Đặng Thân, une voix poétique vietnamienne remarquable

Par |2022-05-06T07:28:11+02:00 3 mai 2022|Catégories : Essais & Chroniques, Đặng Thân|

Đặng Thân est un poète viet­namien impor­tant. Le mag­a­zine  Poets & Writ­ers Mag­a­zine écrit « Dang est admiré pour sa prose car­ac­téris­tique et son style rebelle ». Alors que le WORD Mag­a­zine déclare, “Đặng Thân est l’un des auteurs de la nou­velle école viet­nami­enne les plus acclamés. En écrivant tout, des “het­ero-nov­els” aux poèmes allitérat­ifs cal­ligraphiés sur rouleau, il a réus­si à rester sur le devant du débat sur la lit­téra­ture post-Doi Moi.”

Ses travaux pub­liés dans des gen­res var­iés « ont créé le tour­nant le plus impor­tant dans le style écrit de la lit­téra­ture viet­nami­enne. » (Prof. Dr. Crit­ic La Khac Hoa).

Đặng Thân est le pio­nnier des allitéra­tions en viet­namien et d’un nou­veau style poé­tique et idéologique appelé “phạc-nhiên”. « Đặng Thân utilise avec suc­cès un lan­gage de con­no­ta­tion et d’humour noir pour traiter de vrais prob­lèmes. Il a créé son pro­pre style poé­tique, le “phạc-nhiên” et a cap­turé toute une musi­cal­ité dans un lan­gage naturel qui démon­tre un tal­ent insur­pass­able » (Xiang Yang, géant de la lit­téra­ture taiwanaise).

En 2020, il a obtenu 3 prix lit­téraires pres­tigieux : Naji Naa­man Lit­er­ary Prize, Pre­mio Il Mele­to di Gui­do Goz­zano 2020, and Panora­ma Glob­al Award 2020. 

Son recueil bilingue de poèmes OM [Oth­er Moments] – en français AUM [Autres Moments] – sor­ti en sep­tem­bre 2019 aux Etats-Unis, est à ce titre remar­quable. Cet ouvrage qui a déjà été traduit en plusieurs langues dont l’allemand, le ben­gali, le chi­nois, l’espagnol, le grec et l’italien. Une tra­duc­tion française de qual­ité a récem­ment été effectuée.

Avec OM, Dang est devenu le pre­mier auteur viet­namien dont les poèmes ont été exposés et con­servés au World Muse­um of Poet­ry (Pic­co­lo Museo del­la Poe­sia) – Pia­cen­za, Italy, seul musée de la poésie au monde.

∗∗∗

Extraits de la version française de AUM

AUM, OM (san­skrit; en devana­gari: ॐ) est une syl­labe san­skrite que l’on retrou­ve dans plusieurs reli­gions: l’hin­douisme et ses yogas, le boud­dhisme, le jaïnisme, le sikhisme, et le brah­man­isme. On la nomme aus­si udgitha ou prana­va mantra (« mantra pri­mor­dial », le mot prāṇa sig­nifi­ant égale­ment « vibra­tion vitale »). D’un point de vue hin­douiste, cette syl­labe représente le son orig­inel, pri­mor­dial, à par­tir duquel l’U­nivers se serait structuré.

AUM est com­posé de Moments du matin et de Moments du soir.

 

∗∗∗

Maman

Maman, mes larmes coulent
A chaque fois que du côté du ciel ton ombre apparaît
Je me rap­pelle la sueur qui de ton corps perlait
Sous le soleil, sous la pluie, jusqu’à ce que mon cœur s’écroule
Soli­taire et haras­sante, alour­die d’enfants, endet­tée d’un mari
Laborieuse, fière et provo­cante, d’une beauté insaisissable
Et qui s’est écoulée tou­jours, fleuve rouge, fleuve bleu, à l’infini.
L’eau est trou­ble, la mai­son pau­vre mais tout est paisible
Les heures sont limpi­des alors, aucune n’adhère à la toile.
Quand bien même mes larmes s’écouleraient sans fin, inaudibles
Elles ne sauraient être com­parées à cette sueur quotidienne !
La sueur abon­dante de ma mère, qui comme un voile
Inces­sam­ment s’écoule et coule encore… à l’aube de ta cinquantaine.

