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Jean-Claude Xuereb : A travers la nuit du poème

Par |2018-10-06T08:17:46+00:00 5 octobre 2018|Catégories : Critiques, Jean-Claude Xuereb|

Enjeux de la créa­tion poé­tique chez Jean-Claude Xuereb

1961. Un des sou­bre­sauts de l’histoire arrache Jean-Claude Xuereb à sa terre algé­roise natale, et à tout ce qu’il avait depuis l’enfance per­çu comme un accord immuable des hommes et du monde. La bles­sure en est demeu­rée, gou­ver­nant une œuvre d’exil et de mémoire orphe­line, autant cepen­dant que de célé­bra­tion conjointe de la vie et de la poé­sie, tant un pro­fond sen­ti­ment du tra­gique de l’existence le dis­pute ici avec « une frin­gale à cro­quer l’univers ».

Jean-Claude Xuereb, Ni le jour ni
l’heure,
Rougerie,
67 pages, 13 €

Divisé entre émer­veille­ment et conscience de la fini­tude, le poète confie à la créa­tion poé­tique l’espoir de sur­mon­ter cette déchi­rure en retra­çant les contours de notre condi­tion mor­telle. Il s’attache alors à cris­tal­li­ser les sen­sa­tions et les émo­tions que lui délivre le monde dans un objet de lan­gage inédit, por­teur de la « clar­té native » où bai­gnait le monde de l’enfance.

Mais si Jean-Claude Xuereb se sou­vient que « défiant le des­tin /​ l’enfance dému­nie /​ aspi­rait en secret /​ à maî­tri­ser les mots », le défi est de taille, la maî­trise des mots une lutte incer­taine, l’avancée du poème hasar­deuse tou­jours quand il s’agit, dit Yves Bonnefoy, de faire en sorte que « les mots tracent un che­min vers quelque chose de plus pré­cieux qu’eux-mêmes, le lieu, la pré­sence ».

 

L’oiseau de Braque d’un cri raye l’espace
de la fenêtre
je vois
j’écris
j’essaie de figer dans le trem­ble­ment des mots le pur éclair
de son    pas­sage 

Mais com­ment dire le per­pé­tuel ailleurs de cet oiseau men­tal
qui tra­verse le temps
par la trame déchi­que­tée du hasard ?  AP 9 1

Question lan­ci­nante que celle du « com­ment dire ? » pour qui a fait de la poé­sie l’horizon de son exis­tence. « L’esprit se heurte /​ à la lan­ga­gière cloi­son /​ la vaine réso­nance /​ qu’épuise l’indicible ». Il n’est de recueil où Jean-Claude Xuereb ne s’interroge sur les enjeux et les incer­ti­tudes de la créa­tion poé­tique, tour à tour dou­tant des pou­voirs de l’écriture (« le silence aura le der­nier mot »), puis accor­dant toute confiance, ain­si de Pénélope et de Shéhérazade, à « une parole qui res­taure » :

 

Ô mes sœurs qui pareille­ment
tis­sez le fil et la parole
pour repous­ser l’horreur
et pré­ser­ver l’espoir. VJ 4

 

Mais qu’en est-il avant tout de la fabrique du poème ? Invitant le lec­teur à sa table d’écriture, le poète lui confie le trouble de l’avant-poème, l’appréhension de la page blanche et l’attente fébrile des mots : « Je m’installe dans la chambre chau­lée. Un ter­rible ver­tige tour­noie vers la fenêtre de feuille blanche, sous l’obsession plu­rielle du verbe échouer. Ecoute, luci­di­té, trans­pa­rence, je dénombre les bruits du silence. Au-delà, peut-être, vont sourdre les mots du poème ». La gageure est d’importance, il ne s’agit rien moins que de don­ner au lan­gage le nou­vel éclat grâce auquel renouer avec le monde :

 

