Béatrice Bonhomme, Murmurations des oiseaux

Par |2026-02-06T10:36:21+01:00 6 février 2026|Catégories : Béatrice Bonhomme, Critiques|

Habiter poéthique­ment le monde

 Le phénomène appelé Mur­mu­ra­tion désigne le car­ac­tère frac­tal du vivant : celui-ci se présente à tra­vers un objet géométrique « infin­i­ment morcelé » dont des détails sont observ­ables à une échelle arbi­traire­ment choisie. En zoomant sur une par­tie de la fig­ure, il est pos­si­ble de retrou­ver toute la fig­ure : on dit alors qu’elle est auto-sim­i­laire. Si chaque élé­ment indi­vidué est la représen­ta­tion d’une total­ité auto-sim­i­laire, il existe donc un lien organique voire psy­chique pro­fond entre le tout et ses parties.

 

La mur­mu­ra­tion est aus­si un phénomène spec­tac­u­laire où des mil­liers d’oiseaux, prin­ci­pale­ment des étourneaux, volent en for­ma­tion syn­chro­nisée, créant des motifs mou­vants hyp­no­tiques dans le ciel, stratégie de survie cru­ciale pour se pro­téger des pré­da­teurs en ren­dant dif­fi­cile la cap­ture d’un indi­vidu unique. Chaque oiseau réag­it instan­ta­né­ment à ses quelques voisins les plus proches, créant une réac­tion en chaîne et des ondes de mou­ve­ment qui se propa­gent à tra­vers la masse qui se présente comme un seul corps. Le phénomène naturel de la mur­mu­ra­tion des oiseaux a aus­si une portée spir­ituelle ou sym­bol­ique : spir­ituelle­ment, une mur­mu­ra­tion d’oiseaux évoque l’unité, la syn­chro­ni­sa­tion, la pro­tec­tion col­lec­tive et l’intu­ition, reflé­tant une con­nex­ion pro­fonde entre les indi­vidus et l’u­nivers, une danse de la vie qui invite à l’éveil intérieur, au lâch­er-prise et à la con­fi­ance en soi. Ce phénomène du vivant est sou­vent inter­prété comme un mes­sage divin ou un appel à l’har­monie face aux défis qui se posent à l’être humain. En effet, le mou­ve­ment col­lec­tif d’un mil­li­er d’oiseaux représente sym­bol­ique­ment l’u­nité des peu­ples et la recherche de l’or­dre dans le chaos, soulig­nant les liens invis­i­bles qui nous unissent. 

Béa­trice Bon­homme, Mur­mu­ra­tions des oiseaux, Édi­tions La Rumeur libre,  2025, 144 pages, 18 €. ISBN 978–2‑35577–389‑1

C’est une démon­stra­tion de force col­lec­tive con­tre les pré­da­teurs, illus­trant la sécu­rité que l’on trou­ve dans le groupe et la défense face aux dan­gers. Con­sid­érés comme des mes­sagers célestes, les oiseaux en mur­mu­ra­tion encour­a­gent à écouter sa voix intérieure, sa con­science supérieure et à faire con­fi­ance à son intu­ition. Ce spec­ta­cle aérien mar­que une tran­si­tion entre le jour et la nuit, le tan­gi­ble et l’im­pal­pa­ble, sug­gérant des change­ments immi­nents et des cycles de vie. Le vol syn­chro­nisé offre une vision spec­tac­u­laire de la lib­erté, de la flu­id­ité et de la capac­ité à s’adapter… Le spec­ta­cle d’une mur­mu­ra­tion d’oiseaux est un rap­pel de la beauté de l’in­stant présent et de l’im­por­tance d’ob­serv­er les lois invis­i­bles qui régis­sent le monde. Il est un encour­age­ment à lâch­er prise sur le con­trôle indi­vidu­el et pure­ment égo­tiste pour s’a­ban­don­ner à un mou­ve­ment plus grand, faisant con­fi­ance à la sagesse du groupe. Bien que de portée dif­férente, tournée vers la repro­duc­tion de l’espèce, le vol nup­tial des éphémères, ces insectes aqua­tiques, offre un spec­ta­cle tout aus­si impres­sion­nant et mag­nifique de la beauté du vivant et des rap­ports entre la mort, la fonc­tion sex­uelle et la vie.  Le titre du livre de Béa­trice Bon­homme, dans le con­texte de la crise des valeurs que le monde mod­erne con­naît actuelle­ment, a donc aus­si une valeur éthique à tra­vers la mise en œuvre de sa poétique.

