> Laure Delaunay, Poèmes.

Laure Delaunay, Poèmes.

Par | 2018-06-05T14:02:04+00:00 3 juin 2018|Catégories : Laure Delaunay, Poèmes|

Chemins de tra­verse

Sur une brin­dille

J’ai mar­ché d’un coup sec.

Un jour est né.

Puis j’ai recom­men­cé.

 

 

Extrait de « Reliefs lyriques »

 

 

Le bijou d’enfant

Avec beau­coup de soin, les enfants observent les bre­loques, petits bouf­fons joyeux.
Sans doute
lisent-ils dans ces objets futiles l’espérance de deve­nir aus­si beaux que leurs
parents ou bien
pensent-ils pro­fon­dé­ment à ce que sera plus tard leur vie et ces déri­sions
cris­tal­li­sées servent de
sup­port à une rêve­rie sublime.
Perdre un bra­ce­let rose ou une bague plas­tique est un grand drame
car ils ont fait tom­ber
dans la mer du temps un brin d’eux-mêmes, un peu d’amour.
Grandis, ils
s’accrochent à ces clefs qui leur ouvrent les portes des déli­cieux songes et
dési­rent recon­qué­rir un
peu de cette poé­sie qu’ils avaient éga­rée dans un flux pour eux alors trop puis­sant. Ils veulent
retrou­ver un bout de leur éter­ni­té.

 

Le col­lier

Quelques mer­veilles dansent. S’accrochent. S’appuient. Se posent.S’abritent. Nichent. Dorment.
Logent. Se déploient. Jouent une mélo­die de pia­no. S’offrent. Savent se taire.

 

Deux extraits des « Bijoux cise­lés »

 

Le dau­phin

L’ondée avive le ver­tige.

Pourtant le souffle ne per­turbe ni l’allant ni la courbe. Se nour­rit d’air, de bouf­fées et d’une vague.

Voltige, est prince, une bras­sée d’écumes.

Respire, jet d’air, et accom­pagne l’autre en sa trouée, en sa pro­me­nade, lui est ami, berce ses flots de rires.

L’aileron navigue, arron­dit la sur­face. Profond soleil, léger bam­bin.

Aller là où luit l’eau.

Et décou­vrir, intense, l’espace, le loin. Fendre alors les mers, cares­ser l’horizon à une touche, y pui­ser l’espoir d’être tou­jours et infi­ni, le pre­mier. Avant-gar­diste ? Anachronique. Et uto­piste. Le pion­nier ne laisse pas de sillon.

D’un bond gagner le large et se sou­ve­nir comme d’un tré­sor de la main croi­sée au bas de l’esquif.

Frère d’un jour, fur­tif. A l’âme éphé­mère. A l’élan tem­po­rel. Au flux par­fait.

Liberté belle.

 

Extrait de « Mes ani­maux doux »

 

Etoiles roses

Modulations du son

Dans un che­min abs­trait,

Partir et

Là-haut attire

L’idée, le sen­ti­ment.

Montée, expé­rience

Du grain et du plein

De la vie retrou­vée

Sans voix mais exta­siée

L’amour en flèches comme points de fuite.

 

Extrait de « Tendresse des astres »

 

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