> Laurence Chaudouët, Ta seule mémoire

Laurence Chaudouët, Ta seule mémoire

Par |2018-09-05T10:51:22+00:00 4 septembre 2018|Catégories : Laurence Chaudouët, Pierre-Watson Charles, Poèmes|

Comme une pro­ces­sion de lents tau­reaux de bronze

L’obstination de la terre aux semelles

J’irai jusqu’au che­min des veines cris­tal­lines

Au souffle minus­cule dans le brouillard loin­tain

Presque invi­sible et ta seule mémoire

 

 

Derrière les murs du jar­din de Jouarre les arbres
            étaient por­tés par une grâce légère

Les feuilles silen­cieuses ouvraient un che­min dans la pierre
au loin sur de pro­fonds por­tiques

Mon ombre très loin
sui­vait le mou­ve­ment sou­ter­rain des feuilles

Et c’était là
une douce vision de la mort

 

 

C’est dans ton pas que mon pas se fait

Il n’est pas le tien il n’est pas le mien
            Ensemble pour­tant ils s’unissent

Il n’est plus per­mis de prendre les che­mins de terre
             Où le souffle se change en cris­tal

Plus une seule trace pour les yeux

Comme mes yeux sur ton visage
Ne voyaient plus de marques

Et comme
Je n’entendais plus de plaintes

Je ne vois plus n’entends plus que je t’appelle

Nos pas se font pas à pas ensemble

 

 

Il ne cherche pas de l’amour
(ce serait se nier lui-même)

Cet amour qui est de la terre de la lumière et de l’eau !

 

 

Nuit boréale dans le milieu du jour
Toute chose usée par une ardeur blanche
Dont aucune n’est déchif­frable

En glis­sant rien ne marque
Ni la trame aigui­sée des pen­sées les plus pures

Mais après le silence de craie
On entend une musique
Prisonnière d’une chair invi­sible

 

 

Mes mots sont des pierres de sable et l’invisible cour­sier du silence
les accom­pagne

            Nulle part le tamis n’est si fin que le silence ne puisse l’emplir

            Les mots s’arrêtent à toi seul à toi pour jamais

Il n’est de silence plus insai­sis­sable que la pierre où toute chose se replie et s’absorbe
            Sans atteindre le plus petit atome

            où le sai­sir minus­cule là où ton absence dure
            Toujours sem­blable et jamais la même

            Mais je t’aime sans nulle limite et quand je te parle le monde me répond
            Par ton absence de parole     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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