La fiancée du pirate
le chant qui s’élève
est une voix qui troue l’espace
et le fait trembler

je me sou­viens de Chant pub­lic
devant deux chais­es électriques
c’é­tait début soixante-six
Pia Colom­bo jouait Union maid
le sou­venir me déchire encore
comme un écho de Woody Guthrie
elle chan­tait deux chansons
que le théâtre était beau
j’ai tou­jours le livre de Gatti
dédi­cacé de deux têtes de chats
et c’est la même nuit
de sueur et d ‘ago­nie

puis ce fut
Grandeur et déca­dence de la ville de Mahagonny
et ensuite
le réc­i­tal Bertolt Brecht et Kurt Weil
j’é­coute encore le disque
je n’ai jamais vu
Il faut rêver dit Lénine
mais je rêve toujours
aujour­d’hui que la nuit
de sueur et d’agonie
sem­ble recou­vrir le monde

pas de nostalgie
mais la rage et la hargne
d’en­cor dur­er sans me renier
I’m stick­ing to the union ’til the day I die
la nuit de sueur et d’agonie
se déchire
Pub­lic song before two elec­tric chair
fut joué à Los Angeles
pour com­mencer le millénaire
sans Pia Colombo

et le passé revient au jour
à l’or­dre du jour

mais un soir il y aura des cris dans le port
et on dira : Que sont ces cris-là ?