Dans un entre­tien récent, Béa­trice Bon­homme con­fir­mait cette impor­tance du poéthique  :

 

            […] la poésie fait lien, avec le monde, le végé­tal, le minéral, l’animal, avec l’humain     surtout, avec l’autre. Lorsque j’écris en poésie, je traite d’archétypes comme ceux du corps     aimant, du corps souf­frant, de l’amour, de la mai­son aban­don­née, du deuil. Je par­le de notre lien au monde, les arbres, la terre, les mur­mu­ra­tions d’oiseaux. J’évoque des choses      quo­ti­di­ennes, le repas, la toile cirée, la vie de tous les jours. Ce sont des choses partagées      par tous. Le poème est le « lieu com­mun », le lieu du com­mun dans le sens de ce qui est « com­mun » à tous, c’est-à-dire de ce qui « fait com­mu­nauté » grâce à un chant           partage­able à tra­vers des thèmes com­pris par tous comme l’amour, la fini­tude, la pré­car­ité,        la con­di­tion humaine, la vie, la mort, la trans­mis­sion. La poésie pour moi juste­ment c’est ce      qui fait lien, le lien tis­sé dans le quo­ti­di­en, dans l’amour ou la mort, le lien au monde, le     lien à l’autre. C’est comme si je tri­co­tais le monde et les mots, une maille à l’endroit, une             maille à l’envers, ou que je recou­sais bord à bord le monde et les mots. Le thème essen­tiel         de mon tra­vail poé­tique est le rap­port de l’homme au monde, à la porosité du monde, à tous les êtres du monde y com­pris et surtout les autres hommes, le partage avec l’autre dans un             pluriel où cha­cun est par­tie prenante de l’autre, se met à la place de l’autre dans une     sol­i­dar­ité, une fra­ter­nité, une égal­ité, dans un accueil, une tolérance absolue1.

 

Ceci explique que Béa­trice Bon­homne, en même temps qu’elle s’engageait dans l’écriture poé­tique, s’est investie dans l’enseignement uni­ver­si­taire et la trans­mis­sion des savoirs mais aus­si dans l’action édi­to­ri­ale, une activ­ité tout aus­si essen­tielle pour l’établissement de passerelles infor­ma­tives et réflex­ives, à tra­vers la créa­tion et la direc­tion de la Revue NU(e), revue de poésie et d’art, fondée en 1993.

Mur­mu­ra­tions des oiseaux est son plus récent livre de poèmes. Il com­porte douze sec­tions ; la pre­mière Ecrire pluriel.le et la dernière  Ecrire choral.e se répon­dent, en posant la ques­tion de l’écriture, de son sens, de sa fonc­tion. Les pre­miers vers J’écris ce qui s’écrit seul et à plusieurs/J’écris ce pluriel trou­vent leur écho dans le dernier poème du livre :

 

            J’écris un corps légendé d’inscriptions et d’hiéroglyphes
            Un corps cal­ligraphique, un corps pétri de let­tres et de dessins
            Un corps hybride pour tous les corps à hau­teur de planète.

 

L’écriture est ain­si vécue, non pas comme le moyen de met­tre en avant un ego, de façon super­fi­cielle­ment lyrique ou dans un jeu gra­tu­it avec la con­trainte et la règle, mais comme l’expression même de la vie qui est un croise­ment d’énergies vibra­toires entre le soi et l’autre, une sol­i­dar­ité organique, écologique et cos­mique. L’écriture poé­tique chez Béa­trice Bon­homme se présente ain­si comme un tis­sage : entre les par­ties lim­i­naire et con­clu­sive du recueil, qui s’offre dans une archi­tec­ture pré­cise et non comme un mélange hétéro­clite, l’ensemble des poèmes se dévoile comme den­telle. Les ter­mes de racom­modage, aigu­ille, cou­ture, den­telle appel­lent d’autres métaphores filées : l’éclair, l’envolée, l’oiseau, la ramure, l’arbre… et en con­vo­quent d’autres comme l’oeil, la vision, l’éclair, les per­si­ennes fil­trant la lumière, le plein jour, le ciel et un appel con­tin­uel à la couleur. On sait que Béa­trice Bon­homme est la fille de Mario Vil­lani (1916–2006), élève de Jean Gre­nier et pein­tre. Le philosophe Jean Gre­nier (1898–1971), pro­fesseur  à Alger dans les années trente, joua un rôle déter­mi­nant dans la for­ma­tion d’Albert Camus et de Max-Pol Fouchet, qui furent aus­si ses élèves. Incon­testable­ment, la sen­si­bil­ité de Béa­trice Bon­homme aux arts plas­tiques et la présence con­stante de la couleur dans ses poèmes, y com­pris celle de la blancheur, puisque la neige est un motif métaphorique essen­tiel dans son œuvre, répond à l’autre vecteur de sa sen­si­bil­ité : l’organique et la phénoménolo­gie de la nature ouvrent sur une réflex­ion de portée à la fois plus méta­physique et poli­tique : l’infini et le fini n’y sont pas opposés ; l’altérité et l’identité ne se com­bat­tent pas ; la dif­férence et la diver­sité  sont un vecteur d’enrichissement humain. La sol­i­dar­ité est une con­di­tion de la survie. Le temps lui-même n’est pas un mou­ve­ment linéraire et uni­voque. Par là même Béa­trice Bon­homme nous rap­pelle l’importance du con­trat social (Jean-Jacques Rousseau) et du con­trat naturel (Michel Ser­res). Le rêve et la rai­son, l’imaginaire et le rationnel, la vie et la mort, l’ombre et la lumière ne sont pas sépara­bles : il y a un rap­pel, chez ce poète, de l’importance de laNatur­philoso­phie, qui fut élaborée par Schelling et inspi­ra les pre­miers roman­tiques alle­mands, dont Novalis : tout homme imag­inise le réel.

