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Adige Batur, Anneme Mektup (Lettre à maman)

Par |2020-11-06T04:13:06+01:00 6 novembre 2020|Catégories : Adige Batur, Essais & Chroniques|

Présenté et tra­duit par Rime Hanane Abdalli.

Ce poème  tra­duit du turc, a été écrit pour la mère décé­dée du poète. Elle souf­frait de la mala­die d’Alzheimer, a com­men­cé à oublier les mots trois ans avant sa mort, puis a com­plè­te­ment per­du sa capa­ci­té de par­ler… Le poète a éta­bli une com­mu­ni­ca­tion silen­cieuse avec elle pen­dant sa mala­die. Avec cette com­mu­ni­ca­tion, les rôles de la mère et du fils se sont inver­sés. Ce poème exprime tous ces sen­ti­ments.

Le mot Sureyya au début du poème est le nom de la mère du poète, la pre­mière chaîne fait réfé­rence à un texte fami­lier aux musul­mans du Moyen-Orient.

 

 

 

 

Tu es une lampe de Surayya                                          Ramak : der­nier regard, der­nier symp­tôme 

 

Tu attends à l’entrée de la plaine verte.

Fenêtres ouvertes, 

Ils te disent de regar­der.

Un seul pas, 

Un seuil.

Tu penses que la route est finie

C’est comme la fin d’une rime

— — –

Tu vas bien­tôt com­men­cer une prière

Plus de peur pour toi, plus de cha­grin

Plus d’agitation de l’hiver, plus de traces de prin­temps 

— — —

Quand as-tu man­gé ton der­nier pain ? 

Tu avais des mots, ou est ce que tu les as lais­sés ? 

Il y a une pho­to lais­sée dans ton sac : ta mère.

Celle que tu n’as jamais oubliée 

Et une prière de ton grand père le cheikh

Un ren­dez-vous d’hôpital sur un bout de papier vert 

Un mou­choir

—-

Je me dis que, 

Ta porte va s’ouvrir dou­ce­ment 

Comme tu montes les esca­liers 

Avant tes mains blanches sou­riaient à tra­vers la porte

Même quand tu oublies petit à petit, tes doigts nous recon­nai­tront

Parce que tes mains nous connaissent 

— —  — -

Tu ne te sou­viens pas de qui je suis

Mais tu ne peux pas oublier que tu m’aimes

Que je t’aime 

Une paire de pan­toufle devant la porte, 

Maman, 

Je suis venu. 

 

 

 

Adige Batur’un “Anneme Mektup” ismi­ni ver­diği şiir, Alandayız’ın 01 pla­kalı sayısın­da yayım­lanmıştır. Le poème d’Adige Batur inti­tu­lé “Une lettre à ma mère” (publié dans la planche 01 d’Alandayız).

Présentation de l’auteur

Adige Batur

Adige Batur, est né en Turquie en 1980. Diplômé du Département des dia­lectes et de la lit­té­ra­ture turque, il s’est inté­res­sé à la poé­sie et aux nou­velles. Il a fait des recherches sur la mytho­lo­gie orien­tale et moyen-orien­­tale. Des poèmes et des nou­velles ont été publiés dans des revues lit­té­raires en Turquie, il est aus­si l’éditeur en chef d’une maga­zine turc « Alandayız ».

Livre publié par l’auteur : Kumkertişin Kalbi (Le cœur du lézard Kumkertişin)

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Rime Hanane Abdalli

Rime Hanane Abdalli, 31 ans aca­dé­mi­cienne, Diplômée du dépar­te­ment de socio­lo­gie. Passionnée de langues et de lit­té­ra­ture depuis l’adolescence, jusque-là, je n’ai tra­duit que des articles scien­ti­fiques. Jusqu’à ce que je ren­contre Adige Batur, écri­vain turc, de longues échanges sur la lit­té­ra­ture nous ont unis avec notre seule langue de com­mu­ni­ca­tion « l’anglais », lui me tra­duit ses écrits, moi je lui tra­duis les lec­tures qui m’ont mar­qué, et puis il me dit qu’il a une idée « folle » : Rym, peux-tu tra­duire mes textes pour les publier dans une revue fran­çaise ?