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J’en appelle

Par |2018-08-20T23:08:30+00:00 27 mai 2012|Catégories : Blog|

 

                                                      à Matthieu Baumier
 

S’il est tou­jours minuit en ce siècle
A la ker­messe des étoiles
Le meilleur est encore à venir
Les épi­ciers du cœur tiennent bou­tique
Sous le bec des vau­tours
La chair quitte les os
Ce monde est un vaste char­nier
Les hommes cherchent en vain leur ciel
Dans le  regard vitreux des autres

Pour que le coq puisse annon­cer l’aurore
J’en appelle aux clowns et aux pro­phètes
Aux bate­leurs, aux rêveurs, aux jon­gleurs
Et au cœur de soleil des forains
Il faut replan­ter l’arbre  de vie
Dans l’humus des cœurs
Avant que l’océan de la mort
Engloutisse la terre où, êtres sans des­tin,
Nous errons en quête de notre Orient  

On ne pour­ra  plus dor­mir tran­quille
Tant que l’on n’aura pas les yeux ouverts
Restent le cou­rage et la luci­di­té
Pour aimer en der­nier recours
Notre  réa­li­té est plus grande que les illu­sions
Nous savons  que nos  jours sont comp­tés
Nos colères rouges doivent refleu­rir
Bien que les coque­li­cots soient éphé­mères
Afin de par­ta­ger le beau  pain des forts et des sages

Pour que la sève irrigue nos branches
J’en appelle aux buveurs de lune,
Aux alchi­mistes du verbe qui allument
Des soleils d’or au cœur de la nuit
Aux conqué­rants de la Toison d’or,
Aux guet­teurs de l’invisible et de l’indicible
Aux cher­cheurs de Graal et aux fils du vent
Aux cra­cheurs de mots de feu
Et aux pro­fes­seurs d’espérance 

S’il est encore minuit dans ce siècle 
A la ker­messe des étoiles
Le meilleur est tou­jours à venir
J’en appelle à vous, Nobles Voyageurs
Qui tra­ver­sez  l’espace et le temps
Moi, qui suis un arbre en marche
Dont les racines sont dans le ciel
Je  m’en remets à vous, Merlin et Mélusine
Et vous, mes sem­blables, que la poé­sie vous  garde…

 

[poème inédit]

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