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février 2020

26fév19h30min20h30minPhilippe Thireau et Gilbert Bourson au Merle moqueurAvec les Editions Tinbad

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Détails de l'événement

Rencontre lecture
MELANCHOLIA et PHASES

 

Philippe Thireau et Gilbert Bourson vous présenteront leur ouvrage respectif, Melancholia, et Phases, parus aux Editions Tinbad. Ils liront des extraits, et seront à votre disposition pour vous dédicacer leur livre et échanger avec vous.

 

Philippe THIREAU a dirigé les services d’un département et des équipes de journalistes à Paris, conjointement à son parcours d’écrivain. Ses précédents ouvrages, Soleil se mire dans l’eau, paru chez Z4 Editions et accompagné de photographies de Florence Daudé, et Je te massacrerai mon cœur, paru chez PhB, sont toujours disponibles en librairie. Melancholia est son dixième ouvrage édité. Les éditions Cabédita (Suisse) viennent également d’éditer un récit historique sur le général Pichegru et ses compagnons déportés politiques en Guyane  à la fin du XVIIIème siècle. Philippe Thireau est directeur d’une collection, La diagonale de l’écrivain, chez Z4 Editions.

 

UN POINT DE VUE DE L’AUTEUR SUR MELANCHOLIA
Dans les silences de l’écriture la vie s’éternise

 

Bernard Noël, dans son livre « Une machine à voir » entame le récit d’un des protagonistes qu’il met en scène par un : « Je ne suis pas assez mort » ! Je ne le suis pas assez non plus, ne le serai jamais assez, c’est bien pourquoi ce texte, « Melancholia », cache le Je (la peur de Je). Je est déjà mort mais il parle toujours dans les silences de l’autre là-bas. De l’autre, du rêve de l’autre. Il n’est même pas sûr que cet autre, que « Melancholia » dit être une femme entièrement en eau, soit bien part à cette histoire. Et si elle était pure invention de ce soldat mourant déjà mort mais pas assez ?

 

Elle là-bas ; une femme en eau, une femme comme toutes les femmes, toutes habitantes du « camping ». Cet espace, métaphore de la vie qui n’est qu’un « pas encore assez mort », s’appelle bien camping : lieu des passages, lieu fragile, le seul véritable. L’innocence cherche, en grandissant dans le désarroi de la mort annoncée, à s’accrocher aux murs : elle ne trouve qu’un mince tissu balloté aux vents et aux pluies. Rien ne la sauvera.

 

Peut-être écrire sauvera. Mais très provisoirement. Encore que. Dans les silences de l’écriture la vie s’éternise. Entre les mots et leur ordonnancement glisse la machine à inventer une autre vie : l’oiseau planeur raconte ce que personne ne sait puisque tous ne sont pas assez morts pour savoir la mort. Clic et clac.

 

Mais pourquoi « Melancholia », ce titre que Claude Minière trouve romantique ? Parce que ! La mélancolie est dans les silences (et les silences sont partout), dans le deuil que nous portons de nous-même entre deux lettres, deux phrases, dans les fissures d’une syntaxe complexe, mère de tous les possibles de l’ailleurs. Cette tristesse est une vie. Je pense que la vie est une maladie du silence.

 

“Phases”, de Gilbert Bourson 

“J’ai toujours été frappé par la charge érotique de l’Iliade. La bataille des mots entraîne souvent celle des images de nos joutes amoureuses. Le couple traverse cette guerre des sexes dont on nous parle souvent et que l’écriture met à jour. Elle ouvre le champ où les corps se rencontrent nus dans la scansion, dans le rythme du désir, s’infligeant la blessure de l’attente que vienne à son terme la petite mort. Mêlant les trois temps de la mythologie grecque (Aiôn, Chronos et Kairos), la joute érotique s’arme chair à chair, se fonçant dans la baie l’une l’autre, l’arme étant en même temps l’arme et le bouclier, le Kairos touffu et le sexe d’Aphrodite.

Le Merle Moqueur

Horaires

(Mercredi) 19h30min - 20h30min

Lieu

Le Merle Moqueur

51 Rue de Bagnolet, 75020 Paris

Organisateur

éditions Tinbad