> Passage en revues Autour de : Le Journal des Poètes 1/​2015, revue Cabaret 12 et 13, Revue Alsacienne de Littérature 122, Traversées 75

Passage en revues Autour de : Le Journal des Poètes 1/​2015, revue Cabaret 12 et 13, Revue Alsacienne de Littérature 122, Traversées 75

Par |2018-10-16T19:04:23+00:00 20 avril 2015|Catégories : Revue des revues|

 

Passage en revues

Autour de : Le Journal des Poètes 1/​2015, revue Cabaret 12 et 13, Revue Alsacienne de Littérature 122, Traversées 75.

 

 

L’ami, poète et rédac­teur en chef du Journal des Poètes, Jean-Luc Wauthier nous a quit­tés il y a peu. Poursuivre l’aventure de cette belle revue à laquelle il tenait tant, lui don­nant bien du temps − à la revue c’est-à-dire à la poé­sie contem­po­raine, est la meilleure façon de rendre hom­mage à l’homme/poète Jean-Luc Wauthier. C’est à cela que s’attachent Yves Namur (Le Taillis Pré est deve­nu l’éditeur du Journal des Poètes), Philippe Mathy, Jean-Marie Corbusier et l’ensemble des col­la­bo­ra­teurs habi­tuels de la revue. Les récents moments n’ont sans doute pas été humai­ne­ment aisés, nous tenons à dire à tous ceux qui agissent au sein du Journal que nous sommes ami­ca­le­ment à leurs côtés. Et en pre­mier lieu pour dire clai­re­ment : si l’on aime la poé­sie et les revues sérieuses, il faut lire le Journal des Poètes (et s’y abon­ner car l’abonnement est le gage de la conti­nui­té d’une aven­ture poé­tique, laquelle est par défi­ni­tion fra­gile – tant dans le domaine des revues que dans celui des édi­tions). Il m’est d’autant plus facile d’affirmer cela que le numé­ro que j’ai en mains, le pre­mier de l’année 2015, est une réus­site exem­plaire avec, en par­ti­cu­lier, un dos­sier consa­cré par Michèle Duclos (dont il faut dire le tra­vail de pas­seuse !) à deux poètes tibé­tains en exil, Palden Sonam

 

Le Tibet est mon pays des neiges
Loin à l’horizon
très haut
pics blancs et plaines vertes
mon pays me manque
la tente noire près de la rivière bleue
prai­ries à perte de vue tache­tées de yaks
joyeuses col­lines étoi­lées de mou­tons

(…)

 

Le poème en son entier s’intitule « Nostalgie », et ce poème ouvre le dos­sier. Cela est impor­tant, notam­ment pour ceux qui par­mi nous se regardent un peu trop le nom­bril sans guère avoir mis les pieds ailleurs (le tou­risme ne fait pas le voya­geur réel). La vie de ce monde, dure, vrai­ment dure, est celle de ces lieux sans pou­voir popu­laire, ces espaces où l’on gagne en moyenne un euro par jour. En tra­vaillant et en étant réel­le­ment oppri­mé. Dans Recours au Poème, il nous arrive de signer des péti­tions mais avant de signer nous avons tou­jours cela à l’esprit. Par simple et mini­mum res­pect vis-à-vis des autres êtres humains que nous (ou nos egos, terme au choix).

Plus loin, dans un autre poème :

 

Je me sens trop loin de chez moi,
Marchant seul dans une rue étran­gère.
Des gouttes de pluie dansent ici et là.
Mais les larmes tombent par­tout.

 

La poé­sie de Palden Sonam est belle, pro­fonde. Intérieure, depuis le loin­tain exil. Une décou­verte que les quelques poèmes don­nés ici à lire. Tout comme ceux de Loten Namling :

 

Quand j’étais petit je contem­plais
Les yeux pleins de larmes de mes parents ché­ris
Au milieu de la tris­tesse je voyais la Vérité
La Vérité d’une nation
Esprit si pur et si libre.

(…)

 

C’est qu’il y a des sou­ve­rai­nismes qui ne sont pas insen­sés.

La revue pro­pose ensuite, comme à son habi­tude, de fortes paroles en archi­pel : Anne Lorho, Dirk Christiaens, Jean-Pierre Sonnet, Xavier Forget, Anne Dujin et Denis Cardinaux ; ain­si que des « voix nou­velles », en la voix d’Aurélien Dony. Le tout accom­pa­gné de chro­niques et de nom­breuses notes de lec­tures signées de plumes cri­tiques que l’on aime, ici, à retrou­ver régu­liè­re­ment dans les pages de ce beau Journal. Sans oublier la revue des revues d’Yves Namur consa­crée cette fois aux revues Arpa et Phoenix. On vous le disait, c’est quand même un lieu de très haut goût.

