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Aux charnières de l’utile

Par |2018-08-18T20:44:45+00:00 19 mars 2016|Catégories : Blog|

… notes sur une ges­tuelle

 

 

 

 

 

Et je ne sais que chan­ter les éloges du vent aux char­nières de l'utile. Mais je rêve d'oreilles. Je rêve de pou­voir aider. Jusqu'au bout du crâne, j'en rêve. Juste aider. Aider juste.

 

 

 

 

 

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Premier mou­ve­ment

Ce qui bruisse…

 

 

 

 

 

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Aujourd’hui (et encore aujourd’hui), j’ai eu l’envie de plan­ter un clou. Cela n’était d’aucune uti­li­té. Mais comme je suis poète, je l’ai plan­té quand même. Pour voir…

Pourvoir à l'inutile… l'utilité étant une obli­ga­tion sociale, le geste inutile devient ain­si un mou­ve­ment de l'intime, donc utile.
En fait, on s'évade avec l'inutile, on sort de cette pri­son de la fonc­tion­na­li­té.

 

 

 

 

 

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Tout d’un coup ce matin mes filles étaient si belles
C’était à n’y pas croire, à n’y plus rien com­prendre
Non pas que d’habitude elles ne le soient pas
Mais là c’était trop Il y a des limites à tout
J’ai dû ouvrir la fenêtre pour res­pi­rer un peu
Et là je me rends compte qu’elle est magni­fique
Un bois excep­tion­nel Vraiment épous­tou­flant
D’un arbre d’au moins mille ans si ce n’est un peu plus
Je me suis ser­vi un verre d’eau pour cal­mer mon émoi
Et quand j’ai vu le verre j’ai failli m’étrangler
Un verre de pre­mière main souf­flé à la bouche
Par un homme sans doute qui n'est qu'un demi-dieu
J’ai dû prendre une ser­viette pour essuyer ma bouche
Et les bras m’en tom­bèrent quand je vis ce chef d’œuvre
Ce n’était plus une ser­viette c’était de l’Art Total
Un résu­mé du monde en trois coups d’aiguilles
Je la dépo­sai sur la table et quand je vis celle-ci
Je ne peux pas vous dire l’émotion qui me prit
Je ver­sai une larme de la voir si splen­dide
Mais tou­jours à quatre pattes pour pou­voir me ser­vir
En essuyant la larme que j’avais fait tom­ber
Je me ren­dis compte d’un coup comme le car­re­lage était
Quelque chose d’hors-norme qu’on ne devrait pas faire
Et je pris la déci­sion de ne plus mar­cher des­sus
Je sor­tis de la cui­sine pour aller n’importe où
Une fois dans le cou­loir je fus bien per­du
Tout était si beau que c’en était impos­sible
J’arrivai même à mar­cher c’est pour vous dire un peu
Je suis res­té comme ça dans le cou­loir sans jamais bou­ger
Quand celle qui m’accompagne est ren­trée du tra­vail
Je lui ai tout racon­té sur les beau­tés du monde
Elle m’a prise dans ces bras puis m’a aidé à mar­cher
Un peu jusqu’au lit puis beau­coup allon­gé
Elle m’a par­lé beau­coup de quelque chose de très simple
De je ne sais plus quoi Sa voix était trop belle
C’était quelque chose d’inhumain tel­le­ment pro­fond et tout ça
Elle m’a tel­le­ment com­blé que je me suis endor­mi.
Et des rêves si beaux ont enva­hi mes pau­pières
Que j’ai refait le monde juste un peu par­tout
La terre était si ronde qu’elle tour­nait sur elle-même
Et l’Homme se mit à faire exac­te­ment pareil.
 

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