Je trans­porte pour tout bagage
les mots dont chaque jour
je m’enchemise
tis­sus lui­sants d’usure 
et les­si­vés de neuf
pour affron­ter l’indifférence
du monde  PT 25

 

Jean-Claude Xuereb,
Passage du témoin
,
Rougerie, 2005, 13 €

 Mais qu’un humble via­tique de mots devienne poème, se pose la ques­tion du rôle de cet objet : « Quel lieu fut-il assi­gné /​ à la fon­da­tion du poème ? /​ est-ce refu­ser à l’oubli /​ ou recom­po­ser un ailleurs ? ». L’œuvre répond qu’elle est cette uto­pie de lan­gage dont les sou­ve­nirs du pays d’enfance sont le ter­reau essen­tiel. Autre ques­tion majeure, liée à la genèse du poème, celle de sa nature : « Le poème à l’instant de naître impose sa par­ti­tion : simple agen­ce­ment concer­té de mots ou expul­sion hors de soi d’un corps auto­nome doué d’étrangeté ? ». Froide hor­lo­ge­rie ver­bale ou enfan­te­ment hor­ri­fique d’un alien ? Le poète donne lui-même magni­fi­que­ment la réponse, évo­quant les étapes de la venue du texte, son pro­gres­sif arra­che­ment à l’informe, la cris­tal­li­sa­tion et le déploie­ment du sens dans d’éphémères demeures de paroles où loger notre désir d’éternité :

 

                    Trajet exal­tant d’une créa­tion, du mag­ma ori­gi­nel

                    à l’irrémédiable soli­di­fi­ca­tion ; assem­blage de frag­ments

                    arra­chés au chaos pour l’ajustement d’un sens ;

                    édi­fi­ca­tion rigou­reuse d’un abri qui puisse défier

                    les orages et dura­ble­ment pro­té­ger ; main-d’œuvre

                    per­fec­tion­niste du désir  AP 1

Marches du temps, publié en 1970, consti­tue le seuil de l’œuvre. Jean-Claude Xuereb s’y donne dès l’abord deux consignes en forme de bref art poé­tique, dont l’implication tra­verse l’ensemble des recueils publiés à ce jour. Il s’agit d’abord de tendre à « dire les choses sim­ple­ment ». « Dire », c’est évi­ter de peser et ten­ter de s’accorder à l’évidence des choses et des êtres, faire des mots l’écho ou le par­fum de leur pré­sence, mieux encore, qu’ils en per­mettent la révé­la­tion.

 

Sous l’averse du jour, un pan de cer­ti­tude se
dévoile sou­dain, me saute au visage. Sa clar­té
ne m’aveugle pas. Il importe, en mar­chant, d’y
ados­ser dura­ble­ment le regard, pour empê­cher
l’éboulis.

Pourtant, le masque d’un buis­son suf­fit à
dérou­ter ma quête, vers l’horizon dépa­reillé,
jusqu’au pro­chain éveil. MT 2

 

 

Jean-Claude Xuereb,
Entre cendre et lumière,
Rougerie, 2008, 13 €

Le pou­voir de cette « averse du jour » est bien celui de la poé­sie, à même de sub­sti­tuer à la confu­sion des choses, comme aux pré­ten­tions de la connais­sance, la « cer­ti­tude » lumi­neuse de leur véri­té. Mais ce pou­voir est éphé­mère et la « quête » tôt dérou­tée. Il faut alors, seconde consigne, conqué­rir la « liber­té de dire, toutes paroles déliées. Etre chaque objet par la tra­verse des mots ». « Dire » en abo­lis­sant la dis­tance qu’impose le concept, renouer avec une parole éman­ci­pée du savoir et de la rai­son (« Petit enfant tes yeux inau­gurent le monde »). Seule « la tra­verse des mots », enten­dons une action sur le lan­gage, une éla­bo­ra­tion sen­so­rielle du texte par l’agencement des termes, le tra­vail des sons, des rythmes et le recours aux images, peut être à même d’établir avec les « objets » du monde le dia­logue d’une inti­mi­té renou­ve­lée.

