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Nœud noué par personne, de S. Nunez Tolin

 

Le livre s’ouvre sur une citation de Juarroz, et l’on saisit immédiatement le rapport du poète à la vie spirituelle. Ce choix de citer Juarroz en ses poésies verticales dit toujours  beaucoup du poète qui le fait. Le positionnement en verticalité est architectural, position en dedans de la recherche spirituelle mais – et pourquoi pas ? – en dehors de conceptions déistes, religieuses, ecclésiales et cetera. Juarroz, qu’on le veuille ou non, cela situe. Et Recours au Poème ne peut qu’aimer le travail de Nunez Tolin écrit à l’ombre de la cathédrale Juarroz. Tout est profondeur ici, chez Juarroz comme chez Nunez Tolin. Nous sommes en terres de poésie, autrement dit de sacralité, au sens de ce qui est bien plus important que ce que nous, nous sommes, non en un sens religieux – ce qui est sacré car cela fait plus sens dans le réel, plus de réel. De ce point de vue, la relation au sacré n’est pas obligatoirement « religieuse », elle peut même être pleinement athée. À cette échelle, les petites guerres de chapelle n’ont aucune espèce d’importance. Nous sommes en terres de poésie, donc, avec les mots / sons de ce poète / homme, lisant et vivant en dedans la poésie d’autres poètes / hommes. Il y a de l’écoute dans les sons de Nunez Tolin. Et ce n’est pas si fréquent finalement.

La poésie de Nunez Tolin par nombre de ses aspects fait penser aux grands textes des théologiens dits négatifs, Silésius ou Eckhart, ainsi du reste qu’aux maximes des sagesses de l’orient. Une même quête de la présence dans le concret de la matière vivante ici-bas. Et cette volonté acérée d’être soi-même présent au réel de l’instant, la chose la plus difficile en fait pour un homme. Etre .

Et là, être.

 

Il y a cette opacité de la matière où l’être est à
son plein rendement d’être.
 

Et dès l’entame du recueil :

 

L’homme n’est pas une unité.
 

Le monde n’est pas une unité dont on ne serait
pas même un fragment qui laisserait supposer le
remembrement possible.

 

Nous nous sentons bien entendu en contradiction, au sein de Recours au Poème, avec une partie de cette conception mais, et c’est cela qui prime, cette contradiction se noue au niveau du complémentaire.

Serge Nunez Tolin, poète rhénan, hérétique contemporain. Cela me plaît. Mais aussi poète de l’orient :

 

Cette chute qui nous entoure et nous rapproche
du néant sans fond de tomber.
 

Le présent détaché de toute école du présent, il
reste ce mouvement qui détache l’eau de la rive.

 

Une poésie de la présence, presque une méditation servie par la litanie récurrente du titre, revenant souvent dans le corps du livre. Méditation :

 

S’immobiliser, jusqu’à être l’immobilité ; parler
jusqu’à être le mot que l’on dit ; être ce retrait,
cette abstraction du monde, cette dessiccation de
l’être : nœud noué par personne.

 

On pense alors au dernier Daumal.
Ce recueil est un face à face serein avec la respiration qui nomme ce monde.




La revue des revues de Sophie d’Alençon

La première Revue des revues de Sophie d'Alençon, publiée en mars 2013.

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La revue Vents Alizés

Karoly Sandor Pallai, par ailleurs auteur d’essais et de poèmes, dont quelques uns ont paru dans Recours au Poème, met en œuvre une revue online Vents Alizés.

Un titre qui découle de sa passion pour les littératures de l’océan Indien et du Pacifique, mais une revue qui n’est pas confinée à cet espace géographique, même si elle lui accorde une ample et belle place. On est frappé, immédiatement, dans ces presque 500 pages, par la qualité de ce qui est publié là, avec un ton ou une ambiance qui font irrémédiablement penser en effet aux vents alizés et aux infinitudes de l’océan de cette partie du monde. La revue est une part de l’océan Indien et Pacifique. Des pages fraternelles, ouvertes sur l’autre, qui justifient pleinement le titre de ce premier numéro : Partaz. Formellement, cette revue en ligne se présente et se lit comme un livre. C’est fort bien réalisé. On y lira, en diverses langues, des poètes et des écrivains originaires de l’Océan Indien (Maurice, Seychelles), de la Caraïbe et des Amériques (Canada, Haïti, Martinique), du Pacifique et de l’Asie (Philippines, Nouvelle-Calédonie, Polynésie Française, Vietnam), d’Afrique et du Proche Orient (RDC, Zimbabwe, Jordanie, Liban, Maroc, Palestine, Tunisie) et d’Europe (France, Italie). On y retrouvera des poètes publiés ou amenés à l’être dans Recours au Poème, comme Sonia Khader ou Mounia Boulila par exemple. Pour ma part, ma subjectivité m’a conduit à aimer tout particulièrement les textes de poètes comme Borgella, Leonidas, Anne Bihan, Pham van Quang, Garnier-Duguy, Ben Eyenga Kamanda ou Tendaï Mwanaka. Le tout est accompagné de notes de lectures et de superbes œuvres d’art contemporaines, pour une bonne part réalisées par des artistes mexicains. Tout cela a le souffle des mondes autres, une grande respiration.

