aver­tis, et dont il appré­ciait le tra­vail. Il ren­con­tra à plu­sieurs reprises la pho­to­graphe suisse Henriette Grindat …

 

Une œuvre de Claude Nicolas Ledoux : «  Intérieur du théâtre de Besancon »  (1784) était accro­chée dans le bureau de Michel Carrouges, elle est éton­nam­ment « sur­réa­liste », avez- vous par­lé avec votre père de l’intérêt qu’il por­tait à cette œuvre ?

Cette repro­duc­tion était accro­chée dans son bureau tout près de sa table de tra­vail. Il y atta­chait beau­coup d’importance, voyant en elle une figu­ra­tion du Surréalisme avant la lettre ain­si qu’une repré­sen­ta­tion sym­bo­lique du « Regardeur » de Marcel Duchamp. Il s’agit en effet d’un œil dont l’iris reflète l’intérieur d’un théâtre. Un rai de lumière par­tant de la pau­pière supé­rieure inonde et éclaire, au-delà de la pau­pière infé­rieure, l’intérieur d’un théâtre. Est-ce l’œil d’un « regar­deur » ano­nyme face au par­terre et gra­dins d’un théâtre vide ? Ou sommes-nous, nous-mêmes, ce « regar­deur » d’un spec­tacle glo­bal dont nous ne savons rien ? C’est un miroir ver­ti­gi­neux où notre œil nous fait évo­luer dans un fan­tas­tique va-et-vient.

 

 Lorsqu’il vous a pro­po­sé de col­la­bo­rer avec lui pour la réédi­tion en 1976 de son ouvrage « Les machines céli­ba­taires » et donc de par­ti­ci­per à l’exposition au musée des arts déco­ra­tifs  de Paris, avez-vous été sur­pris ?

Oui, tout à fait. Cela s’est pas­sé d’une façon assez simple, mais inat­ten­due. Je ne vivais plus sous le toit de mes parents. Mais, à sa demande, je venais régu­liè­re­ment lui lire des ouvrages pour la réédi­tion de son livre Les Machines céli­ba­taires qu’il entre­pre­nait depuis 1975. Parfois, je lui tapais des pages, comme le fai­sait aus­si l’une de mes sœurs. Nous avions  alors le temps de par­ler et d’échanger sur le concept des Machines céli­ba­taires et le tra­vail de Marcel Duchamp. C’est lui qui a eu l’idée de faire réa­li­ser des planches à l’occasion de cette réédi­tion,  mais il ne m’en a par­lé qu’après avoir posé la ques­tion à George Herscher, son édi­teur, et Harald Szeeman, le Commissaire de l’exposition au musée des arts déco­ra­tifs. Il me deman­da com­ment il serait pos­sible de repré­sen­ter les dif­fé­rents récits, romans ou nou­velles, dont il par­lait. Je lui ai répon­du qu’il serait judi­cieux d’utiliser une gra­phie rap­pe­lant les illus­tra­tions de la fin du XIXe siècle et le des­sin indus­triel qui per­met de décrire tous les rouages d’une machine à construire. Dans mon esprit, il ne s’agissait pas de faire « à la manière de… », mais de trou­ver une gra­phie qui soit en rela­tion avec ces récits qui datent tous de la fin du XIXème ou  début  XXème.  Mon père m’a ensuite pro­po­sé d’accompagner ses textes avec mes propres des­sins. Il m’a aver­ti tou­te­fois qu’il serait néces­saire de sou­mettre quelques esquisses à Herscher et Szeeman et que ce tra­vail ne se ferait qu’avec leur accord. Début 1975, je me mis à l’ouvrage, un tra­vail qui a duré cinq mois.

 

Vous a-t-il lais­sé toute liber­té ? Et que pou­vez-vous nous dire sur vos échanges pen­dant l’élaboration de vos  planches ? 

