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Les Radeaux bleus et autres poèmes

Par | 2018-05-24T15:49:20+00:00 18 avril 2016|Catégories : Blog|

 Les radeaux bleus

 

 

Il est des heures, Il est des cris,
Il est des jours, Il est des nuits
Où le sang revient à ses rêves de mer,
A ses sèves célestes enfouies,
Pour nous offrir des par­che­mins
Qui redonnent leurs cou­leurs
A nos bai­sers, à nos cœurs, à nos mains
Et, à nos caresses, leurs fruits
De pin­ceaux en fleurs,
En échos d’appels à nos amours bleuies,
En rou­leaux d’immenses cieux
Tantôt joyeux, tan­tôt meur­tris,
Tantôt radieux, tan­tôt gris
Où se retrouvent les pleurs
Et les rires de nos yeux,
Entre enfer et para­dis,
Entre ago­nie et tableaux bleus,
Radeaux de sur­vie !
Il est des heures, Il est des cris,
Il est des jours, il est des nuits
Où le sang revient à ses rêves de mer,
A ses sèves ter­restres enfouies,
Où les cou­leurs, pour le grand bleu,
De mille feux, rechantent la vie !

 

in ” Le souffle des res­sacs “

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Morte étoile

 

 

 

Ce jour-là,
Les vagues reje­tèrent la palette.
Seule la dune bou­gea,
Offusquée.
Les bar­bares rirent
Et cra­chèrent
Les der­nières étoiles
Comme des dents ensan­glan­tées.
Les rivières des sou­ve­nirs
Charriaient leurs mort-nés
Enveloppés de haine et de cou­teaux.
Les leçons des méandres reprirent
Sous les mottes des glaises
Et les mots d’amours sus­pen­dues
Aux hanches de nuits
Aux ori­gines des pas
Reprirent les cou­leurs des regrets,
Squelettes sif­flant d’azurs las
Et d’ouragans fanés.
Lunes écos­sées,
Jours désha­billés de solaire soli­tude,
L’incarcération de l’incinérée toile,
Morte étoile !

 

 

in ” Le souffle des res­sacs “

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Fusion

 

 

 

Je marche vers toi,
Sur le tapis de cendres
Des pigeons sacri­fiés.
Je tends ma main avec toi
Vers le nom­bril éteint de la lune écla­tée.
Je viens à toi
Pour fondre dans les flammes de nos soleils
Grimpant
Jusqu’à la der­nière goutte de sang de nos rosées.

 

in ” Arpèges sur les ailes de mes ans “

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Femmes !

 

 

 

L’impossible ne peut être femmes !
Nous aurons tou­jours la taille de nos rêves !
Nous rejoin­drons, de notre flo­rale impa­tience,
Dans la lumière de nos espé­rances,
Le suc flam­boyant des étoiles
Et le rire assour­dis­sant des dan­santes comètes !
Nos fièvres habillées des houles des nais­sances
Nous offri­ront, comme tou­jours, tout ce temps
Pour tis­ser, dans nos pro­fon­deurs ailées,
Tous ces fruits volants de l’amour
Qui naissent et s’abritent au creux de nos reins,
En amples sai­sons tra­cées au miel des matins,
S’élevant des caresses de nos mains !
Femmes !
Flammes d’amour et de paix !
Ecrites par tous les élé­ments,
Nous réchauf­fons, de nos racines,
Toutes ces tiges d’or qui poussent
Couronnées, dans la mousse de nos rêves,
Par les ascen­dantes douces gerbes ailées de notre sève !
Femmes !
Le pos­sible est aus­si femmes !

 

in ” Le souffle des res­sacs “

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Arbre ! 

 

 

 

Tu es tou­jours là où se confondent 
En ver­ti­ca­li­té sonore, 
En hori­zon­ta­li­té ailée, ton or 
Et l’air don­né à la feuille de vie néces­saire, 
Extension vitale pour les pas de nos envols, 
Fraîcheur de tapis déployée en arcs d’accueils 
Où médite l’oiseau 
En ses retours stel­laires de danses 
Pour que l’eau puisse encore ger­mer, 
Dans ses silences mul­ti­co­lores, 
Au par­fum de nos ren­contres. 
Arbre ! Tu nous offres tou­jours 
Le sang de tes sou­ve­nirs 
Et tes nerfs dans les cieux de tes sou­pirs !

