SENTE  (extrait)

une absence native procède à l’e­space, rien ne manque ; pierre, et trans­parences, dans le jet du temps ; cet amour, ce silence ; ce qui arrive d’herbe, de racine, d’om­bre claire sous la trouée des buis­sons ; d’oiseau de ton pouls dans la lumière ; de danse d’ar­bre et d’air, de sente et de pas ;

une énergie ; emplit, et débor­de ; val­lon­née de ciel et de buis­sons, terre assise, rac­inée, oiseau jeté dans le vent ; alors tis­sée du vert et du nuage, de la sente et du gué ; tou­jours venue à la beauté, à l’in­stant ; jouant l’hori­zon et le soleil, arbre et ronce, et ruisseau ;

une présence, ouvre ; pais­i­ble, où survient toute lumière : trans­parences et cri d’oiseau, pierre sous les feuil­lages, ombre et trou ; que ta main repose sur l’herbe est aus­si son vis­age, infi­ni ; ce rougeoiement des baies, ce ciel-au-dedans, témoin du jour ; ce repos et ce mou­ve­ment d’un corps, vécu par la vie ;

 

DANS LA LUMIERE EN FILIGRANE DE L’OUVERT ( extrait)

et au sein de toutes choses, matière et esprit se réori­en­tent con­tinû­ment vers la réso­nance d’un nou­v­el équili­bre, leur chant est la demeure de l’in­vis­i­ble qui tou­jours se déploie dans le peu­ple­ment des pier­res et des corps, dans la vibra­tion intime de leur présence que poètes nous apprenons patiem­ment à voir, nous lisons de l’u­nivers le poème, et c’est lui qui nous lit, et c’est lui qui nous dit lorsqu’en notre cœur nous dis­ons du poème l’in­finie parole, le chant inin­ter­rompu qui depuis les nues pri­mor­diales forme dans l’éther le vis­age de chaque exis­tence, et nous ten­dons pro­fondé­ment l’or­eille pour accueil­lir du chant sin­guli­er de chaque être du ciel et du sol, et de nous-mêmes, la langue, et poésie orig­inelle, dont nous sommes tous en ce monde le chemin et le voy­age qui sans fin vibrent avec la lumière

 

 

 

 

 

ENTONNE

 

 

Entonne
entonne le chant vivant de l’ouvert
entonne
entonne
c’est le chant de ton voyage
le chant ver­tig­ineux de ton voyage
dans la den­sité des mondes
entonne
entonne
c’est lui ton chemin d’existence
c’est lui ta bous­sole de réalité
chant don­né qui con­duit le souffle
à tra­vers les forges de la matière
chant don­né qui con­duit le souffle
au-delà du temps et de l’espace
chant don­né qui con­duit le souffle
à la bouche de l’ange
chant don­né qui con­duit le souffle
aux tré­fonds du très haut silence
entonne
entonne le chant qui est en toi
ce voy­age de vie
de toutes les nuits
et de tous les soleils
ce chant manifesté
de l’océan des mondes
des paysages millénaires
sculp­tant des mon­tagnes émeraudes
des som­mets écla­tants du soleil
offerts à la neige
des jours qui tanguent
telle une bar­que de lumière à la dérive
des épreuves ini­ti­a­tiques du cœur
dans les labyrinthes de l’expérience
rouges et déroutants
des rebonds ter­ri­bles de colère et de doute
des épines d’une douleur de cauchemars
dar­d­ant les plaies de l’âme
des doigts frais de la lumière
lev­ant les rideaux d’un long sommeil
des étreintes de l’aube étincelante
et du feu naturelle de la joie
entonne
entonne
c’est le chant du voyageur suprême chant
de cette jouis­sance d’être lancée
dans les étoiles chant
du voy­age de l’ouvert entré
dans la danse des seuils chant
d’exploration du vivant éployé
dans l’entrelacs d’amour
entonne
entonne
ce voyage !
ce chant !
ce voyage !
ce chant ! de ton existence
offerte à l’existence
comme elle est à la beauté autant qu’à la boue
comme elle est aux délices autant qu’aux larmes
qui tra­verse les ter­res innom­brables du ciel
comme elle est à l’éternité autant qu’au moment offerte
à l’existence mul­ti­ple de ses vies simul­tanées offerte
à l’ instant de cha­cun de ses pos­si­bles offerte
à ce jeu par­fait de l’immensité consciente
entonne
entonne les mots et le sang du cœur entonne
les formes du voile de l’ombre entonne
les rives flam­boy­antes de la lumière entonne
les sonorités du vase humaine
car c’est ton étreinte céleste des pôles de la vie
c’est ton voy­age infi­ni du chemin du retour
ton chant ému du soufre de l’âme
ton chant ému du caducée du corps
ton chant ému du gui du temps nouveau
vers le cen­tre absolu de toi-même
chant
de ta réal­ité manifestée
dans le miroir des formes
entonne
entonne
entre encore et encore
dans la pro­fondeur de ta matière
car c’est elle seule ici-bas qui te mène
vibrant et solitaire
dans l’espace vivant entre les choses
vers le seuil de ton être
entonne
entonne
du jeu divin de l’ouvert
enchante le monde
enchante le monde