Le coeur du livre Mur­mu­ra­tions des oiseaux (on notera le pluriel de Mur­mu­ra­tions, ce pluriel n’étant pas un détail isolé, dès le titre) en appelle à l’enfance et à la mémoire sen­si­ble. La con­science et la sen­si­bil­ité de l’enfant sont une plaque pho­tographique impres­sionnable de par la néothénie car­ac­térisant l’être humain, car­ac­téris­tique qui le dis­tingue, avec la fac­ulté du lan­gage et la capac­ité de l’imaginaire et du poiein, de l’animal. La force des impres­sions   que Baude­laire appelle le vert par­adis des amours enfan­tines et la fac­ulté mag­ique qui sont au coeur du développe­ment de l’être humain ne doivent pas être nég­ligées. Une obser­va­tion de la nature toute entière, avec les yeux de l’enfant, du chercheur ou du poète, démon­tre à quel point la vie est à la fois sin­gulière et reliante, impi­toy­able et mer­veilleuse. Pour le petit d’homme – au-delà des caté­gories alié­nantes et sécantes de la fonc­tion et du genre et de tout déter­min­isme social,

 

            […] Tout tourne comme des astres mouillés
            Au sein des rêves de sa nuit
            Oiseau blessé dans sa tour nocturne.

 

L’image de la marelle où l’on saute à pieds joints/De l’enfer au ciel incar­ne le risque même de vivre. Mais ce risque du mou­ve­ment, de la chute ou de l’élévation, est l’essence même du vivant. Chaque être humain devrait être vu pour cette part com­mune : On a la même chose à dire/Lorsqu’à sept ans on croit être devenu le ciel/Et l’arbre […].

L’arbre suc­cèdera, dans le cor­pus de ce livre,  à l’oiseau comme à l’enfant en tant que fig­ure struc­turante du poème. L’arbre est un sym­bole puis­sant. Lui aus­si est l’image organique même de la vie : entre l’ombre et la lumière, entre la terre et le ciel, il a tou­jours, dans toutes les cul­tures, représen­té l’axe du monde. Hen­ri Michaux, dans son ultime opus Le jardin exalté (1984) décrivait un jardin d’éden, de joie, d’apaisement, de réc­on­cil­i­a­tion avec lui-même et de fusion avec le Monde, à tra­vers le cœur d’un arbre qui en était l’ornement le plus remar­quable. L’arbre, selon d’antiques légen­des nordiques, est pré­cisé­ment l’axe et le sou­tien de la créa­tion. C’est le destri­er d’Odin le Red­outable et on l’appelle Yggdrasill. Sur cet Arbre du Monde reposent les neufs roy­aumes, qui, comme les sept mon­tagnes et les sept val­lées évo­quées par le poète soufi d’origine per­sane Farid Al-Din Attar dans la Con­férence des Oiseaux, désig­nent les étapes de mat­u­ra­tion — mort et renais­sance — de l’être humain dans son par­cours de Vie. On retrou­ve l’Arbre de la con­nais­sance dans le jardin d’Eden, dans la Bible. L’arbre traduit, par sa dynamique à la fois hor­i­zon­tale et ver­ti­cale, une forme d’infini et d’inter-relation.