1989

 

Choc des racines

Rap­pelez-vous
le temps où
les poils
des jambes
étaient
de chaume
Com­ment se fait-il
qu’ils soient maintenant
buissons ?
Pourquoi poussent-ils
encore
après  avoir été
épilés
Ouïlle !

Oh, notez ! 
Assis, un gourou ori­en­tal réfléchissait
Aux racines de l’univers.
La réponse lui vint lorsque, involontairement,
Il arracha un poil de sa jambe.
Alors son chant s’éleva, puis il partagea ce vers :
Le Tout sort du Rien
Com­posant un cou­ple éternel.

 

A qui sont ces yeux ?

Je n’osais ten­ter tes yeux

Mais ne pou­vais en détach­er les miens

Quand les tiens ont étincelé j’ai tremblé

Devant moi

Une rose céleste.

Mon cœur émit un râle assourdi

Tout comme ceux aujourd’hui… clos à jamais !1

Comptine de bain

La pous­sière s’élève le sable s’envole
Qui donc resterait alors immaculé
Et qui saurait m’interdire
D’exhaler mon odeur
Alors que déjà lavé
Je sors, enfin propre…
De grâce ne vous vantez
Avec vos ailes non souillées
Alors que vos crânes glougloutent
D’un trop plein de pus de boutons
De grâce ne faites point l’arrogant
Et ne me jugez ici trop malin
Moi qui, ma vie durant, ai man­qué de bain

 

 

Transe multidimensionnelle

Comme en une transe hyp­no­tique ma conscience

dis­paraît. Je suis calme, déten­du, et ouvert aux sug­ges­tions. Sans opi­um ni héroïne. Mais le

stress de la vie mod­erne me vide l’esprit. Trop

de tout n’est jamais bon pour tous. Oh non, il

se trou­ve que les effets néfastes me font du

bien. Je vois ma vie antérieure comme celle d’un

prince arabe entouré d’esclaves. C’est bien ainsi

que je suis devenu l’esclave immense de cette

saleté de monde entier, dans une chaîne sans fin

de cause à effet. Oh cette chaîne, qu’elle soit d’or

ou de fer nous devons à tout prix la bris­er. Mais com­ment ? “Vous devriez vous servir de la chaîne

en or pour vous délivr­er de l’autre”, mur­mure un 
Esprit sor­ti de nulle part. Ah oui, l’or. Quand

j’étais Prince, j’avais tout, mais à présent me

voilà encore enchaîné. Bon Dieu ! J’ai découvert

que la Vérité n’émerge que si l’on demeure

le Soi le plus véritable.

 

Venez heureux, allez heureux2

Venez à moi
Mes com­pagnons du monde

Partagez la paix tan­dis que croît sa valeur éternelle

Div­i­den­des
Venez dans la joie
Sur­mon­tez ce qui peut l’être
Sur­mon­tez à votre façon
Dif­fi­culté, pau­vreté, dis­crim­i­na­tion, ou violences
Comme si elles avaient tou­jours existé
Mon­trez vos mains et nous pour­rons nous embrasser
Nous embrass­er pour chas­s­er les souillures
De l’injustice, des guer­res et de l’hypocrisie
Nous embrass­er pour réchauf­fer tous les cœurs qui aspirent à bat­tre en liberté
Une étreinte pour partager votre pou­voir d’aimer
Pour mon­tr­er notre nature la plus véritable
Le monde est trop vaste, notre monde paci­fique est exigu

Venez ensem­ble
Ren­forcez notre force spirituelle
Raf­fer­mis­sez notre juste cause
Ren­con­trez le mal
Encagez les démons
Encour­agez les sans-privilèges
Engagez-vous pour la justice
Pour toi et moi
Sans cela la vie n’est pas la vie