Nous nous retrou­vions deux fois par semaine. Je venais avec mes esquisses de chaque élé­ment et un des­sin un peu plus grand pour en don­ner l’agencement géné­ral sur chaque planche. Nous étions d’accord sur le gra­phisme à don­ner à l’ensemble. Mes esquisses étaient plu­tôt en valeur, pas du tout au trait comme les planches défi­ni­tives, cela n’avait guère d’importance dans un pre­mier temps. Ce qu’il nous fal­lait mettre en place d’un com­mun accord, était l’architecture de chaque planche, la posi­tion de chaque élé­ment ain­si que son impor­tance rela­tive par rap­port aux autres. Il ne sou­hai­tait pas que cela res­semble à une quel­conque forme d’illustration. Il me fal­lait éva­cuer toute espèce d’élément, atti­tude, expres­sion nar­ra­tive. Il s’agissait pour lui de “topo­gra­phie” comme on lit une carte. C’est pour cela qu’un jour, j’ai pro­po­sé le terme de « planche » plu­tôt que : des­sin, illus­tra­tion ou topo­gra­phie. D’une cer­taine façon, nous vou­lions « col­ler » à la tech­nique et à l’industrie. Le terme de « planche » nous rap­pro­chait des « machines ». Pour autant, nous n’avions pas tou­jours la même vision de chaque récit. Certaines choses me sem­blaient impor­tantes, d’autres moins ou plus anec­do­tiques. J’avais la convic­tion qu’il était néces­saire de ne pas encom­brer les planches de trop d’éléments qui auraient pu en dis­traire la lec­ture, sur­tout pour qui ne connaî­trait pas les récits en ques­tion ; comme les pein­tures parié­tales, dont on ne connaît pas les clés de lec­ture, elles nous livrent, mal­gré tout, un récit iden­ti­fiable.

 

Avez-vous eu des influences artis­tiques ?

Pour ces planches, j’ai beau­coup regar­dé les illus­tra­tions de Jules-Descartes Ferat, de Léon Benett ou d’Alphonse de Neuville qui illus­traient mes ouvrages pré­fé­rés de Jules Verne dans les édi­tions ori­gi­nales chez Hetzel. Je me suis aus­si ins­pi­ré des ouvrages de des­sins indus­triels du XIXe siècle, ce mélange me sem­blait tota­le­ment appro­prié. Magritte m’intéressait beau­coup à l’époque, je trou­vais chez lui une dis­tance humo­ris­tique dans ces pein­tures, gra­phie par­faite au ser­vice de repré­sen­ta­tions déca­lées, sou­vent incon­grues. Salvador Dali aus­si, dont les tableaux sont pour moi des « machines » à lire plus que des repré­sen­ta­tions pic­tu­rales de fac­ture très « clas­sique », qui seraient en quelque sorte un leurre.

 

Pouvez-vous en pre­nant l’un des auteurs de l’ouvrage, Kafka, Alfred Jarry, Lautréamont ou Jules Verne…expliquer com­ment l’imaginaire de  l’auteur et de celui de votre père, entrent en cor­res­pon­dance avec le vôtre ?

C’est Alfred Jarry qui m’a le plus ins­pi­ré avec La course des 10 000 Milles de son roman Le Surmâle. C’est ma planche pré­fé­rée, il me semble avoir réa­li­sé la syn­thèse gra­phique du récit et être par­ve­nu à un équi­libre géné­ral de l’ensemble. Cette course est tota­le­ment invrai­sem­blable puisqu’il s’agit d’un train à vapeur avec deux wagons, d’une quin­tu­plette (2)  de cyclistes tirant une remorque dans laquelle un nain fait le guet et d’un mys­té­rieux “Grand Bi cycliste” à che­veux longs, qui doivent  faire paral­lè­le­ment l’aller-retour de Paris à Irkoustk en Russie( soit 16000km ). L’enjeu était de “marier” l’imagination débri­dée d’Alfred Jarry et le décryp­tage céli­ba­taire décou­vert par mon père. Un récit jubi­la­toire à l’apparence d’un texte sans construc­tion, écrit au fil de la plume. Assez vite, il m’est appa­ru que ce texte répon­dait aux cri­tères du théâtre clas­sique : uni­té de temps, d’action et de lieu. Je concède volon­tiers que le temps s’est allon­gé à cinq jours et que le lieu est beau­coup plus long qu’une simple scène entre côté cour et côté jar­din. De ce constat, il m’a été  pos­sible de construire une planche hori­zon­tale où la tour qui per­met le retour des com­pé­ti­teurs fonc­tionne, immo­bile, comme le pignon arrière d’un vélo.