La par­tie cen­trale du livre de Béa­trice Bon­homme est com­posée de qua­tre sec­tions – ce qui en fait le moyeu même du poème – où pré­domi­nent les fig­ures de l’arbre et de l’enfant : L’enfant de sept ans ; L’arbre-enfant; Moment de grâce et d’arbre ain­si que Mots d’enfance sont dès lors au coeur d’un dis­posi­tif qui se com­plète par deux sec­tions autour de la fig­ure ailée, l’oiseau et ses dif­férentes métaphores filées, comme le ciel, la hau­teur, la mon­tagne, et de trois autres organ­isées autour des fig­ures de la lumière, du fil­trage (la den­telle, les per­si­ennes) et de l’oeil. Rim­baud a écrit les Poètes de sept ans où il souligne cette puis­sance vitale de l’imagination : À sept ans, il fai­sait des romans, sur la vie/Du grand désert, où luit la Lib­erté ravie,/Forêts, soleils, rives, savanes ! Béa­trice Bon­homme per­siste et signe sur l’importance de cette fac­ulté créa­trice qu’un monde con­tem­po­rain gavé d’images imposées et vides mais ne lais­sant aucune place à la fac­ulté poé­tique étouffe peu à peu :

 

            Il y a beau­coup d’enfants, des arbres et des oiseaux
            Et des enfants qui se pren­nent pour des arbres
            Et le deviennent.

Ecrire est donc repris­er le tis­su déchiré de la vie. Si le poème ne sauve de rien, écrire et habiter poéthique­ment le monde est un acte pro­fondé­ment responsable :

            C’est ce que nous faisons
            Dans nos textes. De la reprise.
            Nous revenons sur nos pas et nous retis­sons le fil
            Nous tri­co­tons un fil avec l’autre
            Et nous créons du lien et de la lumière avec des mots
            Déjà tant util­isés. Tra­duc­teur du monde sensible
            Nous cousons à notre façon décalée
            Un peu mal­adroite tournée vers le pas­sage des mondes.

 

Note :

  1. [En ligne] : https://www.poesibao.fr/interview-avec-beatrice-bonhomme-par-gregory-rateau-iii-4-entretiens/

 

Présentation de l’auteur

Béatrice Bonhomme

Béa­trice Bon­homme, poète, direc­trice de revue, cri­tique lit­téraire, est pro­fesseure à l’Université Côte d’Azur. Spé­cial­iste des XX e et XXI e siè­cles, elle a créé, en 1994, avec Hervé Bosio, la Revue NU(e), revue de poésie et d’art qui a con­sacré de nom­breux numéros à la poésie con­tem­po­raine et paraît désor­mais en ligne sur POESIBAO. Elle est respon­s­able de La Société des lecteurs de Pierre Jean Jou­ve et a fondé, en 2003, un axe de recherche dédié à la poésie, POIEMA, au sein du CTELA. Elle a pub­lié études, arti­cles et ouvrages sur la poésie mod­erne et con­tem­po­raine dont Mémoire et chemins vers le monde et Pierre Jean Jou­ve, la quête intérieure, mais aus­si de nom­breux Actes dans le cadre de col­lo­ques qu’elle a dirigés à Cerisy. Le prix Léopold Sédar Sen­g­hor lui a été décerné en 2016 par le Céna­cle Européen – sa recherche ayant con­tribué à la recon­nais­sance de la poésie con­tem­po­raine – et, en juin 2019, le Prix Vénus Khoury-Gha­­ta pour son livre : Dia­logue avec l’Anonyme. Citons ses derniers livres de poèmes Les Boxeurs de l’absurde (L’Étoile des lim­ites, 2019), Pros­es écorchées au fil noir (Col­lo­di­on, 2020) et Monde, genoux couron­nés (Col­lo­di­on, 2023) qui a reçu le Prix Mal­lar­mé. Un livre sur l’œuvre poé­tique de Béa­trice Bon­homme Le mot, la mort, l’amour chez Peter Lang est paru en 2012. Deux revues Poésie- sur-Seine et Coup de soleil lui ont été con­sacrées (2020–21).

Bibliographie

Création

Direc­tion de la Revue NU(e), revue de poésie et d’art depuis 1994
Direc­tion de l’Association des lecteurs de Pierre Jean Jouve.
Mem­bre du Pen-Club français
Mem­bre de Prix de poésie :
Prix Louise Labé
Prix du poète résistant
Prix Vénus Khoury-Ghata
Distinctions :
Prix Léopold Sédar Sen­g­hor, par le Céna­cle Européen, 2016
Prix Vénus Khoury Gha­ta, 2019
Prix Mal­lar­mé 2023

