Souvenir des Pouilles : un dimanche à Gallipoli

 

Ce jour-là de mai 19, il pleu­vait sur les Pouilles. Le temps était exé­crable pour la sai­son, selon les locaux, dégoû­tés. Il y avait quinze degrés au lieu des 26, 27 ! C’était jour des pre­mières com­mu­nions ! Et là on fête cela comme de vrais mariages ! Les res­tau­rants sont pleins à cra­quer. Et acceptent que les clients apportent eux-mêmes les des­serts.

 

Pour évi­ter de la fatigue à G., je m’étais garé, non pas dans le par­king de dis­sua­sion, en contre­bas de la ville, elle eût dû, alors, grim­per une bonne dou­zaine de marches, ce que décem­ment elle n’eût pu, essouf­flée comme elle était pour un rien. Dix mètres lui coû­taient.

On est allés boire un apé­ro dans un petit café très sym­pa, sur une petite place, près de la belle église, tenu par une jeune mère – la fille était à quelques mètres, très sage, à des­si­ner sur une petite table, tan­dis que sa maman ser­vait avec bon­té les locaux et nous deux. G. ne sup­por­tait plus le vin, à cause de son trai­te­ment ; des bulles, oui ! Mais s’il m’en sou­vient bien,, elle a pris un cam­pa­ri orange, qu’elle aimait. On a pas­sé de beaux moments là : Pugliesi sono vera­mente sim­pa­ti­ci (ho due fra­tel­li puglie­si, Gaetano F. et Gianluca M.) !

Photo de Marilyne Bertoncini.

Come Siciliani e Romani (se tu par­li un po’ ita­lia­no, se no…) On vou­lait man­ger. Je me suis garé – il res­tait une seule place dans le centre his­to­rique, et le res­tau, repé­ré par G., connais­seuse, était bon­dé, because com­mu­nions. La pro­prio, voyant G. très fati­guée, l’a ras­su­rée, lui a offert un fau­teuil, et nous a dit, si vous n’êtes pas pres­sés (le temps d’un apé­ro !), on vous trouve une belle table !

Mais G. était heu­reuse pour ce qu’elle savait – lucide – l’un de ses der­niers voyages avec moi -, a bien man­gé et n’a jamais su, que pour lui évi­ter une trop longue déam­bu­la­tion, j’ai eu un pro­cès de pre­mière, bien après son décès ! Je m’étais garé dans une zone réser­vée aux rive­rains. Je la ras­sure, je l’ai payé.

Philippe Leuckx, écrit le 29 mars 2020.

 

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