Franchement, amoureux de la poésie, vous auriez tort de vous priver de la lecture d’une revue qui nous parvient comme un don.

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Contre-Allées 31/32

Contre-Allées poursuit sa belle aventure sous la houlette de son couple de créateurs/fondateurs, Romain Fustier et Amandine Marembert. Ce nouveau numéro met à l’honneur le poète Jacques Ancet, en un poème intitulé « un entre-deux sans fin » composé de sept parties. Sept, il n’est pas de hasard pour ce poème d’apparence quotidienne mais qui en son parcours conduit son lecteur vers un dévoilement initiatique du réel. Il se termine donc forcément sur une question. Viennent ensuite une quinzaine de poètes, certains présents ou à venir dans Recours au Poème (Marie Huot, Philippe Païni, Emmanuel Merle, Christian Vogels…), puis des questions croisées permettant d’entendre Luce Guilbaud, Cécile Guivarch, Cédric Le Penven, James Sacré, Anne Belleveaux, Sandrine Fay, Jean Le Boël et Jean-Louis Massot. Des personnes qui oeuvrent pour la poésie depuis belle lurette. Contre-Allées aime aussi les autres revues, si bien que ses notes de lecture parlent de plusieurs de ses confrères, souvent en sympathie. Un beau numéro, avec la voix forte de Marie Huot.

Contre-Allées, numéro 31/32, revue de poésie contemporaine dirigée par Amandine Marembert et Romain Fustier. Le numéro 10 euros.

 

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Le Journal des poètes n°4

Le récent numéro de ce Journal des Poètes dont nous disons régulièrement du bien, car nous nous sentons humainement proches de lui, en sa chaleur fraternelle, et loin des petits chapelles prétentieuses, est, comme d’habitude est-on tenté de dire, de fort belle qualité. On lit ici un superbe hommage de Jean-Luc Wauthier à la poésie de Richard Rognet, un dossier passionnant sur les poètes de l’Est en Belgique, concocté par Albert Moxhet, dossier permettant de lire Robert Schaus, Bruno Kartheuser ou Léo Gillessen. Puis le Journal revient sur la Biennale de Liège 2012, en donnant la parole à son président Dany Laferrière, entre autres. Et aussi, car c’est de Parole dont il s’agit, à nombre de poètes venus aux Biennales, dont par exemple Mohamed El Amraoui, Bluma Finkelstein, Anise Koltz, Jacques Rancourt, André Ughetto ou encore Shizue Ogawa (pour la poésie de laquelle j’ai un faible avoué). Trois belles pages, un poème poète. Une vraie page d’histoire. Notons aussi qu’Yves Namur, collaborateur régulier du Journal, a reçu le prix Mallarmé 2012 pour son recueil La tristesse du figuier, paru chez Lettres Vives, éditeur de haut vol. Il n’y a pas de hasard.

Le Journal des Poètes. Numéro 4/2012, 81e année, oct-déc 2012

 

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N4728

Déjà le 23e numéro de N4728, belle revue, au format redevenu original, qui s’est progressivement imposée dans le paysage poétique contemporain. C’est même un des espaces parmi les plus originaux et les plus contemporains de ces dernières années. Christian Vogels, aidé d’Albane Gellé, Antoine Emaz, Alain Girard-Daudon et Yves Jouan, propose des écritures poétiques variées et ici considérées comme innovantes. Une partie des voix que l’on peut entendre ici, car pour N4728, poésie et oralité sont intrinsèquement liées, ce en quoi nous sommes bien d’accord, proviennent des lectures/rencontres de poésie contemporaine organisées à Angers par le Chant des mots, ou bien du côté de Rochefort (rien d’anodin en poésie, de ce côté de l’hexagone) et Saumur. C’est la partie « Mémoire vive », laquelle propose cette fois les voix de Edith Azam (un texte en prose, puissant, à paraître bientôt chez POL), Caroline Sagot Duvauroux (dont la majeure partie de l’œuvre, elle aussi en prose, et elle aussi de grande puissance, est publiée chez Corti) et Alexis Gloaguen. La partie « Plurielles » donne quant à elle à lire des voix diverses, lieu de l’ouverture de la revue (ce qui plaît bien évidemment aussi à Recours au Poème), et l’on écoutera avec attention les voix amies de Béatrice Machet, Matthieu Gosztola, Arnaud Talhouarn ou Mathilde Vischer. Cette dernière donnant un ensemble qui reste longtemps présent à l’esprit. De toutes les manières, l’ensemble des pages de cette revue est d’une très grande qualité, et on lira avec attention les textes de Patrick Argenté, Estelle Cantalla, Nicolas Grégoire, Daniel Pozner, Marie de Quatrebarbes, Maryse Renard, Nathalie Riou, Pierrick Steunou, Jasmine Viguier, Jérôme Villedieu et Pierre Antoine Villemaine. La revue se clôt sur des notes de lecture choisies, en particulier au sujet d’Ariane Dreyfus, Serge Nunez Tolin et Vincent Pélissier, dont les travaux nous intéressent fortement. Puis quelques mots de Antoien Emaz au sujet de trois poètes des éditions Potentille (dont il faut saluer le beau travail), Geneviève Peigné, Philippe Païni et Albane Gellé. Un bel atelier, à visiter sans modération.