Venez avec moi
Nous sommes humains
Et ce n’est que lorsque nous nous saurons humains

que nous pour­rons aller, heureux

 

Saison du Têt au Vietnam

le pre­mier mois lunaire arrive

avec le marché Vieng aux out­ils de métal

les palanch­es se bal­ançant sur le chemin des pagodes

se souhai­tant une récolte fructueuse

jouant des coudes pour entr­er dans les temples

rêvant de ton­nerre d’applaudissement

allumant des baguettes d’encens

le print­emps arrive

comme il était prévu

lanternes allumées

les cœurs

se lais­sant porter par la joie

comme enivrés

dans les airs

le dra­peau de la fête poétique

appelant à des vacances d’un mois

de bétel sur le plateau et de vin dans la jarre

dans un ciel-et-terre immense et obscur

oh moi

pourquoi, au milieu de tout ceci,

effrayé

par le tambour,

ébran­lé

par la cym­bale en forme de lune

bril­lante pour mon­tr­er son amour tran­quille­ment lumineux

vive comme une flèche

Une robe de moine volète

tan­dis que la fumée

se propage

des offran­des de papi­er votif

pour exaucer un vœu

un rêve évadé de nulle part

waouh, un trio

un orchestre d’hommes du ciel et de la terre

sourit tou­jours

com­posant un bou­quet de fleurs fraîch­es et de fruits d’une pro­fonde douceur

le temps galope par la fenêtre

en toute hâte Apol­lon peint des rayons de soleil

un bateau d’amour prend la mer

on entend un chant d’amour

venu de loin

au sein de l’infini

 

La première vague de la nouvelle année

Je vois la pre­mière goutte de rosée
Per­ler au creux de la feuille
Que forme ta paupière, l’œil embué en deuil
Des vic­times du tsuna­mi que le créateur
Dans un moment d’inattention a engendré

J’ai enten­du la pre­mière chan­son née des profondeurs
De ton cœur qui est venue mourir à la pointe de ta langue
Elle résonne et repousse le pou­voir de
L’obscurité à la veille de cette nou­velle année

Je ressens le com­bat ahuris­sant, qui change chacune
De mes cel­lules et qui au plus pro­fond se réper­cute dans
Le pre­mier vol que j’ai choisi
Et qui me mène vers une authen­tique vie

1/1/2005

 

Constipé pendant 7 jours 
Une trille de 7 notes

“Sans silence, il n’y aurait pas de musique.”
— ADAM ZAGAJEWSKI

Dès l’aube, il com­mence les cours et reste
7 heures à l’école. 
Les mots d’or de la noble bouche réson­nent Loin de trois mille mon­des. Oh, la nature humaine est 
Intrin­sèque­ment bonne. 
Don­nez-moi un levi­er assez long 
Et un point d’ap­pui sur lequel 
le plac­er, et je déplac­erai le 
Monde. 7 couleurs de l’arc-en-ciel 
sont friv­o­les. Naturel
N’est plus à présent qu’un mot dépassé.
Mod­erne est inter­minable-

ment fou. Lib­erté é-
gal­ité fraternité.
Et puis quoi ? La ré-
volu­tion trans­genre dans des ter­res embrumées.
La bien­veil­lance a été bru­tale­ment tirée 
En avant par des maîtres/gourous.
Les esclaves/disciples ont dit, c’est 
La lutte finale. Des milliers
D’années de sang ont empoisonné
L’His­toire. Quelle odeur de 
Vivants. Grands. Immor­tels. 
La vie reste la même. Les 7 
Sages ont encore du fun–ds. Le G-
7 prend la main
En rai­son d’une vio­la­tion. 
Tai-chi imper­turbable
 Oh mer­ci à toi musique rit­uelle. Comme
Tou­jours 7 notes de haut  
Et de bas ont encore besoin d’un silence.