 

 

in ” Le souffle des res­sacs “

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

La sym­pho­nie errante

 

 

 

Je cherche mes ral­longes tel­lu­riques,
Mes incom­men­su­rables sphères
Dans les dila­ta­tions de l’exil,
L’ombre ivre de ma soif
Dans la sèche­resse de l’arôme som­nam­bule.
Je cherche mes impré­ca­tions
Creusant les sillons du retour
Contre les serres des vau­tours,
Ton ombre aux aguets
De cet éveil cin­glant
Erection du soleil
A la sym­pho­nie errante du dro­ma­daire !
Je cherche le râle écla­té
De mes ver­tèbres lyres en délire,
S’étouffant de leurs notes dépor­tées,
Mes sou­pirs ton­nant de bleus fuyants
Dans l’inatteignable voyage
De ce papillon qui s’éreinte
En pour­suites tré­bu­chantes,
Au-delà de ses rêves bri­sés !
Je rêve de comètes,
D’astres flam­boyants,
De méduses lunes
Ouvertures trans­pa­rentes
Des inex­tin­guibles pro­fon­deurs !
Je rêve, muet,
Dans la soif de tes pas,
Sur les sables du voyage
Auquel je t’invite vers les prai­ries rouges
Et leurs feux bleus !
Ô muse de mon départ !
Astre scin­tillant
Sur les lèvres ouvertes des vagues !
Il n’y a plus de toits !
Pluie d’encens rouge
Sur tes seins embau­més
Dans le lin­ceul de l’extase des ren­contres cré­pus­cu­laires !
Viens de mes reviens fati­gués !
Je te prê­te­rai les ailes imma­cu­lées
De mes Icare exi­lés.
Je te mon­tre­rai
L’axe de l’impact plu­riel,
L’agonie du cogi­to car­ni­vore,
Ce man­teau d’erreurs spec­trales !
Viens !
Accroche-toi aux tiges sans amarres
De cette forêt écla­tée !
Reviens de mes viens
Qui valsent dans l’aube
Des intra­dui­sibles fer­men­ta­tions !
Nous écri­rons la gran­deur du menu moi­neau
Echeveau des sens tri­an­gu­lés !
Cet azur qui nous appelle
Nous retrace dans nos fibres de nou­veau-nés !
Reviens
Au com­mun des immor­telles mésanges assoif­fées.
Je te com­po­se­rai,
Sur le cla­vier des esca­liers,
Une sym­pho­nie qui te mène
Jusqu’à mon per­choir d’exilé.

 

 

in “Arpèges sur les ailes de mes ans”

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Promesse

 

 

 

De mes veines,
Mon ami l’oiseau,
Je te construi­rai une cage
Sans porte ni bar­reaux
Où, libre­ment, tu chan­te­ras
Tes chaudes mélo­dies !
Je t’offrirai de vastes champs fleu­ris
Arrosés de douces flam­bées de soleil
Qu’aucune serre de vau­tour n’effraye
Et tu pas­se­ras,
Libre, fier et fort,
Sous l’arc-en-ciel mul­ti­co­lore,
Pour dan­ser, jusqu’à l’aurore,
Sur les rythmes de mes veines-lyres
Qui t’apprendront à rire
De tous les tyrans et leurs sbires !

 

 

in “Arpèges sur les ailes de mes ans”

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Roses des bivouacs

 

 

 

Sauras-tu être ce pont de lumière
Où étin­cel­le­ra l’étoile des amis,
Pour réveiller en chant
Ce feu d’amour qui, sans cesse, en toi, luit
Mais que, tou­jours, hélas, tu fuis ?
Jette donc cette hor­rible chaîne de haine
Qui te souille, à la rouille de l’oubli !
Tu ne t’envoleras jamais, ami,
Si tu ne sais qu’être enne­mi !
Sauras-tu libé­rer les roses des bivouacs en rires
Pour lais­ser les anges de l’aube fer­tile fré­mir
Et plan­ter les champs solaires
De mil­liers d’arbres frères ?
Leurs racines ont soif de danses.
Chante leurs fruits en transe,
Apprends, de leurs longues nuits,
Comment offrir, à la paix, les nids
D’où s’élèveront, radieuses à la vie,
Les sèves des plus belles sym­pho­nies.
Ecoute-les dans le vent te libé­rer, toutes ravies,
Des épines de la haine qui te cru­ci­fient !

 

 

in « Le souffle des res­sacs »

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Les obs­curs

 

 

Paix aux âmes des vic­times de l’obscurantisme

Ils ont cou­su des lin­ceuls aux mots 

Et ten­du leurs pièges aux chants des oiseaux 
Passeurs de lumière.

Ils ont cou­pé les ailes des étoiles,
Pour en faire des fouets
Contre les cris vrais.

Ils ont taillé les ronces les plus folles
Pour ensan­glan­ter, avec, l’aube des voya­geurs
Et cru­ci­fier leurs danses d’amoureux.

 

 

in “Le souffle des res­sacs”

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Retisser mon cri

 

 

 

Ton absence ! 
Mon éter­nel des­tin ?

Comment déchi­rer le miroir
Pour réunir nos deux rives ?
Quelle étoile
Saura retis­ser mon cri
Pour te dire mon visage
Et toutes les ques­tions de mon voyage
Vers toi ?

Quand cueille­rons-nous ensemble
Cette fleur céleste
Qui nous nour­ri­ra de son lait vrai ?

Ton absence !
Quand nous réveille­rons-nous
Au creux de la même barque,
Sur la vague d’un même rire sans fin ?

 

 

in “Le souffle des res­sacs”

 

 

 

 

 

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