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Yves Giry, Franchissement et autres poèmes

Par |2019-01-03T15:17:46+00:00 4 janvier 2019|Catégories : Poèmes, Yves Giry|

Franchissement

 

Au tour
Hauteur comme l’aube sans bruit
Atouts aux cou­leurs de la carte déli­rante
Celle qui affran­chit le jeu
Sans nom
Dépassement des rôles
De la figu­ra­tion

Allant tour à tour
A cloche pied
Du ciel à l’enfer
Dans l’échiquier de l’être
Le lan­ceur de palets
Se trans­forme
En alerte dan­seur

Détour
Dans le sin­gu­lier du méandre
Là où le fleuve s’enhardit
Delta où les rives s’abandonnent
Inondant les rêves
La poé­sie lue
Par une jeune fille de qua­torze ans
Renverse le miroir de nuages

Contour
Estampe empor­tée
Par le fris­son des amants
Où êtes-vous dans la mémoire du sen­sible
Le regard en ombre por­tée
Se fixe à la lisière
En cette immo­bi­li­té
Où se per­çoit la geste
Des cœurs
La sen­so­ria­li­té excen­trique
Aboie
S’ébroue
Boit
Broie
A bas bruit se brise sur le bord des embruns de brim­bo­rions bros­ser
en brin­de­zingue bro­der de brumes bigar­rées de béryl de blush bis­trés
de zin­zo­lin

Semence affran­chie
En rhi­zomes éga­rés en man­grove
L’échappée belle

Retour
L’incomplet jamais
N’abolira le hasard
Un soir
Me sou­ve­nir de vous
Je le veux
J’habillerai le décor
En lise­ré
De lini­ments opa­lins
De bois de jade
De lapis lazul­li
Et de poudre de cornes d’ornithorynque
Pour accos­ter dans une nuit
De blan­dices
Me sou­ve­nir de vous
Je le veux
Dans l’éphémère
D’une encre de chine
Ciselée dans la peau d’un homme
De pas­sage

Détour
Filigrane
Centaure en chants
Des transes ances­trales
Dans le dépas­se­ment
De toutes les ivresses
De tous les excès
En ce fran­chis­se­ment
Vers l’inconnu de soi
L’extase aux mondes invi­sibles.

 

 

 

 

 

Mordre au travers

 

Elle s’aligne dans la baie d’Alang

Il signale dans la voie tac­tile

Sécrète le blanc dans le noir de l’échiquier

Encercle l’ordre

En une spi­rale de hasards

 

L’aurore des notes mar­tèle l’éclat

Cordes à cordes échancrent la nudi­té du son

L’écorce de joie sans nom

Percute la fente envou­tée du palais

De la femme sans tête

 

Rires en amorce

Ecorché du spectre enca­gé

Soudain tordre le mors

Barytonner l’oubli du verbe

La bouche annon­cée sans bée

Cangue des plai­sirs ser­tis

D’autrefois milieu céleste

 

En tra­verse des ali­zés délices

Le décor au-delà des bai­sers sou­dés

Touche l’obsolescence de l’être

 

Trancher jusqu’à la transe

Trancher la connais­sance

Trancher la viande assé­chée sans os

 

Sa bouche en boucle men­die

Mendiant de l’antre l’autre

L’ordre de l’éther enne­mie

Ordre du je

Apostrophe

M’ordre à l’instant de soie

Mordre le pro­fane

 

L’entrave au bois de jade

Au-devant de saillir la perte

S’expose en mou­ve­ment

En sali­vant la pos­si­bi­li­té du désir

Ainsi que le goût de la langue.

 

 

Avancer au grand jour

 

Sept heure cin­quante

Dix-neuf heure vingt huit

L’écoulement

 

Passage de l’Hombre incon­nu

Clepsydre fou­droyé

Le feu s’échappe

En eau de lave

Solidifié en homme

 

Dans le pas­sage du temps

Rue Sauvage

D’icelle jadis

Hexagramme gra­vé en eau forte

Parcheminé en herbes folles

 

Pascal B.

Estampe la constel­la­tion mys­tique

En parieur théiste

Paria de machines à sou

Enconneur de tétra man­tique

 

Labyrinthe

En nombres por­tés

Ancré dans les fluides ima­gi­naires

Isolat en deve­nir de cité

Incarnation des désordres

Amoureux à venir

 

Dans la vous­sure du ciel tan­trique

Arceau d’écritures vaga­bondes

De pein­tures macu­lées des agré­gats de souffre

Poudrière plu­to­nique

Granité de cendres et de lapilli

En pénombre jusqu’à l’azur

Masque enchâs­sant l’ombre

Vernissant la larme d’onguent d’ambre

 

La pau­pière décline le rêve

S’emploie dès l’aube

A répandre l’iris de lumière

En regard lus­tral.

 

 

 

 

Aphorismes aléatoires

 

Briser la nuque
Briquer l’anus

L’ange au sperme
A-t-il un sexe

Dis-moi qui tu entes
Je te dirai qui tu hais

L’oisiveté est mère de tous les fils

Tartare de quoi
L’ennui nuit
Le désha­billé lui
Nue la nuit
La lune le suit
Le sait elle
Laisse luire
En elle lui

Jouir oui

Miss c’est l’année à toutes les heures.

Je des­sine un ins­tant né de l’instantané.

O le visage de son cul

Son regard baigne le ciel

Si demain s’ouvre au pied de biche
N’oublions pas de ser­rer la pince à mon­sei­gneur
Avec effrac­tion

Certains changent d’idées comme de che­mises
D’autres échangent des idées contre des che­mises
Il y a ceux qui ont de la suie dans leurs idées
I y a les sans
Les riens
Le tout.

Rappelez-moi certes je ne suis pas assez rien du tout.
Emprunt au petit Gérard.
Puisque c’est ce que je cherche qui est tout
Emprunt au grand M.B.

L’amant drague l’or
La dague en larme dort
Or l’âme ment
En la vague de bord
Enfin le dard en elle
Auréole leurs corps

L’âme amant dore
Pendant que la maman dort

En Polynésie
Je pol­li­ni­se­rai
Les iles sous le vent

Le hasard s’oublie dans le jeu
Nous jouons la lisière

Col
Cracha
Le feu
In
Paris

Wake up

The Dream

Pli
De l’être
Chiquer
La lettre

Nuire
La nuit
Ouïr
L’uni
L’éclair
Cella

Je joue à la lisière
Je lis en loup
Je ris en fou
Je lisse la roue
Je tisse le goût

J’agis le bruit

J’entonne le pri­mi­tif

J’aboie l’image
J’écris le feu

En colonne
En se sépa­rant
La colo­nie
Affronte
Le colon
Aux ailes
Détachées
Grande alors
Est la mélan­co­lie

Le pôle inique
Enterre
La peau à l’aine
A la fin
Apollinaire
En man­quât

 

 

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