Pierre GARNIER : “Le Sable doux”

 

Quand une œuvre poétique se termine-t-elle ? Avec la mort du poète… Mais la mort joue parfois de sales tours au lecteur, la mort brouille les pistes, la mort ignore les lenteurs de l'édition : elle n'attend que le dernier mot édité du poète pour faire son ignoble besogne. Aussi est-ce avec émotion que j'ai sous les yeux Le Sable doux. Il y a quelque temps, dans un article destiné à une revue qui consacrait un numéro à Pierre Garnier, voulant caractériser sa poésie depuis la fin des années 80, je parlais de ressassement au sens d'examen continuel afin de repérer toutes les caractéristiques de l'objet du "poème". Qu'en est-il avec Le Sable doux qu'il faut bien considérer comme l'ultime recueil du poète car il y a imposé son point de vue quant à la succession des textes, malgré son aspect composite ? (Peut-être trouvera-t-on, plus tard, d'autres suites restées inédites, qui seront alors présentées dans des publications savantes…).

. Tous ces éléments se retrouvent dans les poèmes spatialistes... C'est la carte du monde que dessine Pierre, celle qui est "la vraie carte de la terre".

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Dans Les Poèmes de Saisseval, Pierre écrit : "parfois c'est un silex / qui remonte du champ". Ses nano-poèmes ne constituent pas seulement "la vraie carte de la terre" : comme ces silex qui remontent à l'occasion du tréfonds du sol, ils remontent de l'inconscient et de la culture des hommes de ce temps. C'est en ce sens qu'ils sont un précieux témoignage de l'Histoire. Ils nous rappellent que "la vie a l'exacte mesure / de l'espace et du temps".