N4728. Publiée par l’association Le Chant des Mots. Semestrielle.

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Soleils & cendre n° 103

Le 103e numéro de Soleils & cendre, paru au printemps 2012, ouvrait ses pages au « chaos ». Venant d’une telle revue, à la fois de poésie et de recherche intérieure en poésie, on se doute que l’ordo/ordre n’est pas loin… Le sous titre, « fractation du point de vue », est, sous cet angle, très clair. Menée par Henri Tramoy et Yves Béal, Soleils & cendre émane des éditions Les Solicendristes. Ici, l’on a goût pour l’alchimie et l’hermétisme, au sens noble de ces mots/visions/expériences. Autour du chaos, on lira des textes d’une vingtaine de poètes et écrivains, parmi lesquels l’ami Matthieu Baumier (que je ne suis guère surprise de retrouver dans un tel thème d’écriture), Sylviane Werner, Daniel Thürler, Philippe Jaffeux, Jean-Guy Angles, Henri Tramoy ou Jacques Laborde. Une revue ancrée, située, et qui a un ton. Un vrai ton. Et une histoire, maintenant.

Soleils & cendre. Henri Tramoy. 99 bd des Mians. 84260 Sarrians.

Le numéro : 6 euros. Revue trimestrielle.

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Nunc, revue attentive n° 29

Ce nouveau numéro de l’exceptionnelle revue Nunc rend un bel hommage à la poésie de Jean Mambrino, lequel nous a quittés il y a peu. Trois textes reviennent sur le poète, signés Pascal Boulanger, Claude Tuduri, en forme de poème, et Jean-Luc Maxence. Tous insistent sur la luminosité chrétienne de l’homme et du poète. Le texte de Maxence, intimiste, touche juste, me semble-t-il, en évoquant chez Mambrino la part du feu, le néoplatonisme. Il y a avait une certaine idée de la Renaissance chez ce poète. Vient ensuite le dossier central de ce numéro de Nunc, un dossier « cinéma »… en apparence ! Car évoquer le cinéma de Béla Tarr, ce n’est pas uniquement, loin de là, parler de cinéma. C’est parler de poésie. Parler du Monde. Le dossier est dirigé par Hubert Chiffoleau. On lira la retranscription d’un échange entre le réalisateur et son public, passionnante, ainsi que des textes de Joël Vernet, Hubert Chiffoleau (entretien), Jérôme de Gramont, David Lengyel. Ce dossier fait immédiatement référence. Et, sincèrement, lecteur qui aime la poésie puisque tu lis ces lignes, si par malchance tu ne connais pas encore le cinéma de Béla Tarr, le moment est venu d’une découverte, de celles qui marquent une existence.

Nunc publie aussi une suite de très beaux poèmes de François Bordes, sous le regard de l’Evangile de Thomas, souvent considéré comme « l’Evangile des gnostiques » mais la formule est trop rapide, comme bien des formules. Qui lit ce texte en sait les profondeurs ésotériques. On parle ensuite de Virgile, de diverses manières (Madeleine Désormeaux, Jérôme de Gramont), puis on replonge dans des poèmes, ceux de François Amaneger, avant d’entrer dans la partie « Axis Mundi » de la revue, centrée sur un cahier consacré à Michael Dummett. Deux textes signés Michel Fourcade et Christine van Geen, puis un texte de Dummett. Tout cela est déjà fort riche et n’est cependant pas terminé, car Nunc est un « monstre » comme Recours au Poème les aime : un entretien avec Jacques Arènes, des poèmes de Borges (ceux sur Spinoza) dans une nouvelle traduction, un texte important de Franck Damour au sujet de la récurrente controverse autour de la fonction anthropologique du droit et de très beaux poèmes de Christophe Langlois, poète que l’on retrouvera aussi bientôt dans Recours au Poème. Les notes de lecture évoquent enfin Gamoneda, Bocholier, Marion, Del Valle… Ici, en cette revue, les choses sont centrées, et cela est bien.

Nunc, revue attentive n° 29. Le numéro : 22 euros.