 

Le Journal des Poètes
Contact : Jean-Marie Corbusier, à cette adresse mail
neuforgedominique@​skynet.​be

 

 

Petite (en appa­rence phy­sique seule­ment), la Revue Cabaret est une revue que je découvre tan­dis qu’elle atteint ses 12e et 13e numé­ros. Dans un format/​carnet, son direc­teur Alain Crozier pro­pose pour chaque numé­ro des textes liés à un thème. Ici, « A nor­thern Soul » puis « Les pou­pées russes ». On peut lire, avec bon­heur, des textes d’auteurs et de poètes, femmes et hommes, comme Patrice Breno, Eric Dejaeger, Christine van Acker, Delfine Guy, Jo Hubert, Alienor Debrocq, Caroline Cranskens, Paul Badin, Cécile Odartchenko, Muriel Carrupt, Annie Hupe, Anne-Lise Blanchard, François Szabowski et Olga Sokolow. De cette der­nière :

 

Allez buvons ensemble
À la nuit ano­nyme

 

 

Et en effet, la poète me semble avoir rai­son, c’est la plus belle des nuits.
Une aven­ture poé­tique dis­crète et bien inté­res­sante que l’on vous recom­mande chau­de­ment.

 

Revue Cabaret /​ Le Petit Rameur
31 rue Lamartine.
71800 La Clayette
France
www​.revue​ca​ba​ret​.com

 

 

La revue Traversées, dame attei­gnant son 75e numé­ro à rai­son de quatre numé­ros par an, livre ici un numé­ro mas­sif, tant par ses 180 pages que par son conte­nu. Son ani­ma­teur prin­ci­pal, Patrice Breno, écri­vain et poète, tra­vaille avec achar­ne­ment à pour­suivre une aven­ture aujourd’hui recon­nue, avec l’aide d’autres tra­vailleurs de la nuit poé­tique, comme Paul Mathieu ou Xavier Bordes (entre autres). Ce 75e numé­ro, titré « hai­kus », démarre par un long texte fai­sant le point sur ce que sont haï­ku, haï­bun et haï­ga, signé David Colling. Viennent ensuite près de 50 textes ou haï­kus don­nés par des poètes de diverses lati­tudes proches. C’est une fort belle manière de per­mettre la décou­verte et l’actualité (la « mode » s’interroge-t-on dans la revue) de l’écriture de haî­kus. Gageons que nombre de lec­teurs de Traversées, une fois lec­ture plus que plai­sante faite de ces pre­mières pages, décou­vri­rons ensuite ce que sont haï­gas et haï­buns. La moi­tié du numé­ro est consa­crée au dos­sier, et l’on ne peut que remer­cier Patrice Breno et ses amis car c’est un ensemble de belle fac­ture. L’autre moi­tié de la revue, sobre­ment inti­tu­lée « Et aus­si », pré­sente poèmes et textes de divers auteurs/​poètes contem­po­rains, dont les voix d’Evelyne Charasse, Marie-Josée Desvignes ou Martha Iszak (mince, je n’ai cité que des femmes… Je vais encore me faire taper sur les doigts pour sexisme). Traversées est très bonne revue.

 

Traversées.
C/​O Patrice Breno
Faubourg d’Arival 43
B-6760 Virton
patricebreno@​hotmail.​com

       

 

 

La Revue Alsacienne de Littérature consa­crait son numé­ro 122 aux « uto­pies ». La chose est deve­nue osée, en géné­ral et en poé­sie en par­ti­cu­lier. Un sacré dos­sier ! Où l’on retrou­ve­ra, par­mi d’autres, les voix de Pierre Dhainaut, Anne-Marie Soulier, Karlheinz Kluge, Jean-Claude Walter, Paul Schwartz, Michèle Finck, Claudine Bohi, Fabrice Farre, Eva-Maria Berg, Laurent Bayard, Françoise Urban-Menninger… poèmes et textes, le tout enca­dré par des œuvres de Lucia Reyes.

Dont, ceci de Paul Schwartz :

 

Il ne s’agit pas d’arriver mais de prendre le che­min

                  faute de la fin les moyens

                                                un point c’est tout

 

Un très bel ensemble mêlant poèmes bilingues français/​allemand, poèmes en fran­çais et poèmes en alle­mand, comme il est de tra­di­tion en ce lieu.

La par­tie « voix mul­tiples », envi­ron la moi­tié du volume, donne à lire des auteurs et/​ou poètes comme Régine Detambel, Martine Blanché, Daniel Martinez ou Samuel Dudouit. Viennent des essais dont le texte d’Alain Fabre-Catalan consa­cré à Georg Trakl, poète assu­ré­ment trop peu lu aujourd’hui. Une revue à décou­vrir, vrai­ment, si ce n’est déjà fait.

   

Revue Alsacienne de Littérature.
Les Amis de la Revue Alsacienne de Littérature
BP 30210
65005 Strasbourg
ral@​noos.​fr

 

 

 

 

 

 

 

 

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