Livres de création

• L’Âge d’en haut, Lavaur, éd. Traces, 1991. Deux Gravures de Mario Villani.
In Absen­tia, Plouzané, éd. An Amz­er, 1993. Pré­face de Jacques Lep­age. Dessins de François
Thierry.
• Le Pas de la Clé, La Tronche, éd. La Vague à l’âme, 1994. Dessin de François Thier­ry sur la
couverture.
• Lieu-dit du bout du monde, Colomiers, éd. Encres vives, 1994.
• Jeune homme mar­ié, nu, suivi de L’Univers n’en sait rien, Nice, éd. NU(e), « Poèm(e) », 1995.
• Sauvages, Paris, éd. Moires, 1997. Illus­tra­tion de Tris­tan Bastit.
• Le Des­sai­sisse­ment des Fleurs, Cherves, éd. Rafaël de Sur­tis, « Pour une terre inter­dite » 1997.
Pré­face de Daniel Leuw­ers. Illus­tra­tion de Mario Villani.
• Jour­nal de l’absence ini­tiée, Colomiers, éd. Encres vives, 1998.
• Poumon d’oiseau éphémère, Paris, éd. Moires, 1998. Illus­tra­tion de Tris­tan Bastit.

• Les Gestes de la neige, Coaraze, éd. l’Amourier, 1998. Pré­face de Salah Stétié. Fron­tispice et
gravure orig­i­nale d’Henri Maccheroni.
• Sabre au clair, Cannes, éd. Tipaza, 1998. Dessin orig­i­nal de Jean-Claude Le Gouic.
• La Grève Blanche, Mers-sur-Indre, éd. Col­lo­di­on, 1999. Séri­gra­phie d’Alberte Garibbo.
• Le Nu bleu, Coaraze, éd. l’Amourier, 2001. Pré­face Bernard Var­gaftig. Pho­togra­phies Sonia
Guerin, Jean-Marie Riv­el­lo, Béa­trice Bon­homme, dessin Mario Villani.
• Nul et non avenu, Mers-sur-Indre, éd. Col­lo­di­on, 2002. Séri­gra­phie de Claire Cuenot.
• L’Âge d’en haut, réédi­tion aug­men­tée, Colo­mars, éd. Mélis, 2004. Pré­face de Tris­tan Hordé.
• Jeune homme mar­ié, nu, réédi­tion aug­men­tée, Colo­mars, éd. Mélis, 2004. Pré­face de Salah Stétié.
• Poumon d’oiseau éphémère, réédi­tion aug­men­tée, Colo­mars, éd. Mélis 2004. Pré­face de Bernard
Vargaftig.
• Pho­togra­phies, Colo­mars, éd. Mélis, 2004. Pré­face de Serge Martin.
• Cimetière étoilé de la mer, Colo­mars, éd. Mélis, 2004. Pré­face de Claude-Louis Combet.
• La Mai­son aban­don­née, Colo­mars, éd. Melis, 2006. Post­face de Bernard Var­gaftig. Pas­tels de
Chris­tine Charles.
• Muti­la­tion d’arbre, Mers-sur-Indre, éd. Col­lo­di­on, 2008. Pré­face de Bernard Vargaftig.
Cou­ver­ture et page de garde, pein­ture, auto-por­­trait de Mario Villani.
• Pas­sant de la lumière, Jegun, éd L’Arrière-Pays, 2008. Auto­por­trait de Mario Villani.
• Kaléi­do­scope d’enfance, Nice, éd. de la revue NU(e), avril 2012 d’après un spec­ta­cle de lanterne
mag­ique. Pein­tures de Stel­lo Bonhomme.
• Vari­a­tions du vis­age et de la rose, Jegun, éd. L’Arrière-Pays, 2013. Fron­tispice de Stello
Bonhomme.
• L’Indien au boucli­er, Mers-sur-Indre, éd. Col­lo­di­on, novem­bre 2013. Fron­tispice de Stello
Bon­homme, dessin de Patrice Vil­lani sur la dernière page.
• Dia­logue avec l’Anonyme, Mers-sur-Indre, éd. Col­lo­di­on, 2018. Fron­tispice de Claire Cuenot.
• Deux paysages pour, entre les deux, dormir, Cana­da, Hal­i­fax, éd. VVV, 2018. Palimpses­te de
Michaël Bishop.
• Les Boxeurs de l’absurde, Four­ma­gnac, éd. L’Étoile des Lim­ites, 2019.
• Pros­es écorchées au fil noir, Mers-sur-Indre, éd. Col­lo­di­on, 2020.
• Monde, genoux couron­nées, Mers-sur Indre, éd. Col­lo­di­on, 2022.