A son retour, il est frap­pé de co-
lique. Son ven­tre gémit de 
douleur. Il n’a pas sen­ti 
de musique dans son ven­tre 
Depuis 7 jours. Il rêve que 
ses intestins se trans­for­ment en
riv­ières empail­lées, tueuses

de con­sti­pa­tion.

Il se dirige vers un 
WC. Une heure. Puis une
Autre. Il se sent écrasé 
De souf­france toute la nuit alors même 
Qu’il est en bonne forme. Sou-
dain, le frein est desser­ré. 
La musique abdom­i­nale 
S’é­coule abrupte­ment. Une douleur

comme s’il était opéré. 
7 notes s’emboîtent en une longue 
Rangée d’une cen­taine d’é­coles de 
Pen­sée. Mais ne trou­ve pas longtemps

le silence espéré. La voix

abdom­i­nale sem­ble haletante,
à bout de souf­fle, en vol sta­tion­naire 
Au-dessus de sa tête. Silence, je t’ai

Longtemps atten­du.
Pour te con­fér­er le titre de “Seigneur 
Des sons”.

  

Des décennies de temps difficiles

“Boum boum” était le bruit des mil­liers de bombes à l’époque de ma naissance

“Cri­i­i­i­i­ii cri­i­i­i­ii” était la berceuse des fusées qui m’emprisonnaient

Rumeur sourde des cadavres en marche 

souf­flés par le spec­tre de la guerre

On a vu ces médailles glo­ri­fiées sur l’herbe fanée des uni­formes dans une cadence sans vie

Ces suites de vers spon­tanées vien­nent d’être com­posées entre deux pôles :

le Viet­nam et l’Amérique

L’en­tre-deux était trem­pé de sang encore taché

               sur les arbres

                               riz­ières

                                              et même les rêves

Sur les bateaux chargés de réfugiés fuyant leur patrie dans une pro­fonde, pro­fonde douleur

Une blessure per­sis­tante qui fait souf­frir la moitié du globe

                               et une par­tie orageuse du siècle

Forme des nappes de sang sur le Paci­fique les jours d’El Niño

               et dans le tsuna­mi de l’Océan Indien

Lais­sant en arrière âmes stu­pides, ressen­ti­ment et méchanceté envieuse

Tan­dis que le smog de l’A­gent orange se mêle à la fumée azurée émanant des cuisines en fin d’après-midi

Les chiffres de Giao Chỉ3, moitié Việt Cộng4 et moitié Việt Kiều5, risquent leur vie

               en marchant sur

                               les ponts his­toriques putrides

Les semis de riz poussent encore sur des chaumes décomposés

On nour­rit encore des fan­tômes qui chantent

Et nous-mêmes mourons chaque jour pour vivre

 

                              30 avril 20056

 

 

Đặng Thân : Où est la modernité ?

Notes 

  1. Note de l’au­teur : J’ai com­posé le poème “A qui sont ces yeux ?” après de longues nuits de détresse insom­ni­aque, tour­men­té par la beauté, le mag­nétisme et la fragilité de l’amour et des êtres aimés déjà aux cieux; le per­son­nage que je tutoie les incar­ne dans leur totalité.
  2. Inspiré par le salut islandais : “Viens heureux” pour « bon­jour », « Va heureux » pour « au revoir ».
  3. Giao Chi : l’un des noms anciens du Vietnam.
  4. Viêt Cong : les com­mu­nistes vietnamiens.
  5. Viêt Kiêu : les Viet­namiens d’outre-mer.
  6. Rap­pel du 30 avril 1975, jour où la guerre du Viet­nam a pris fin.