 

1976 expo­si­tion au musée des arts déco­ra­tifs de Paris, 2016 le Lieu Unique à Nantes accueille les « machines céli­ba­taires », 40 ans entre ces 2 expo­si­tions, com­ment per­ce­vez-vous cette der­nière expo­si­tion au regard de la pre­mière ?

Cette der­nière expo­si­tion m’est appa­rue comme beau­coup plus inti­miste que celle de 1976, du fait de la com­pli­ci­té que j’ai pu nouer avec la com­mis­saire de l’exposition, Marie-Pierre Bonniol. Les planches, sor­ties de l’ombre après qua­rante ans de silence, connaissent une nou­velle jeu­nesse ; à cette occa­sion, je les ai mon­trées à deux conser­va­trices de la BNF. Mise à part la carte à grat­ter (sup­port des planches qui a légè­re­ment jau­ni), l’encre de Chine a gar­dé sa viva­ci­té et son opa­ci­té. Il faut dire que cette renais­sance a quelque chose d’insolite. Dix-huit mois aupa­ra­vant, j’avais reçu un cour­riel d’un auteur japo­nais me deman­dant s’il était pos­sible de joindre la repro­duc­tion de ces planches à la tra­duc­tion de l’ouvrage de 1976 des Machines céli­ba­taires. Cette demande a été sui­vie quelques mois plus tard par celle d’un édi­teur bré­si­lien. Cette expo­si­tion a en quelque sorte gra­vi la troi­sième marche d’un podium.

 

À la fois sur­réa­liste et chré­tien, esprit ration­nel (juriste de for­ma­tion) et pas­sion­né de science fic­tion, de sou­coupes volantes et de fan­tas­tique ; cette dua­li­té qui  carac­té­rise Michèle Carrouges n’est-elle pas une des clefs de son ori­gi­na­li­té dans le pay­sage lit­té­raire du XXe siècle ?

Très cer­tai­ne­ment,  esprit d’une curio­si­té inso­lite, il s’est fait une spé­cia­li­té de « l’union des contraires ». Il écri­vait : «… [L’homme] en est venu à consi­dé­rer les appa­rences  ordi­naires comme des limites exclu­sives du réel. » Explorer le monde réel bien au delà de ses limites, telle était sa démarche. Sa for­ma­tion de juriste à Poitiers y a cer­tai­ne­ment contri­bué. On peut résu­mer sa méthode d’analyse à trois ques­tion­ne­ments de base : « De quoi s’agit-il ? Qu’est-ce qu’on voit ? Qui dit quoi ? » À par­tir de là, le réel et le mer­veilleux peuvent être inter­ro­gés, confron­tés dans leur énon­cé, décor­ti­qués dans leur appa­rence, réfu­tés dans leur affir­ma­tion. En défi­ni­tive, com­prendre pour mieux se com­prendre. D’où une com­pa­ti­bi­li­té du Surréalisme avec sa foi chré­tienne, tous deux ne baignent-ils pas dans une sorte de mer­veilleux pour enchan­ter “l’Esprit”. L’un et l’autre, à leur manière, cherchent « une libé­ra­tion totale de l’humanité ». L’exploration d’un mythe moderne, comme les sou­coupes volantes, par­ti­cipe de cette exi­gence. Les témoins, pour lui, sont tout aus­si cré­dibles que les témoins d’un acci­dent de voi­ture. Seules l’exigence et la confron­ta­tion des témoi­gnages ain­si que les indices recueillis sur place peuvent faire appa­raître une véri­té. Ses deux ouvrages, Les Portes Dauphines, Les Grands-Pères Prodiges ain­si que les quelques nou­velles de science-fic­tion par­ti­cipent de ce même pro­ces­sus du « mer­veilleux » confron­té au réel. Je pense à La veillée du Capitaine Chang (Fiction n°38 jan­vier 1957) où ce der­nier croit pou­voir faire bar­rage au pou­voir étrange de la pla­nète Beryl (péril !?). Planète insi­dieuse qui, telle une rivière qui déborde, mange et rend mou un vais­seau spa­tial pour mieux l’enkyster sur son sol. Le capi­taine Chang n’a pas su le voir tant il était bar­dé de ses cer­ti­tudes tech­no­lo­giques.