Livres avec des artistes

• L’Embellie, 1998. Nice, Pho­togra­phies de Hen­ri Maccheroni.
• Sabre au Clair, Cannes, éd. Tipaza. 1998. Illus­tra­tions de Jean-Claude Le Gouic avec une
pein­ture orig­i­nale, livre fer­mé par un galet peint en jaune.
• Femme de tulle et de pierre posée sur du papi­er, Nice, éd. NU(e), juin 1999. Gravure bleue répétée
avec vari­a­tions de tirage par Serge Popoff.
• Une Pierre dans le front, Nice, éd. NU(e), sep­tem­bre 1999. Encre de Serge Popoff, col­lée au
papi­er col­lant par les soins de Serge Popoff,
• Les Chevaux de l’enfance, Nice, éd. NU(e), mai 2000 avec cinq Gravures de Serge Popoff.
• Frag­ments d’un désert, Nice, éd. NU(e), févri­er 2001 avec des pho­togra­phies de Françoise
Vernas-Maunoury.
• L’Incendie de l’enfance, Saint-Hilaire du Rosier, livre conçu par Thier­ry Lam­bert pour son édition
de livres objets : « Le Galet ». Pas­tels de Thier­ry Lambert.
• La Fin de l’éternité, Nice, éd. NU(e), 3 mars 2002 avec neuf Pho­togra­phies de Danielle Androff.
• Bleu équili­bre sans filet, Nice, éd. NU(e), 7 avril 2002. Cinq gravures pleine page et une gravure
dou­ble page. Cou­ver­ture : gravure dou­ble page de Serge Popoff.

• Le Pre­mier Bleu. Éclate­ments bleus des fron­tispices de lumière, Nice, éd. NU(e), 2002. Six pas­tels pleine
page de Arnaud Lamiral.
• Mémoire et méta­mor­phose dans l’œuvre de Serge Popoff, Nice, éd. NU(e), 2002. Neuf gravures de Serge
Popoff, celle du colophon étant de Sonia Popoff.
• La Faille de Terre, Nice, éd. NU(e), 2002, Livre en tis­su, 7 « feuilles » teintes et peintes, Le texte
est man­u­scrit sur le tis­su par le poète et débor­de sur la pre­mière page (cou­ver­ture) et la
dernière page (cou­ver­ture).
• Pier­res Tombales, Nice, 2002. Livre en argile, en forme de boîte avec 15 « pages » en argile une
« page » de titre et 2 « pages » de garde reliées ensem­bles à la fin. Fab­riqué par Marie José
Armando.
• Une toile d’oiseaux, Tours, Le livre pau­vre de Daniel Leuw­ers, vol­ume de la col­lec­tion « Pli »,
automne 2002. Sept exem­plaires avec un dessin orig­i­nal de Mario Villani.
• Une toile d’oiseaux, Tours, Le livre pau­vre de Daniel Leuw­ers, vol­ume de la col­lec­tion « Pli »,
automne 2002. Sept exem­plaires tous avec des gravures orig­i­nales noires et blanch­es, avec un
col­lage de tis­sus bleu et vert de Serge Popoff.
• Uni­tas mul­ti­plex suivi de Aleph, Nice, 25 jan­vi­er 2002.Trois dessins pleine page, et un dessin
orig­i­nal sur la cou­ver­ture de Mau­rice Peirani.
• 18 Route de Mail­let à Cluis, Saint-Hilaire du Rosier, livre conçu par Thier­ry Lam­bert pour son
édi­tion de livres objets : « Le Galet », sep­tem­bre 2004. Qua­tre gravures de Mau­rice Cohen.
• Gran­ité de la pierre. Saint-Hilaire du Rosier, livre conçu par Thier­ry Lam­bert pour son édi­tion de
livres objets : « Le Galet », 2004. Cinq pas­tels de Thier­ry Lambert.
• La Claire, Reynès, éd. de l’eau, 20 juin 2004. Avec deux gravures en manière-noire d’Albert
Woda.
• Présence de la pierre, Sauvet­erre du Gard, éd. de la Bal­ance, 2004. Avec des aquarelles de Mireille
Brunet-Jailly.
• Signes, Nice, Les ate­liers Art­val, sep­tem­bre 2005, avec des textes de Béa­trice Bonhomme,
Arnaud Vil­lani et Gérard Ruck­er et des acryliques sur Arch­es de Gérard Alto. + un original
sur Arches.
• Laiss­er couler le bleu de l’encre pour répar­er le gris des choses, Nice, sep­tem­bre 2006. Trois exemplaires
avec Youl. Le livre, fab­riqué par Youl, se présente dans une dis­po­si­tion en accordéon avec un
ruban bleu col­lé sur un car­ton noir.
• Tu fêtes l’anniversaire des fleurs avec ta générosité cou­tu­mière, Nice, sep­tem­bre 2006. Trois exemplaires
avec Youl. Le livre, fab­riqué par Youl, se présente comme un par­chemin roulé autour d’un
bâton, puis inséré dans un roseau évidé (40x9cm).
• La Fleur de vin, la Fleur de sang, Nice, sep­tem­bre 2006. qua­tre exem­plaires avec Youl. Le livre,
fab­riqué par Youl se présente comme une seule grande feuille car­ton­née blanche pliée en deux
sur laque­lle est col­lée une feuille de papi­er trans­par­ent par­cou­rue de qua­tre ficelles de cordes
et cou­verte des dessins et col­lages de Youl.
• Ves­tiges, Nice, 2007. Livre fab­riqué par Youl avec des inter­ven­tions de Youl.
• Aigrettes lumineuses, Nice, 2007. Livre fab­riqué par Youl avec des inter­ven­tions de Youl.
• Caméléonne, Nice, 2007. Livre fab­riqué par Youl avec des inter­ven­tions de Youl.
• Une épure, Nice, 2008. Livre fab­riqué par Youl avec des inter­ven­tions de Youl.
• La Mai­son du poète oublié, Nice, 2009. Livre fab­riqué par Youl avec des inter­ven­tions de Youl.
• Sur la trace légère de quelques oiseaux, La Rochelle, com­posé et achevé d’imprimer par Alain
Thomas en févri­er 2006, A&T édi­tions. sept dessins de François Garros.
• L’Incendie pré­caire, Nice, éd. NU(e), octo­bre 2007 avec sept acryliques de Clau­dine Rovis.
• Dans les silences du Passeur, Tours, Le Livre pau­vre de Daniel Leuw­ers, « Pli », novem­bre 2007.
Pas­tels de Clau­dine Rovis.
• Fron­tières de ta vie, La Rochelle, A&T édi­tions, 2008. Il a été tiré de cet ouvrage vingt-
six exem­plaires numérotés de 1 à 26. Illus­tré de sept pein­tures orig­i­nales de François Garros.