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Poïesis

Poësis n’est pas une revue au sens strict de ce mot mais il me plaît d’en parler ici. Il s’agit d’une « petite anthologie de poèmes maçonniques » contemporains éditée par l’Institut Maçonnique de France, sous la houlette de l’ami Alain-Jacques Lacot, dans le sillage des activités menées là pour promouvoir le livre maçonnique, et donc une vision sereine d’un humanisme pour demain. Autant dire que l’on a bien besoin de toutes les énergies…Les poèmes ici regroupés sont ceux primés lors du concours de poésie organisé par l’IMF à l’occasion du dixième salon maçonnique du livre de Paris. 20 textes en tout, ponctués par un superbe cadeau d’un poète que nous aimons beaucoup dans les pages de Recours au Poème, Jacques Viallebesset, poème intitulé La tribu nomade que nous donnerons à lire dans quelques temps. On lira dans cet ensemble des poèmes divers, ancrés dans une profonde quête spirituelle et intérieure, en particulier ceux de Jean-Philippe Ancelle, AxoDom Yves-Fred Boisset (par ailleurs directeur de la revue martiniste L’initiation), Marc de la Paix, Jacques Fontaine, Thierry Maillard… Tout cela est d’autant plus important qu’il est évident que poésie, ésotérisme et maçonnerie appartiennent au même Corpus d’être. On espère voir l’initiative se développer, et cette autre anthologie de la poésie maçonnique autrefois parue chez Dervy connaître une nouvelle édition « allongée ». Ici, nous ne manquerons pas d’idées et de liens vers des poètes profonds à conseiller. On peut demander mon email à la rédaction, ce sont gens courtois. Ils transmettront, si j’ose dire.

Poïesis. Petite anthologie de poèmes maçonniques.

Publication de l’Institut Maçonnique de France.

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Revue L’Hôte. Numéro 1

Bienvenue à L’Hôte ! Il faut, de tout temps, saluer l’initiative de se lancer dans la création d’une revue. C’est un acte nécessaire et, cela n’est pas rien, formateur. L’Hôte est sous titrée « Esthétique et littérature », et n’est donc pas centrée sur la poésie. Mais elle mérite le salut. Le sommaire s’ouvre sur sept pages de textes du poète Gérard Pfister, par ailleurs directeur des excellentes éditions Arfuyen. Le ton est ainsi donné. Vient ensuite un texte très intéressant de Didier Ayres au sujet du narcissisme de l’auteur de théâtre, une étude de Gabrielle Althen sur Jean Fouquet… Une revue d’esthétique sans doute, mais pas seulement. On sent dans ces lignes la volonté de quitter les terres convenues de certaine esthétique presque officielle, et de reposer une vraie question : celle du Beau. Cette revue n’est donc pas « de poésie » mais l’acte, lui, est poétique. Longue vie.

Revue L’Hôte. Numéro 1. Direction : Yasmina Mahdi, Ivan Darrault-Harris, Didier Ayres.




Passage en revues

Autour de Vents Alizés, Contre-Allées, Le Journal des Poètes, N4728, Soleils & cendre, Nunc, Poësis, L’hôte

Karoly Sandor Pallai, par ailleurs auteur d’essais et de poèmes, dont quelques uns ont paru dans Recours au Poème, met en œuvre une revue online Vents Alizés, dont on consultera le site de Vents Alizés((http://ventsalizes.wix.com/revue#!numéros))

 

 

Un titre qui découle de sa passion pour les littératures de l’océan Indien et du Pacifique, mais une revue qui n’est pas confinée à cet espace géographique, même si elle lui accorde une ample et belle place. On est frappé, immédiatement, dans ces presque 500 pages, par la qualité de ce qui est publié là, avec un ton ou une ambiance qui font irrémédiablement penser en effet aux vents alizés et aux infinitudes de l’océan de cette partie du monde. La revue est une partde l’océan Indien et Pacifique. Des pages fraternelles, ouvertes sur l’autre, qui justifient pleinement le titre de ce premier numéro : Partaz. Formellement, cette revue en ligne se présente et se lit comme un livre. C’est fort bien réalisé. On y lira, en diverses langues, des poètes et des écrivains originaires de l’Océan Indien (Maurice, Seychelles), de la Caraïbe et des Amériques (Canada, Haïti, Martinique), du Pacifique et de l’Asie (Philippines, Nouvelle-Calédonie, Polynésie Française, Vietnam), d’Afrique et du Proche Orient (RDC, Zimbabwe, Jordanie, Liban, Maroc, Palestine, Tunisie) et d’Europe (France, Italie).

Karoly Sandor Pallai.

On y retrouvera des poètes publiés ou amenés à l’être dans Recours au Poème, comme Sonia Khader ou Mounia Boulila par exemple. Pour ma part, ma subjectivité m’a conduit à aimer tout particulièrement les textes de poètes comme Borgella, Leonidas, Anne Bihan, Pham van Quang, Garnier-Duguy, Ben Eyenga Kamanda ou Tendaï Mwanaka. Le tout est accompagné de notes de lectures et de superbes œuvres d’art contemporaines, pour une bonne part réalisées par des artistes mexicains. Tout cela a le souffle des mondes autres, une grande respiration.

Franchement, amoureux de la poésie, vous auriez tort de vous priver de la lecture d’une revue qui nous parvient comme un don((Vents Alizés, revue semestrielle online en accès libre : http://issuu.com/pallaikaroly/docs/vents_aliz_s_-_partaz/45; Lire Karoly Sandor Pallai dans Recours au Poème :http://www.recoursaupoeme.fr/po%C3%A8tes/k%C3%A1roly-s%C3%A1ndor-pallai)).