 

J’entreprends d’élaguer le jar­din sau­vage.
Patiemment, le séca­teur dévoile les branches.
A pré­sent, les noi­se­tiers ont retrou­vé l’espace.
Leurs fruits sont des galets polis par le vent.  MT 7

 

Jardinier minu­tieux à l’ouvrage dans l’épaisseur du lan­gage, le poète s’applique à retrou­ver les formes pre­mières, à faire que les choses retrouvent leur espace ori­gi­nel dans l’espace même de la langue. Ainsi de la méta­phore des « galets polis par le vent », don­nant accès à l’humble véri­té des fruits du noi­se­tier, pro­dui­sant dans l’imaginaire du lec­teur l’essence dis­pa­rue de sen­sa­tions et d’images éprou­vées au temps de l’enfance dans leur éblouis­sante véri­té

 

C’est tou­jours le même poème qui s’écrit
celui d’une mise en demeure du soleil
pour retrou­ver un peu de la clar­té native  R 12-II

 

Voilà donc le défi du poème  en même temps que sa voca­tion pre­mière : bai­gner le monde d’une lumière ori­gi­nelle, de cette « clar­té native » où se révèlent la véri­té et la beau­té des choses. La créa­tion poé­tique est fille du jour, « chaque jour est neuf et le poème com­mence » dans une jubi­la­tion de mots. Jean-Claude Xuereb recon­naît dans le poète un « homme du recommencement/​ détrom­peur de l’oracle » célé­brant dans un même désir et une même allé­gresse la vie et le lan­gage.

 

Dès le pre­mier mot du poème
tremble l’ardeur à dénu­der la beau­té intacte de vivre
[…] voi­ci qu’irradie la joie
d’initier au pre­mier matin du monde DI 7

Cependant le tra­vail d’écriture est mal­ai­sé, semé d’embûches, sou­vent ingrat. Mille obs­tacles sur­viennent qui éloignent tou­jours plus « l’orient secret de la poé­sie », font craindre le taris­se­ment et ins­tallent le doute.

 

Un poème sur­git entre tête et poi­trine
aurait-il le pou­voir de tami­ser l’innommable ?
mais le crible des mots ne retient que sco­ries
et la beau­té s’évapore à tra­vers les mailles AP 15

 

Le poète s’interroge : « Faut-il s’acharner à l’esquisse du poème /​ incan­des­cent de repen­tirs et de ratures /​ sur l’indicible rou­lis des blés dans le vent ? ». Comment dire en effet après tant d’autres le mou­ve­ment des épis sous le vent ? Comment retrou­ver la vision ori­gi­nelle ? Si ondu­la­tions, ondoie­ment, ou « rou­lis » imposent l’image conve­nue des vagues, repen­tirs et ratures ont dû pré­si­der ici à un assem­blage d’assonances et d’allitérations – indi­cible rou­lis des blés– cette sub­tile aura sonore, tout autant que la méta­phore, mor­dant tant soit peu sur l’indicible.

Jean-Claude Xuereb,
Le Désir et l’instant,
Rougerie, 2011, 12 €

Mais com­bien de ten­ta­tives avor­tées, d’égarements et de mirages, quand l’avancée du texte ne peut être que hasar­deuse :

 

Périlleuse cara­vane du poème
en mon­ture et har­na­che­ment de paroles
à la ren­contre de soi
[…] on pro­gresse à l’estime sans l’aiguillon d’une bous­sole
en éclai­reur de soleil et d’étoiles […] à l’orient du hasard  MT

 

Sur le fil du poème
j’avance mot à mot
vers ce que je ne connais pas encore et qui se dérobe aus­si­tôt
pour peu que je n’y prenne garde PT 17

 

A quelles fins tous ces efforts « à tra­vers la nuit du poème » ? Le poète s’insurge : « Pourquoi s’obstiner à trans­crire l’inentendu qui peine en soi », et encore : « Folie de prê­ter /​ un quel­conque pou­voir /​ aux mots que l’on agence /​ sur blan­cheur d’écritoire ». Il doute de l’efficace de ce qui ne serait que « far­deau de paroles tou­jours inac­com­plies », et de l’enjeu de « déri­soires archives ». Nombreuses sont les mises en cause de l’entreprise même d’écrire des poèmes, dénon­çant tour à tour l’impuissance de l’écriture et l’absolue vani­té de tout pro­jet poé­tique.