• Mas­cara pan­i­ca, tra­duc­tion en espag­nol d’un poème de Béa­trice Bon­homme. Revue Amastra-
N‑Gallar, d’Emilio Arauxo, Gali­cie, 2008.
• Pré­car­ité de la lumière, Lan­guidic, Mor­bi­han, Press­es numériques des édi­tions de la Canopée,
2009, col­lec­tion Le Passeur, dirigée par François Ran­nou. Enrichi de col­lages (exem­plaires en
rouge, jaune et vert) et de per­fo­ra­tions de Thier­ry Le Saëc.
• Une ligne de mémoire érigée dans l’absentement du blanc, Mont­pel­li­er, éd. À tra­vers, 2016. Cinq
pein­tures de Jacques Clauzel.
• Paysage, Nice, éd. d’Alain Freixe 2017. Gravure de Serge Popoff.
• Let­tre-poème Tamis­age, Rennes, éd. La Riv­ière Échap­pée, « Babel heureuse », deux­ième série,
2018.
• L’Être, Tours, Le Livre pau­vre de Daniel Leuw­ers, « Dernier vers », 2020. Aquarelles de
Giraud Cauchy.
• Le Cœur de la brodeuse, Tours, Le Livre pau­vre de Daniel Leuw­ers, « Au-dessous du volcan »,
2020. Col­lages de Jean-Noël Bachès.
• Stèles de la lumière, Tours, Le Livre pau­vre de Daniel Leuw­ers, « Les Immé­mo­ri­aux », 2020.

Récits, Nouvelles, Théâtre

• La Fin de l’éternité (théâtre), Nice, éd. NU(e), 2002.
• El Fin de la Eternidad, Tra­duc­tion en espag­nol pour la créa­tion de la pièce à Grenade. Granada,
2009.
• Pour fêter une enfance, (réc­it), Nice, éd. NU(e), 2002. Pho­togra­phies, col­lec­tion per­son­nelle de
Béa­trice Bonhomme.
• Dernière ado­les­cence (réc­it), Nice, éd. NU(e), 2002. Pho­togra­phies, col­lec­tion per­son­nelle de
Béa­trice Bonhomme.
• Marges (jour­nal), Nice, éd. NU(e), 2002. Pho­togra­phies, col­lec­tion per­son­nelle de Béatrice
Bonhomme.
• Nou­velles d’Aurora, (nou­velles), Nice, éd. NU(e), 2005.

Textes et voix dans des films
• Poumon d’oiseau éphémère (2007).
• Kaléi­do­scope d’enfance (2012).
• Le Point du jour (2016).

Tra­vail avec un compositeur 
Ste­fan Wirth, à par­tir du texte
Poumon d’oiseau éphémère

Ouvrages et revues con­sacrés à l’œuvre de Béa­trice Bonhomme
• Ilda Tomas et Peter Col­lier, Béa­trice Bon­homme Le mot, la mort, l’amour, Bern, Peter Lang, 2013,
437 pages.
• Revue Bleu d’encre numéro 36 (direc­tion Claude Don­nay) « Béa­trice Bon­homme », Press­es de la
Mai­son de la poésie d’Amay, Hiv­er 2016, p. 1 à 25.