 

 

Contre-Alléespoursuit sa belle aventure sous la houlette de son couple de créateurs/fondateurs, Romain Fustier et Amandine Marembert. Ce nouveau numéro met à l’honneur le poète Jacques Ancet, en un poème intitulé « un entre-deux sans fin » composé de sept parties. Sept, il n’est pas de hasard pour ce poème d’apparence quotidienne mais qui en son parcours conduit son lecteur vers un dévoilement initiatique du réel. Il se termine donc forcément sur une question. Viennent ensuite une quinzaine de poètes, certains présents ou à venir dans Recours au Poème(Marie Huot, Philippe Païni, Emmanuel Merle, Christian Vogels…), puis des questions croisées permettant d’entendre Luce Guilbaud, Cécile Guivarch, Cédric Le Penven, James Sacré, Anne Belleveaux, Sandrine Fay, Jean Le Boël et Jean-Louis Massot. Des personnes qui oeuvrent pour la poésie depuis belle lurette. Contre-Alléesaime aussi les autres revues, si bien que ses notes de lecture parlent de plusieurs de ses confrères, souvent en sympathie. Un beau numéro, avec la voix forte de Marie Huot((Contre-Allées, numéro 31/32, revue de poésie contemporaine dirigée par Amandine Marembert et Romain Fustier. Le numéro 10 euros. 16 rue Mizault. 03100 Montluçon, contre-allees@wanadoo.fr, http://contreallees.blogspot.fr/)).

 

Le récent numéro de ce Journal des Poètesdont nous disons régulièrement du bien, car nous nous sentons humainement proches de lui, en sa chaleur fraternelle, et loin des petits chapelles prétentieuses, est, comme d’habitude est-on tenté de dire, de fort belle qualité. On lit ici un superbe hommage de Jean-Luc Wauthier à la poésie de Richard Rognet, un dossier passionnant sur les poètes de l’Est en Belgique, concocté par Albert Moxhet, dossier permettant de lire Robert Schaus, Bruno Kartheuser ou Léo Gillessen. Puis le Journal revient sur la Biennale de Liège 2012, en donnant la parole à son président Dany Laferrière, entre autres. Et aussi, car c’est de Parole dont il s’agit, à nombre de poètes venus aux Biennales, dont par exemple Mohamed El Amraoui, Bluma Finkelstein, Anise Koltz, Jacques Rancourt, André Ughetto ou encore Shizue Ogawa (pour la poésie de laquelle j’ai un faible avoué). Trois belles pages, un poème poète. Une vraie page d’histoire. Notons aussi qu’Yves Namur, collaborateur régulier du Journal, a reçu le prix Mallarmé 2012 pour son recueil La tristesse du figuier, paru chez Lettres Vives, éditeur de haut vol. Il n’y a pas de hasard ((Le Journal des Poètes. Numéro 4/2012, 81eannée, oct-déc 2012, Jean-Luc Wauthier. Rue des Courtijas, 24. B-5600 Sart-en-Fagne. wauthierjeanluc@yahoo.fr http//www.mipah.be, Le numéro : 6 euros. Le poète Jean-Luc Wauthier, rédacteur en chef du Journal, donne maintenant des chroniques régulières à Recours au Poème. Ici : http://www.recoursaupoeme.fr/users/jean-luc-wauthier)).

Déjà le 23enuméro de N4728, belle revue, au format redevenu original, qui s’est progressivement imposée dans le paysage poétique contemporain. C’est même un des espaces parmi les plus originaux et les plus contemporains de ces dernières années. Christian Vogels, aidé d’Albane Gellé, Antoine Emaz, Alain Girard-Daudon et Yves Jouan, propose des écritures poétiques variées et ici considérées comme innovantes. Une partie des voix que l’on peut entendre ici, car pour N4728,poésie et oralité sont intrinsèquement liées, ce en quoi nous sommes bien d’accord, proviennent des lectures/rencontres de poésie contemporaine organisées à Angers par le Chant des mots, ou bien du côté de Rochefort (rien d’anodin en poésie, de ce côté de l’hexagone) et Saumur. C’est la partie « Mémoire vive », laquelle propose cette fois les voix de Edith Azam (un texte en prose, puissant, à paraître bientôt chez POL), Caroline Sagot Duvauroux (dont la majeure partie de l’œuvre, elle aussi en prose, et elle aussi de grande puissance, est publiée chez Corti) et Alexis Gloaguen. La partie « Plurielles » donne quant à elle à lire des voix diverses, lieu de l’ouverture de la revue (ce qui plaît bien évidemment aussi à Recours au Poème), et l’on écoutera avec attention les voix amies de Béatrice Machet, Matthieu Gosztola, Arnaud Talhouarn ou Mathilde Vischer.

Cette dernière donnant un ensemble qui reste longtemps présent à l’esprit. De toutes les manières, l’ensemble des pages de cette revue est d’une très grande qualité, et on lira avec attention les textes de Patrick Argenté, Estelle Cantalla, Nicolas Grégoire, Daniel Pozner, Marie de Quatrebarbes, Maryse Renard, Nathalie Riou, Pierrick Steunou, Jasmine Viguier, Jérôme Villedieu et Pierre Antoine Villemaine. La revue se clôt sur des notes de lecture choisies, en particulier au sujet d’Ariane Dreyfus, Serge Nunez Tolin et Vincent Pélissier, dont les travaux nous intéressent fortement. Puis quelques mots de Antoien Emaz au sujet de trois poètes des éditions Potentille (dont il faut saluer le beau travail), Geneviève Peigné, Philippe Païni et Albane Gellé. Un bel atelier, à visiter sans modération((N4728. Publiée par l’association Le Chant des Mots. Semestrielle. Abonnements : N4728. Madame Dandeville. 29 rue du Quinconce. 49100 Angers. 25 euros pour un an. Prix du numéro : 12 euros, N4728@zythumz.fr)).