 

Tellement dému­ni, hors le buis­son de lumières et d’ombres
qu’immobile tu four­rages dans ta tête, espé­rant on ne sait quelle
inouïe flam­bée de paroles DVR 12

 

Ainsi l’écrit par­court en silence la page
au risque de figer la parole et le sens
qu’au bout de l’espace anéan­ti­ra la mort CFE 26

 

Entre révolte et souf­france, c’est ici l’espoir déçu et la ten­ta­tion du renon­ce­ment de qui, pres­sen­tant « l’inutile insur­rec­tion du poème », éprouve l’indigence d’une parole pro­mise à l’effacement. Comme si vivre l’expérience de la poé­sie était vivre l’échec de la poé­sie.

 

Et ton poème retour­ne­ra au néant
car les mots de papier en silence ago­nisent
lorsqu’à jamais s’efface une voix inté­rieure
dotée du pou­voir de leur insuf­fler vie DI 13

 

Mais une sorte d’instinct de sur­vie poé­tique dis­sipe le désen­chan­te­ment, régé­nère la « voix inté­rieure » source du poème et ranime la confiance dans lan­gage de la poé­sie : « La richesse inalié­nable des mots nous a sau­vés ». Amour du lan­gage, ravis­se­ment tou­jours renou­ve­lé devant la sen­sua­li­té et la force d’incarnation des vocables : à tout cela, à quoi le poète rend grâce, s’ajoute l’exaltation née de l’extraordinaire puis­sance onto­lo­gique du poème :

 

Par bon­heur quelques mots résistent à l’usure
sur les lèvres et la langue
leur chair fré­mit
d’une volup­té intacte
soleil… rivage… 
ils disent la jeu­nesse
 inso­lente du monde  CFE 1-II

 

C’est là recon­naître dans la poé­sie le « contre-sépulcre » qu’évoque René Char. Le poète retrouve à tra­vers la langue nou­velle du poème la « clar­té native » du regard que l’enfant, inno­cent encore à la lisière du temps, por­tait sur le monde alen­tour. Comme si le temps et la mort refluaient, un ins­tant niés par  beau­té d’un chant inouï, la perte et l’oubli chan­gés en plé­ni­tude par et dans le chant poé­tique.

 

Aubaine du poème
des yeux lavés d’enfance
convoquent un bal­let
d’insouciants dis­pa­rus 

dans un temps abo­li
c’est la méta­mor­phose
des manques et des deuils
en concerts d’allégresse DI 27

 

Jean-Claude Xuereb s’émerveille de ce miracle et de la puis­sance que  lui accorde l’écriture : « En ce lieu de sur­plomb de ma vie, j’ai sou­dain pou­voir d’inverser les signes. Le fruit remonte à l’arbre, rede­vient fleur ».

