> 5 poèmes de Barry Wallenstein

5 poèmes de Barry Wallenstein

Par | 2018-02-22T06:13:58+00:00 29 septembre 2015|Catégories : Blog|

 

Touch

a gift for hun­ger
as well as lone­li­ness,
a wafer pure and secu­lar.
Loam crawls with life,
clean as the wish
to send inno­cent arms
around inno­cent shoul­ders.
Arms or shoul­ders are can­did and pure.

Touch : the har­bin­ger of union,
the endu­ring condi­tion
of a prac­ti­ced heart,
a tonic for insult and confu­sion.

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Toucher

Un don pour la faim
comme pour la soli­tude,
une ostie pure et pro­fane.
Le limon grouille de vie,
clair comme le désir
d'entourer de bras inno­cents
d'innocentes épaules.
Bras ou épaules sont can­dides et purs.

Le tou­cher : pré­cur­seur de l'union
pérenne condi­tion
d'un coeur expé­ri­men­té,
un tonique contre insulte et confu­sion.

 
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My Dog

Just now, after many years of bogus calm,
I’ve met my match in the shape of a dog,

an angry beast out­side the barn I rent
just beyond the city lights.
This dog’s an ama­zing crea­ture,
five feet tall and wider than rea­son
his jaw is tense and his teeth snap.
There’s no way to know – ever –
when he’ll relax or attack.

But I’ll tame that  crea­ture before I die,
medi­cate him with whis­pers,
sweet pro­mises of grea­sy bones
and kin­der dogs to learn from.
I’ll lead him to fire plugs, places to aim at.
But, the guy who cal­led me a dog
for some minor mis­de­mea­nor,
should step back –
and beware our fear­ful fangs.

 

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Mon Chien

En ce moment, après bien des années de calme fic­tif,
j'ai trou­vé mon égal sous la forme d'un chien,

une bête furieuse à l'extérieur de la grange que je loue
juste au-delà des lumières de la ville.
Ce chien est une créa­ture extra­or­di­naire,
cinq pieds de haut, plus large que de rai­son :
sa mâchoire est ten­due et ses dents claquent.
Pas moyen de savoir – jamais –
quand il va se détendre ou bon­dir.

Mais j'amadouerai ce clé­bard avant de mou­rir,
le soi­gne­rai par des mur­mures,
de douces pro­messes d'os bien gras
et des chiens plus gen­tils des­quels il appren­dra.
Je le mène­rai aux bouches d'incendie, aux endroits à viser.
Mais, le type qui m'a trai­té de chien
pour un petit délit mineur
fera bien de recu­ler –
et craindre nos crocs puis­sants.

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The Finale

It’s not over ‘till it’s over
thinks the pit­cher about to pitch
in the 11th inning –
the fat lady’s not even in the house,
and there’s time ;
but
says the trum­pet
in the middle of the caden­za –
“it’s often­times over long before it’s over,”
and the band plays on
and the ball­game bounces along
as if time itself could erase the finale
which had fal­len on both a long time ago.

Sometimes it’s long past bed­time
before the child closes her eyes.

 

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La Finale

Rien n'est fini tant que ce n'est pas fini
pense le lan­ceur prêt à lan­cer
dans le onzième tour de batte –
la grosse dame n'est même pas à la mai­son,
et on a le temps ;
mais
dit la trom­pette
au milieu de la cadence  –
“c'est sou­vent over bien avant d'être over,”
et la fan­fare conti­nue de jouer
et le match se pour­suit
comme si le temps lui même pou­vait effa­cer la finale
dévo­lue à tous deux il y a bien long­temps.

Parfois c'est bien après l'heure du cou­cher
avant que la fillette ne ferme ses yeux.

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Mastery

Unable, at the start,
to do the love thing right,
he prac­ti­ced stroke by stroke
and mel­ting into whoe­ver was by
slow­ly – as slow­ly as one
tip-toes for­ward and around
drip­ped honey circles
on the way to the jar.
Some sweet dan­ger in eve­ry drop
until he’s safe under the lid.

Unable, late in life,
to do the large thing right
he takes on the small
inch by inch – to do
divi­ding the inch by quar­ters,
eights, many times over
into minu­tia
Click by click of the needle
stitch by stitch by minis­cule stitch –
then comes the day the fabric’s done.

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Maîtrise

Incapable, au début,
de faire cor­rec­te­ment l'amour,
il pra­ti­qua au coup par coup
pour se fondre en n'importe qui, là
len­te­ment – aus­si len­te­ment que l'on
tourne sur la pointe des pieds
autour de gouttes de miel
sur la route du pot.
Chaque goutte contient un dan­ger sucré
jusqu'à ce qu'il soit sauf, sous le cou­vercle.

Incapable, plus tard,
de bien faire les choses impor­tantes
il se charge des petites
pouce par pouce – pour
divi­ser le pouce en quarts,
en hui­tièmes, un grand nombre de fois
jusqu'aux petits détails.
Clic à clic de l'aiguille
point par point, à points minus­cules –
puis le jour arrive où le tis­su est fait.

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A Leap Beyond the Tyrants

I‘m not the devil you ima­gi­ned
under your sleeve.
One night, des­pite my sul­fu­rous breath,
you’ll invite me in just on the off-chance
that we’ll unders­tand all that’s mali­cious
about right-wing ter­ror and defend against it.

We may be enchan­ted and able to construct
a wall against fire or brea­kers by the sea
to hold back the bloa­ted tide.
Yes, this love, untes­ted but bur­geo­ning,
will over­ride mere guess-work
and clear the smog bel­ched by the Titans.

They have the cash, the script and the drive,
but our leap beyond sty­mies their moment,
as we reach for each other
again and again.

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Un saut par-delà les tyrans

Je ne suis pas le diable que vous ima­gi­niez
sous votre manche.
Une nuit, mal­gré mon souffle sul­fu­reux,
vous m'inviterez juste au cas où
nous com­pre­nions tout ce qui est nui­sible
dans la ter­reur de droite, pour nous en défendre.

Nous pour­rions être enchan­tés et capables d'édifier
un mur anti-feu ou des brise-lames en mer
pour conte­nir la grande marée.
Oui, l'éclosion de cet amour encore inex­pé­ri­men­té
dépas­se­ra de simples hypo­thèses
effa­çant le brouillard cra­ché par les Titans.

Ils ont le cash, le script et la conduite,
mais qu'on saute au-delà contre­carre leur règne
tan­dis que nous nous rejoi­gnons
de plus en plus.

 

tra­duits par Marilyne Bertoncini

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