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Le 103enuméro de Soleils & cendre, paru au printemps 2012, ouvrait ses pages au « chaos ». Venant d’une telle revue, à la fois de poésie et de recherche intérieure en poésie, on se doute que l’ordo/ordre n’est pas loin… Le sous titre, « fractation du point de vue », est, sous cet angle, très clair. Menée par Henri Tramoy et Yves Béal, Soleils & cendreémane des éditions Les Solicendristes. Ici, l’on a goût pour l’alchimie et l’hermétisme, au sens noble de ces mots/visions/expériences. Autour du chaos, on lira des textes d’une vingtaine de poètes et écrivains, parmi lesquels l’ami Matthieu Baumier (que je ne suis guère surprise de retrouver dans un tel thème d’écriture), Sylviane Werner, Daniel Thürler, Philippe Jaffeux, Jean-Guy Angles, Henri Tramoy ou Jacques Laborde. Une revue ancrée, située, et qui a un ton. Un vrai ton. Et une histoire, maintenant((Soleils & cendre. Henri Tramoy. 99 bd des Mians. 84260 Sarrians. Le numéro : 6 euros. Revue trimestrielle. solicend@orange.fr, http://www.soleils-et-cendre.org/)).

Ce nouveau numéro de l’exceptionnelle revue Nuncrend un bel hommage à la poésie de Jean Mambrino, lequel nous a quittés il y a peu. Trois textes reviennent sur le poète, signés Pascal Boulanger, Claude Tuduri, en forme de poème, et Jean-Luc Maxence. Tous insistent sur la luminosité chrétienne de l’homme et du poète. Le texte de Maxence, intimiste, touche juste, me semble-t-il, en évoquant chez Mambrino la part du feu, le néoplatonisme. Il y a avait une certaine idée de la Renaissance chez ce poète. Vient ensuite le dossier central de ce numéro de Nunc, un dossier « cinéma »… en apparence ! Car évoquer le cinéma de Béla Tarr, ce n’est pas uniquement, loin de là, parler de cinéma.

C’est parler de poésie. Parler du Monde. Le dossier est dirigé par Hubert Chiffoleau. On lira la retranscription d’un échange entre le réalisateur et son public, passionnante, ainsi que des textes de Joël Vernet, Hubert Chiffoleau (entretien), Jérôme de Gramont, David Lengyel. Ce dossier fait immédiatement référence. Et, sincèrement, lecteur qui aime la poésie puisque tu lis ces lignes, si par malchance tu ne connais pas encore le cinéma de Béla Tarr, le moment est venu d’une découverte, de celles qui marquent une existence.

Nuncpublie aussi une suite de très beaux poèmes de François Bordes, sous le regard de l’Evangile de Thomas, souvent considéré comme « l’Evangile des gnostiques » mais la formule est trop rapide, comme bien des formules. Qui lit ce texte en sait les profondeurs ésotériques. On parle ensuite de Virgile, de diverses manières (Madeleine Désormeaux, Jérôme de Gramont), puis on replonge dans des poèmes, ceux de François Amaneger, avant d’entrer dans la partie « Axis Mundi » de la revue, centrée sur un cahier consacré à Michael Dummett. Deux textes signés Michel Fourcade et Christine van Geen, puis un texte de Dummett. Tout cela est déjà fort riche et n’est cependant pas terminé, car Nuncest un « monstre » comme Recours au Poèmeles aime : un entretien avec Jacques Arènes, des poèmes de Borges (ceux sur Spinoza) dans une nouvelle traduction, un texte important de Franck Damour au sujet de la récurrente controverse autour de la fonction anthropologique du droit et de très beaux poèmes de Christophe Langlois, poète que l’on retrouvera aussi bientôt dans Recours au Poème. Les notes de lecture évoquent enfin Gamoneda, Bocholier, Marion, Del Valle… Ici, en cette revue, les choses sont centrées, et cela est bien((Nunc, revue attentive n° 29. Le numéro : 22 euros. www.corlevour.fr))

Poësis n’est pas une revue au sens strict de ce mot mais il me plaît d’en parler ici. Il s’agit d’une « petite anthologie de poèmes maçonniques » contemporains éditée par l’Institut Maçonnique de France, sous la houlette de l’ami Alain-Jacques Lacot, dans le sillage des activités menées là pour promouvoir le livre maçonnique, et donc une vision sereine d’un humanisme pour demain. Autant dire que l’on a bien besoin de toutes les énergies…Les poèmes ici regroupés sont ceux primés lors du concours de poésie organisé par l’IMF à l’occasion du dixième salon maçonnique du livre de Paris. 20 textes en tout, ponctués par un superbe cadeau d’un poète que nous aimons beaucoup dans les pages de Recours au Poème, Jacques Viallebesset, poème intitulé La tribu nomadeque nous donnerons à lire dans quelques temps.