Présentation de l’auteur

Đặng Thân

Đặng Thân est un poète, auteur de fic­tion, essay­iste et cri­tique bilingue, qui vit au Viet­nam. Il est con­sid­éré comme ” la fig­ure typ­ique de la lit­téra­ture Post-Doi Moi “, et regardé comme ” le meilleur humoriste de tous les temps ” et même comme un ” génie ter­ri­ble­ment bril­lant “.  Mal­heureuse­ment, les prin­ci­paux départe­ments gou­verne­men­taux du Viet­nam et les con­trôles éta­tiques con­sid­èrent que ses œuvres sont ” nuis­i­bles “. De 2008 à 2011 et de 2014 à aujour­d’hui, aucune mai­son d’édi­tion du Viet­nam n’a été autorisée à pub­li­er un de ses livres sans rai­son val­able, et les jour­naux offi­ciels d’É­tat ont reçu l’or­dre de le laiss­er dans l’ombre.

Les œuvres de Đặng Thân ont été large­ment recon­nues et ont mar­qué un tour­nant dans la lit­téra­ture viet­nami­enne. Il est le représen­tant d’une toute nou­velle façon de par­ler, avec des ressources lex­i­cales alter­na­tives, en préférant la con­no­ta­tion à l’usage habituel de la déno­ta­tion. Il est le créa­teur d’un nou­veau style appelé phac-nhien.

La poésie de Đặng Thân a été traduite dans de nom­breuses autres langues étrangères telles que le chi­nois, le français, l’i­tal­ien, le por­tu­gais, l’alle­mand, l’es­pag­nol, le ben­gali, le serbe, le cata­lan et le grec. Jusqu’à présent, sa poésie a rem­porté des prix inter­na­tionaux pres­tigieux : Prix lit­téraire Naji Naa­man 2020, Pre­mio Il Mele­to di Gui­do Goz­zano 2020, Panora­ma Glob­al Award, Cape Comorin Best Poet­ry Award et Pre­mio I Col­ori del’An­i­ma 2021. Il est égale­ment devenu le pre­mier auteur viet­namien dont les poèmes sont exposés et hébergés au Musée mon­di­al de la poésie à Pia­cen­za, en Italie.

