> Laurent Robert, Leçon, Ithaque

Laurent Robert, Leçon, Ithaque

Par | 2018-06-03T18:26:36+00:00 3 juin 2018|Catégories : Laurent Robert, Poèmes|

Leçon

 

J’écris poèmes déri­soires

Pour être sûr d’avoir ouvrage

À mon actif non pas notable

Mais exis­tant pour une heure ou

Des siècles tels Claude Guichard

Pierre Mathieu Nicolas Favre

Poètes pri­vés d’illusions

Ciseleurs sans ave­nir autre

Que fils ou fille à qui apprendre

Bonne leçon de vani­té

Lecteur impro­bable des temps

Futurs se bâtis­sant morale

Pour soi seul connais­sance au gré

Des vers len­te­ment agen­cés

J’écris poèmes déri­soires

Car je pré­fère être oublié

Poète que père ou amant

Un jour mes mots sor­ti­ront d’un

Tiroir pour l’ennui ou la joie

Postérité de jeunes filles

Hâves d’érudits rétro­grades

 

Ithaque

 

Dans un col­loque dis­cou­rant

Sur de locales écri­tures

Je pense à l’étudiante grecque

Incapable de suivre mon

Verbiage non loin du der­nier

Rang et de l’assoupissement

Elle seule au fond est vivante

Avec le bon som­meil qui gagne

Ses pau­pières alan­guit sa

Poitrine sous le che­mi­sier

Un sur­saut est venu peut-être

Au nom d’Ithaque pro­non­cé

Ithaque sur Haine et sur Trouille

Styx cou­lant dans ce noir pays

Sombre bouillon d’heure quel­conque

Fatal potage des ratés

Au nom d’Ithaque elle s’éveille

Ni aveugle ni grec Homère

S’appelle Franz Moreau poète

Un tan­ti­net décou­ra­gé

Toute lumière toute vie

Elle n’entend ni ne voit goutte

Elle ne res­sent pas Hypnos

Lui tou­cher dou­ce­ment l’épaule

X