 

Poème : conden­sa­tion dans les mots du temps et de l’espace,
par où fusionnent « qui je fus » et « qui je suis »
en « qui je deviens », à l’instant fugace de l’écriture VJ 38

 

S’il s’agit bien de « conden­ser » ce qui de nous se défait et s’échappe, cela ne peut se faire que dans la langue seconde du poème, dans la conca­té­na­tion concer­tée de mots aux impli­ca­tions réci­proques, dont « la mémoire biseau­tée », par une sorte d’irradiation du sens, sus­cite l’imaginaire et appelle à la connais­sance poé­tique du monde :

 

Ecrire : pré­ser­ver du nau­frage quelques éclats
de la pro­fu­sion de lumière et d’instants tra­ver­sés,
inclu­sion de fos­siles dans la trans­pa­rence
à facettes des mots, rou­le­ment impré­vi­sible de dés
pro­je­tés en avant de soi PDC 49

 

Et c’est en véri­té dans le « rou­le­ment impré­vi­sible » des mots sur la page, à tra­vers les pro­prié­tés phy­siques mêmes de la langue, que le poète rejoint, en un ful­gu­rant sur­croît d’existence, « le dire com­mun por­té à sa plus grande inten­si­té », ain­si qu’Yves Bonnefoy défi­nit la créa­tion poé­tique. On voit com­bien le lyrisme de Jean-Claude Xuereb, loin de se limi­ter à l’expression de sen­ti­ments per­son­nels, s’affirme dans une inter­ac­tion de l’expérience du monde, des émo­tions qu’elle sus­cite et d’une action sur le lan­gage.

« Poésie de cir­cons­tance », dit Jean-Claude Xuereb de son tra­vail. Sans doute occa­sion­nelle, témoi­gnant au jour le jour de ren­contres, d’événements, de sen­sa­tions et d’émotions, mais éprou­vée dans l’universalité des cir­cons­tances de la condi­tion humaine. Chacune de ces cir­cons­tances, si le poète s’en sai­sit, est à même de mani­fes­ter l’efficience de la parole poé­tique, sa ver­tu paci­fi­ca­trice et sa puis­sance de res­ti­tu­tion d’un para­dis. Il n’est pas une page de cette œuvre où ne s’inscrive, en fili­grane à la beau­té du monde, l’espoir por­té par ces mots de Camus : « Dans les pro­fon­deurs de l’hiver j’ai per­çu qu’il y avait un invin­cible été ».

Le triomphe de cet « invin­cible été » illu­mine l’émouvante adresse du poète à sa des­cen­dance, léguant à tout lec­teur, en gage d’avenir, l’offrande d’une poé­sie dont nous savons qu’elle apporte un sur­croît de sens et de saveur à notre exis­tence.

 

Enfants […] cette mai­son garante de vos racines veille
tel un bou­geoir confiant sur votre dis­per­sion […]

Le chant des cigales pro­longe le cou­chant
depuis ce lieu de fraî­cheur entre deux chênes
où sont ancrés les repères de vos mémoires

Pour quelques ins­tants rete­nez entre vos mains
une motte de silence de cette terre
où chante la graine des sai­sons à venir 

 

 

 

 


Notes

  1. Les cita­tions sont extraites des recueils parus aux Editions Rougerie : Marches du temps(MT, 1970), Gîte de sang(GS, 1972), Fibres de soleil FS, 1975 (( Homme dilu­vien(HD, 1979), Avance au pré­sent(AP, 1984), Double ver­sant de la ren­contre(DVR, 1988), Redoute(R, 1992), Cette fugi­tive éter­ni­té(CFE, 1996), Pouvoir des clés(PC, 1998), Voir le jour(VJ, 2001), Passage du témoin(PT, 2004), Entre cendre et lumière(ECL, 2008), Le désir et l’instant(DI, 2011).[]

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Jean-Louis Vidal

Jean-Louis Vidal a publié :

–       Jean-Claude Xuereb, Editions des Vanneaux, col­lec­tion « Présence de la poé­sie », 2016, pre­mière étude consa­crée à l’œuvre de Jean-Claude Xuereb.

–       Ce lieu que j’ai choi­si, contri­bu­tion au n° 15 de la revue « Phoenix », consa­cré à Jean-Claude Xuereb, 2014.

–       Préface à une antho­lo­gie bilingue de poèmes de Jean-Claude Xuereb, Editions de l’Université de Veracruz, Mexique, 2018.

 

 

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