 

Revenons à son inté­rêt pour la poé­sie qui sera constant comme le montre son ouvrage Eluard et Claudel (Collection Pierres VivesEditions du Seuil 1945), deux poètes majeurs du XX e siècle , Michel Carrouges n’aime pas ce qui dés­unit et s’interroge dans cet ouvrage sur ce qui les unit mal­gré leurs dif­fé­rences. Entretenait-il des liens per­son­nels et intel­lec­tuels avec l’un et l’autre.

 Oui, il a réuni son maté­riau pen­dant la guerre, peut-être même a-t-il com­men­cé  un peu avant. En 1943, il a reçu une cor­res­pon­dance de Claudel à qui il avait envoyé son manus­crit. Ce fut dif­fé­rent avec Eluard puisque celui-ci fut obli­gé de vivre dans une semi-clan­des­ti­ni­té : ils ne se ren­con­trèrent qu’après la Libération à pro­pos de cet ouvrage. Cette ren­contre, autour de ce livre, est d’ailleurs très sur­pre­nante car tout oppose Eluard et Claudel…

 Ma sœur aînée a beau­coup enten­du par­ler de Nusch, la femme d’Eluard, que notre mère sem­blait appré­cier.

 

Pouvez-vous nous dire d’où vient ce pseu­do­nyme Michel Carrouges ?

Nous ne connais­sons pas l’origine de ce choix. Même notre mère l’ignorait. Je peux dire que le nom Carrouges, par­fois ortho­gra­phié Carroge, est don­né à quelques vil­lages en France, Belgique et Suisse, notam­ment Carrouges et son châ­teau dans l’Orne. Ce nom vien­drait du latin «  qua­dru­vium » : quatre route.

Qu’il soit de rai­son ou dic­té par une intui­tion poé­tique, ce choix reflète bien la per­son­na­li­té de Michel Carrouges : « Être à la croi­sée des che­mins », être celui qui accueille et met en lien ce que l’apparence des choses sépare.

 S’il fal­lait défi­nir l’homme, que dirait le fils ? S’il fal­lait défi­nir l’auteur que dirait l’artiste ?

Pour l’homme : explo­ra­teur réflé­chi ; pour l’auteur : poète métho­dique.

 

S’il fal­lait en 3 mots défi­nir votre col­la­bo­ra­tion et  choi­sir une seule de ses œuvres

Phalanstère, cara­van­sé­rail et mer­veilleux. Le livre : Un patro­nat de droit divin, il est extrê­me­ment drôle, quand on sait com­ment fonc­tionne les entre­prises. Il m’a ser­vi tout au long de ma vie pro­fes­sion­nelle.

 

 

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1)  Un site à décou­vrir : http://​www​.michel​car​rouges​.fr/

2) Néologisme, Alfred Jarry a inven­té le mot à cette occa­sion.

 

Interview paru dans « Cahiers 2017 » de l’Académie lit­té­raire de Bretagne et des Pays de la Loire.

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