Touch

a gift for hunger
as well as loneliness,
a wafer pure and secular.
Loam crawls with life,
clean as the wish
to send inno­cent arms
around inno­cent shoulders.
Arms or shoul­ders are can­did and pure.

Touch: the har­bin­ger of union,
the endur­ing condition
of a prac­ticed heart,
a ton­ic for insult and confusion.

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Touch­er

Un don pour la faim
comme pour la solitude,
une ostie pure et profane.
Le limon grouille de vie,
clair comme le désir
d’en­tour­er de bras innocents
d’in­no­centes épaules.
Bras ou épaules sont can­dides et purs.

Le touch­er: précurseur de l’union
pérenne condition
d’un coeur expérimenté,
un tonique con­tre insulte et confusion.

 
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My Dog

Just now, after many years of bogus calm,
I’ve met my match in the shape of a dog,

an angry beast out­side the barn I rent
just beyond the city lights.
This dog’s an amaz­ing creature,
five feet tall and wider than reason
his jaw is tense and his teeth snap.
There’s no way to know – ever –
when he’ll relax or attack.

But I’ll tame that  crea­ture before I die,
med­icate him with whispers,
sweet promis­es of greasy bones
and kinder dogs to learn from.
I’ll lead him to fire plugs, places to aim at.
But, the guy who called me a dog
for some minor misdemeanor,
should step back –
and beware our fear­ful fangs.

 

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Mon Chien

En ce moment, après bien des années de calme fictif,
j’ai trou­vé mon égal sous la forme d’un chien,

une bête furieuse à l’ex­térieur de la grange que je loue
juste au-delà des lumières de la ville.
Ce chien est une créa­ture extraordinaire,
cinq pieds de haut, plus large que de raison :
sa mâchoire est ten­due et ses dents claquent.
Pas moyen de savoir – jamais -
quand il va se déten­dre ou bondir.

Mais j’a­madouerai ce clébard avant de mourir,
le soign­erai par des murmures,
de douces promess­es d’os bien gras
et des chiens plus gen­tils desquels il apprendra.
Je le mèn­erai aux bouch­es d’in­cendie, aux endroits à viser.
Mais, le type qui m’a traité de chien
pour un petit délit mineur
fera bien de reculer -
et crain­dre nos crocs puissants.

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The Finale

It’s not over ‘till it’s over
thinks the pitch­er about to pitch
in the 11th inning –
the fat lady’s not even in the house,
and there’s time;
but
says the trumpet
in the mid­dle of the cadenza –
“it’s often­times over long before it’s over,”
and the band plays on
and the ball­game bounces along
as if time itself could erase the finale
which had fall­en on both a long time ago.

Some­times it’s long past bedtime
before the child clos­es her eyes.

 

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La Finale

Rien n’est fini tant que ce n’est pas fini
pense le lanceur prêt à lancer
dans le onz­ième tour de batte -
la grosse dame n’est même pas à la maison,
et on a le temps;
mais
dit la trompette
au milieu de la cadence -
“c’est sou­vent over bien avant d’être over,”
et la fan­fare con­tin­ue de jouer
et le match se poursuit
comme si le temps lui même pou­vait effac­er la finale
dévolue à tous deux il y a bien longtemps.

Par­fois c’est bien après l’heure du coucher
avant que la fil­lette ne ferme ses yeux.

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Mas­tery

Unable, at the start,
to do the love thing right,
he prac­ticed stroke by stroke
and melt­ing into who­ev­er was by
slow­ly – as slow­ly as one
tip-toes for­ward and around
dripped hon­ey circles
on the way to the jar.
Some sweet dan­ger in every drop
until he’s safe under the lid.

Unable, late in life,
to do the large thing right
he takes on the small
inch by inch – to do
divid­ing the inch by quarters,
eights, many times over
into minutia
Click by click of the needle
stitch by stitch by minis­cule stitch –
then comes the day the fabric’s done.

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Maîtrise

Inca­pable, au début,
de faire cor­recte­ment l’amour,
il pra­ti­qua au coup par coup
pour se fon­dre en n’im­porte qui, là
lente­ment – aus­si lente­ment que l’on
tourne sur la pointe des pieds
autour de gouttes de miel
sur la route du pot.
Chaque goutte con­tient un dan­ger sucré
jusqu’à ce qu’il soit sauf, sous le couvercle.

Inca­pable, plus tard,
de bien faire les choses importantes
il se charge des petites
pouce par pouce – pour
divis­er le pouce en quarts,
en huitièmes, un grand nom­bre de fois
jusqu’aux petits détails.
Clic à clic de l’aiguille
point par point, à points minuscules -
puis le jour arrive où le tis­su est fait.

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A Leap Beyond the Tyrants

I‘m not the dev­il you imagined
under your sleeve.
One night, despite my sul­furous breath,
you’ll invite me in just on the off-chance
that we’ll under­stand all that’s malicious
about right-wing ter­ror and defend against it.

We may be enchant­ed and able to construct
a wall against fire or break­ers by the sea
to hold back the bloat­ed tide.
Yes, this love, untest­ed but burgeoning,
will over­ride mere guess-work
and clear the smog belched by the Titans.

They have the cash, the script and the drive,
but our leap beyond stymies their moment,
as we reach for each other
again and again.

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Un saut par-delà les tyrans

Je ne suis pas le dia­ble que vous imaginiez
sous votre manche.
Une nuit, mal­gré mon souf­fle sulfureux,
vous m’in­viterez juste au cas où
nous com­pre­nions tout ce qui est nuisible
dans la ter­reur de droite, pour nous en défendre.

Nous pour­rions être enchan­tés et capa­bles d’édifier
un mur anti-feu ou des brise-lames en mer
pour con­tenir la grande marée.
Oui, l’é­clo­sion de cet amour encore inexpérimenté
dépassera de sim­ples hypothèses
effaçant le brouil­lard craché par les Titans.

Ils ont le cash, le script et la conduite,
mais qu’on saute au-delà con­tre­carre leur règne
tan­dis que nous nous rejoignons
de plus en plus.

 

traduits par Mar­i­lyne Bertoncini