On lira dans cet ensemble des poèmes divers, ancrés dans une profonde quête spirituelle et intérieure, en particulier ceux de Jean-Philippe Ancelle, AxoDom Yves-Fred Boisset (par ailleurs directeur de la revue martiniste L’initiation), Marc de la Paix, Jacques Fontaine, Thierry Maillard… Tout cela est d’autant plus important qu’il est évident que poésie, ésotérisme et maçonnerie appartiennent au même Corpus d’être. On espère voir l’initiative se développer, et cette autre anthologie de la poésie maçonnique autrefois parue chez Dervy connaître une nouvelle édition « allongée ». Ici, nous ne manquerons pas d’idées et de liens vers des poètes profonds à conseiller. On peut demander mon email à la rédaction, ce sont gens courtois. Ils transmettront, si j’ose dire((Poïesis. Petite anthologie de poèmes maçonniquesPublication de l’Institut Maçonnique de France http://www.i-m-f.fr/)).

 

Bienvenue à L’Hôte ! Il faut, de tout temps, saluer l’initiative de se lancer dans la création d’une revue. C’est un acte nécessaire et, cela n’est pas rien, formateur. L’Hôteest sous titrée « Esthétique et littérature », et n’est donc pas centrée sur la poésie. Mais elle mérite le salut. Le sommaire s’ouvre sur sept pages de textes du poète Gérard Pfister, par ailleurs directeur des excellentes éditions Arfuyen. Le ton est ainsi donné. Vient ensuite un texte très intéressant de Didier Ayres au sujet du narcissisme de l’auteur de théâtre, une étude de Gabrielle Althen sur Jean Fouquet… Une revue d’esthétique sans doute, mais pas seulement. On sent dans ces lignes la volonté de quitter les terres convenues de certaine esthétique presque officielle, et de reposer une vraie question : celle du Beau. Cette revue n’est donc pas « de poésie » mais l’acte, lui, est poétique. Longue vie((Revue L’Hôte. Numéro 1. Direction : Yasmina Mahdi, Ivan Darrault-Harris, Didier Ayres, 27 rue Lucien Dumas. 87200 Saint-Junien. Le numéro 5 euros. didier.ayres@free.fr)).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Passage en revues

Autour de : la main millénaire (7), Siècle 21 (24), Arpa (109), N47 (25) et Cahiers Mounier (1)

 

 

Nous évoquons souvent les parutions de la très belle (et cohérente) revue de Jean-Pierre Védrines. La main millénaire, en son 7e numéro, s’ouvre sur Jacques Gil, textes et poèmes qui plongent dans les racines du château de Montlaur. On sent ici la proximité de la revue et du poète avec les terres ocres du sud. Une vingtaine de poètes ensuite, dont Salih Bolat, Françoise Védrines (« où poussent les racines de l’arbre / se penche la nuit aux yeux de louve »), Jean-Claude Xuereb, André Vinas (duquel on aimerait lire de nouveaux textes au sujet de la poésie de Paul Pugnaud), Quine Chevalier, ou Jean-Pierre Védrines. La moisson est forte. Plus loin, des textes de Lydia Padellec dont le Pénélope rappelle le caractère profondément sacré du Poème, Nikos Bazianas, Colette Nys-Mazure, Jo Pacini ou André Morel… La main millénaire est porteuse d’âme, quelque chose d’un sud, un sud ouvert au monde. A lire.  

 

La main millénaire, numéro 7, automne 2013/ hiver 2014.
Rédaction : Jean-Pierre Védrines
Email : jean.pierre.vedrines@cegetel.net
Le numéro 15 euros. Abonnement pour trois numéros : 36 euros.

 

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Treizième année et 24e numéro de la sérieuse et de référence revue Siècle 21, que l’on trouve de plus en plus régulièrement dans diverses médiathèques, signe de la légitimité acquise au fil du temps. Les dossiers de la revue y sont pour beaucoup, sa capacité aussi à remarquer et publier des voix qui comptent dans la littérature et la poésie française contemporaine. Ce nouveau numéro ne déroge pas à la règle, avec un somptueux dossier sur « Prose et poésie afro-américaines » concocté par Marilyn Hacker (« Intérieur noir »). Le dossier s’ouvre sur un texte d’Elizabeth Alexander traduit de l’anglais par Catherine Pierre-Bon : « Nous sommes trop souvent prisonniers du réel, piégés dans les fantasmes de « l’authenticité nègre » qui dicte la seule façon dont nous existons vraiment dans la doxa avec ses fantasmes d’authenticité. Echapper à la force de l’imagerie qui nous entoure n’est pas un mince exploit ».  Cela fixe l’objet. Côté poésie : Robert Hayden, Gwendolyn Brooks, Marilyn Nelson, James Emanuel (dans des traductions de Jean Migrenne), la superbe poésie de Michael Harper, traduite par Alice-Catherine Carls, un poète dont nous reparlerons dans Recours au Poème, Quincy Troupe ou encore Yusef Komunyakaa, Evie Shockley… Impossible de tout citer. De nouveau un numéro dont le dossier fera date. 130 pages tout de même. Une plongée heureuse et nécessaire dans le monde des littératures afro-américaines.

