l’au­tomne tarde
Guillaume
et je ne suis pas mort
il s’en fut de si peu
je lais­serai le temps faire ses galipettes
quelques guerres
ici
ailleurs
au rebord d’autres mers

une femme bruyère m’ôtera le bandeau
tout autour de la tête
Guillaume
je ne saigne de rien
juste cassé mon rêve
nul ne passe en ce chemin
je ne cueillerai pas
j’i­rai un peu plus loin

 

 

©Jean Diharsce

©Jean Diharsce

il y a l’univers
mon village
où le sang et l’hor­reur tapis­sent le décor
l’in­jus­tice et les races
les vivants qui ont peur
les bombes et les flammes
les enfants et les femmes
le soleil dans l’ozone
la mer qui a monté
la faim la soif
et les tyrans qui prient

 

il y a ce continent
ma rue
où le luxe et le fric tapis­sent le décor
l’in­jus­tice et les races
les bateaux qui ont coulé
les cadavres et les flots
les enfants et les plages
le soleil barbelé
la mer ensanglan­tée les camps de rétention
l’el­do­ra­do la mort
et les élus qui dictent

il y a ce pays
ma maison
où l’in­dif­férence tapisse le décor
l’in­jus­tice et les races
les jeux de tous les rôles
les men­aces et les peurs
les enfants qui mendient
le soleil asséché
la mer et les falais­es les ravines du temps
les ghet­tos le silence
et l’avenir offert à l’ex­trême caché

à paraître en jan­vi­er 2019

il y a cette porte
qui restera ouverte
devant laque­lle un banc
où je te blottirai
pour ne plus avoir froid
il y a cette table
cou­verte de papiers
où nous fer­ons un monde
qui nous ressemblera
et un cou­vert de plus

il y a ce lit
au bout de tant d’horreurs
où je caresserai à en per­dre le temps
à en frôler le beau
à me trou­ver en toi
me pos­er un instant tout dans le chaud de toi
croire encore en demain