Bib­li­ogra­phie

  • Ma Net / Cyber Ghost (2008, Lit­er­a­ture Pub­lish­ers, Viet­nam): Vào rừng mơ, “Thùng thuốc nổ”, Đã 20 mùa thu người Hà Nội, Người anh hùng bất tử, Người thầy của em, Cú hých về nguồn, Người thầy của những tuyên ngôn, Đêm trắng của Nam Việt Vương, “Hiếp”, “Yêu”, ma net, ma nhòa
  • Oth­er sto­ries: Mẩu Thịt Thừa, Bài học tiếng Việt mới
  • 3.3.3.9 [những mảnh hồn trần] / 3.3.3.9 [Frag­ments of Earthly/Naked Souls] (2011, Hội Nhà Văn Pub­lish­ers, Viet­nam) – See: Chap­ter 1, Chap­ter 16, Chap­ter 29, Chap­ter 29, Chap­ter 33, Chap­ter 53 on Da Màu
  • Những kênh bão người/Chan­nels of the Homo Storms – See “Sử thi Ba Bựa/Tam Tài xứ Xích Đạo Thổ” (The Epic of Three Estates) on Da Màu
  • Fac­tum [a] Cave – See i, ii, iii on Tiền Vệ
  • Không Hay / No Sense (2014, Hội Nhà Văn Pub­lish­ers, Viet­nam): Cơn sóng đầu tiên năm mới đến, Quá Nguyên tiêu, Valen­tine lạnh, U…mê, Sáng xuân nay lông chim bay ngoài cửa sổ, Đêm đê…mê, Phố xuân, Tam thập niên nghiệt ngã lắm oh time, E–hèmjaomùa, Một ngày nghỉ, Hạ Huế, Hạ lội, Ngái em, Bức tranh minh họa, Hội phố mộng, KFC, Đêm sương mù trên phố, Sao em chỉ uống cà phê chiều…, Thanh thiền (karaoke zen), Cô đơn em, Văn chiêu [hồn] giời, 6i+Hi vii, Khốc cạn sông hồng/hường, Táo 7 (thất) ngày ngân 7 nốt, Không không, Đồng dao vũ trụ, Cú hých về nguồn, Bần thần, Phố âm u ngày đông, Meo-buồn, Mộng du ký: Xít-ni, ngày mù mùa đông, Met­ro­pol­i­tan Lon­don — Paris — New York — Tokyo, Nước mắt trên sa mạc.
  • OM [Oth­er Moments] (2019, Shab­da Press, USA): AM MOMENTS: New Spring, Moth­er, To God the Earth Is Just a Toy, The Shock to Root, Whose Eyes?, Bathing, A Day Off, Today’s Wh’s, Mul­ti-dimen­­sioned Trance, 04/04/04 0 40, Tears on the Desert, Come and Go Hap­py. PM MOMENTS: Tet Sea­son in Viet­nam, First of the First, Mist­ed with Life, Frozen Valen­tine, hmm­tran­si­tion­alsea­son, BeWIL­Dered­ness, Con­sti­pat­ed for 7 Days 7 Notes Trill, This Spring Morn­ing A Bird’s Pili Tor­ti Are Seen Out­side the Win­dow, Soli­tary Yoi, Decades of Harsh Times, Karaoke Zen, Met­ro­pol­i­tan Lon­don — Paris — New York — Tokyo.
  • TỪ ĐIỂN THI X/X LOẠI [chúng sinh] – See: A, B1 & B2, C1 & C2, D, G1 & G2, J, L1 & L2, M, N, P1 & P2, S1 & S2, V… on Tiền Vệ
  • Thơ Phụ Âm (Allit­er­a­tion): Phụ âm [ân đạo hệ / Khoa lão mẫu thân từ], Xao xuyến & Sung sướng, 6i +Hi i – ii – iii – iv – v – vi…
  • hài ku[l]
  • Thơ Phạc Nhiên
  • Dị-nghị-luận Đồng-chân-dung / Het­­ero-Rea­­son­ings & Homo-Por­­traits, Hội Nhà Văn Pub­lish­ers 2013): Mộc Dục Luận, Kẻ sỹ: Cội nguồn cảm hứng sáng tạo & Xuất xử, Mơ, [Ngồ] Ngộ Ngôn Sư, Đọc Bình Ngô đại cáo (nhân ngày nhà giáo), Tú Xương chỉ có “xướng” và “tu”…?, Vai diễn & Số phận, Bán[h], Về [đại] dịch [ma] thuật, “Tỉu nuận”, Thơ phụ âm (allit­er­a­tion) [& tôi], “Hình như” Từ Chi, Hình như có người “cởi áo” trên Cửa Cấm, Tiếng ngựa hoang…, V[i]ết mật ngôn trên d[r]a, Và đã “phải lòng”, “Quite con­nects”, Mai Văn Phấn & Công nghệ cách tân thơ, “Đoàn tầu ‘Thống Nhất’(hay là ‘quân tử dĩ hậu đức tải vật’)” (on Đỗ Lai Thúy), “Nỗi đau [đáu] của trực giác(hay là tiếng gầm của sư tử)” (on Hoàng Ngọc Hiến), “Nhớ Phạm Công Thiện|Quên Hen­ry Miller”, James Joyce: vầng hồng từ đồng cỏ Ire­land, Bài học tiếng Việt mới
  • Oth­er writ­ings: Hình như là “cởi quần”, Những chuồ/trường đại học (ĐH) khủng vs. ĐH “R”, Gus­tav Mahler – lời tiên tri của chủ nghĩa hiện đại & chủ nghĩa hậu-hiện đại, Julius Cae­sar, Hà Nội 21 cửa ô – Hà Nội 5 cửa ô & Ô Cầu Giấy, Hoàng Kế Viêm và quan hệ với Lưu Vĩnh Phúc, Có một dòng sông “chết lâm sàng”, “Nước mắt trên sa mạc”, Còn lũ nào ác hơn phát xít? (on Pri­mo Levi), “Hành trình cỏ cây xuyên tâm l[iên/inh]” (đọc dọc Thơ tuyển Mai Văn Phấn)

Poèmes choi­sis

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