Outre les chroniques habituelles, ce numéro de Siècle 21 propose aussi un étonnant dossier intitulé « Escaliers », où l’on trouvera des poèmes de Werner Lambersy, Linda Maria Baros ou encore Gabrielle Althen, ainsi qu’un beau texte de Brigitte Gyr. Ecrivains/poètes que l’on retrouvera aisément dans nos pages. Un pic de bonheur personnel : le poème d’Amina Saïd, Le vieil homme dans la rue.

 

Siècle 21, numéro 24, printemps/été 2014.
2 rue Emile Deutsch de la Meurthe, 75014 Paris.
Email : revue.siecle21@yahoo.fr
http://siecle21.typepad.fr
Le numéro 17 euros. Abonnement pour deux numéros : 30 euros.

 

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Gérard Bocholier est un poète dont nous aimons l’œuvre, forte, éditée chez des éditeurs de talent, souvent défenseurs de la poésie profonde, compagnon de route amical et intellectuel de Recours au Poème, directeur de cette belle et ancienne revue, Arpa, qui fait partie du paysage de la poésie authentique en France. Arpa a sans aucun doute publié toutes les voix importantes des trente dernières années (ou presque), et d’ailleurs la revue prépare son trentième anniversaire pour 2016. Ce numéro 109 s’inscrit dans la tradition de la revue, proposant des textes de Pierre Delisle (comme en hommage au fondateur d’Arpa), Pierre-Alain Tâche, Judith Chavanne, Isabelle Raviolo, Josette Ségura, Colette Nys-Mazure, Claude Tuduri, Myriam Eck, Jean-Jacques Nuel, Jean-Pierre Farines, Paul Farellier, Matthieu Magne… Choix personnel dans un ensemble bien plus riche que cela. On lira aussi avec attention le texte d’Eric Dazzan consacré à André du Bouchet, que nous considérons ici comme un immense poète. Arpa, c’est une masse de granit dans le paysage de la poésie française.

 

Arpa, numéro 109, mars 2014.
Gérard Bocholier. 44 rue Morel-Ladeuil. 63000 Clermont-Ferrand.
www.arpa-poesie.fr
Abonnement pour quatre numéros : 38 euros.

 

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Un « gros » numéro 25 de la revue N 4728 maintenant devenue N47. Essayons de comprendre cela grâce à l’éditorial : une simplification demandée par les lecteurs. Bon… cela change sans doute des choses mais… pour nous peu de choses. Nous retrouvons une revue intelligente au format allongée original. L’ancienne rubrique Mémoire vive est devenue Plein format et ouvre ses pages au poète Serge Nunez Tolin et à son sens de la marche. Viennent ensuite les poèmes de Cécile Guivarch, Marie Huot et Thierry Froger.

Un cahier plastique étonnant associe poèmes et photographies d’Amandine Marembert et Michel Durigneux. Un autre de Philippe Longchamp et Nélida Medina donne à lire et voir de « bonnes années ».

Place aux paroles poétiques diverses ensuite, ou plutôt « plurielles » selon la nomenclature de la revue. Parmi de nombreuses voix : Eric Fried, Jean-Marc Gougeon, Régis Lefort, Isabelle Lévesque, Béatrice Machet-Franke…

N47 est aussi un lieu de pensée de la poésie, autour de « traduire/écrire », avec quatre contributions. Viennent enfin des notes de lecture.

 

N47, numéro 25, janvier 2014.
Direction  Christian Vogels.
n4728@zythumz.fr
Abonnement pour deux numéros : 25 euros.

 

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Les Cahiers Emmanuel Mounier prennent la suite du Bulletin des Amis de Mounier, sous la direction du penseur/poète/traducteur Yves Roullière. Le comité de rédaction réunit les hommes/écrivains qui, à juste titre, considèrent que la pensée de Mounier parle encore et toujours pour aujourd’hui, certains écrivant aussi dans Esprit. La revue est la face visible de l’association des amis d’Emmanuel Mounier, laquelle travaille à maintenir en lumière cette œuvre fondamentale du 20e siècle, et la question du personnalisme. C’est un gros et ardu travail, mené de longue date, par des penseurs comme Guy Coq par exemple, aujourd’hui en retrait, et maintenant sous la houlette d’Yves Roullière. Un travail absolument nécessaire.  Au sommaire de ce premier numéro : des articles de Mounier présentés par Yves Roullière, la reproduction d’un entretien avec le philosophe (1949), et un dossier sur l’expérience africaine de Mounier. Une revue que nous conseillons chaudement, pour cette simple raison que la pensée de Mounier et de la revue Esprit sont des axes de résistance pour maintenant.

 

Cahiers Emmanuel Mounier, numéro 1, 2014.
Rédaction : Yves Roullière
www.emmanuel-mounier.org
Le numéro : 10 euros.