> Jean Diharsce, Sur Guillaume

Jean Diharsce, Sur Guillaume

Par |2018-11-05T18:15:20+00:00 4 novembre 2018|Catégories : Jean Diharsce, Poèmes|

l’automne tarde
Guillaume
et je ne suis pas mort
il s’en fut de si peu
je lais­se­rai le temps faire ses gali­pettes
quelques guerres
ici
ailleurs
au rebord d’autres mers

une femme bruyère m’ôtera le ban­deau
tout autour de la tête
Guillaume
je ne saigne de rien
juste cas­sé mon rêve
nul ne passe en ce che­min
je ne cueille­rai pas
j’irai un peu plus loin

 

 

©Jean Diharsce

©Jean Diharsce

il y a l’univers
mon vil­lage
où le sang et l’horreur tapissent le décor
l’injustice et les races
les vivants qui ont peur
les bombes et les flammes
les enfants et les femmes
le soleil dans l’ozone
la mer qui a mon­té
la faim la soif
et les tyrans qui prient

 

il y a ce conti­nent
ma rue
où le luxe et le fric tapissent le décor
l’injustice et les races
les bateaux qui ont cou­lé
les cadavres et les flots
les enfants et les plages
le soleil bar­be­lé
la mer ensan­glan­tée les camps de réten­tion
l’eldorado la mort
et les élus qui dictent

il y a ce pays
ma mai­son
où l’indifférence tapisse le décor
l’injustice et les races
les jeux de tous les rôles
les menaces et les peurs
les enfants qui men­dient
le soleil assé­ché
la mer et les falaises les ravines du temps
les ghet­tos le silence
et l’avenir offert à l’extrême caché

à paraître en jan­vier 2019

il y a cette porte
qui res­te­ra ouverte
devant laquelle un banc
où je te blot­ti­rai
pour ne plus avoir froid
il y a cette table
cou­verte de papiers
où nous ferons un monde
qui nous res­sem­ble­ra
et un cou­vert de plus

il y a ce lit
au bout de tant d’horreurs
où je cares­se­rai à en perdre le temps
à en frô­ler le beau
à me trou­ver en toi
me poser un ins­tant tout dans le chaud de toi
croire encore en demain

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