• Revue Poésie sur Seine numéro 101 con­sacré à Béa­trice Bon­homme (direc­tion Pas­cal Dupuy),
Saint-Cloud, novem­bre 2020, p. 1 à 31.
• Revue Coup de soleil, Poésie et Art, numéros 108/109, « Spé­cial Béa­trice Bonhomme »
(direc­tion Michel Dunand), Annecy, juin 2020, 76 pages.

Arti­cles
• Geneviève Guetemme, « Pas­sant de la Lumière, un texte pho­tographique de Béatrice
Bon­homme » in French Forum, Vol­ume 37, Nos1 et 2, (dir. Philippe Met) 2012, p. 195–222.
• Myr­i­am Watthee-Del­­motte, « Faire recon­naître l’absent ; poésie et rites mor­tu­aires chez
Béa­trice Bon­homme in Bau­douin Decharneux, Cather­ine Maig­nant et Myr­i­am Watthee-
Del­motte, Esthé­tique et spir­i­tu­al­ité I : Enjeux iden­ti­taires, Fer­nel­mont, Édi­tions Modulaires
Européennes, 2012, p. 231–243.
• Myr­i­am Watthee Del­motte, « Les tombeaux lit­téraires : du rite au texte » Esthé­tique et spiritualité
II : Cir­cu­la­tion des mod­èles en Europe, in Bau­doin Decharneux, Cather­ine Maigant et Myriam
Watthee-Del­­motte, EME, 2012, p. 289–306.
• Michaël Bish­op, « Béa­trice Bon­homme, dis­jonc­tion, irré­ductible, agapé » in Dystopie et poiein,
agnose et recon­nais­sance, seize études sur la poésie française et fran­coph­o­ne con­tem­po­raine, Amsterdam-New
York, NY 2014, Rodopi, Chi­as­ma no 34, p. 141–151.
• Ilda Tomas, « Béa­trice Bon­homme Caresse et Carence : l’absence infinie » in Arc–en-ciel Etudes
sur divers poètes, Peter Lang, 2014, p. 28–39.
• Fran­ca Alaimo e Anto­nio Melil­lo, Il Cor­po, l’Eros, Antolo­gia di testi poet­i­ci, Giu­liano Ladolfi
Edi­tore, « Béa­trice Bon­homme », 2018, p. 37–39.
• Arnaud Beau­jeu, « Béa­trice Bon­homme-Vil­lani, une voix en clair-obscur », Site Poezibao,
2018, 16p.
• Fan­ny Berdah, Poétique(s) du bleu en poésie con­tem­po­raine ? Les exem­ples du Ciel pas d’angle de
Dominique Four­cade, d’une His­toire de bleu de Jean-Michel Maulpoix, du Nu bleu de Béatrice
Bon­homme et de Bleu fauve de Zéno Bianu, Mas­ter 2 sous la direc­tion de Olivi­er Gal­let, Paris,
Sor­bonne, 2020.
• Michaël Bro­phy, « Une voix posée sur le monde : la poésie de Béa­trice Bon­homme » in NU(e),
Poèt(e)s, Site Poez­ibao, 2021, p. 135–145
Sur la Revue NU(e)
• La Revue NU(e), 10 entre­tiens sur la poésie actuelle, Brux­elles, Édi­tions de la Let­tre Volée, 2013,
145 pages.
• NU(e) : une revue, des voix, la poésie, Une esthé­tique de la ren­con­tre sous la direc­tion de Marie-
Joque­viel-Bour­­jea, Édi­tions Her­mann, coll. « Ver­tige de la langue », 2019.

Poèmes choi­sis

Autres lec­tures

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Éric Brogniet

Eric Brog­ni­et L’astrolabe Por­trait de Eric Brog­ni­et Retour vers l’E­quipage Eric Brog­ni­et a pub­lié depuis 1982 une ving­taine de livres de poésie, par­mi lesquels les récents Rad­i­cal Machines; Bloody Mary: road movie pour Marylin Mon­roe ou Lumière du livre suivi de Rose noire; des essais, dont le mon­u­men­tal La lec­ture silen­cieuse: pour un lyrisme de l’expérience, et de nom­breuses cri­tiques lit­téraires (il col­la­bore régulière­ment au Car­net et les Instants). Il a fondé à la Mai­son de la Poésie de Namur, dont il a assuré la direc­tion générale entre 2004 et 2014, après en avoir été le con­seiller lit­téraire entre 1987 et 1999, la revue Sources et la col­lec­tion d’anthologies Poésie des régions d’Europe (1987–2000 et 2004–2014). Directeur sci­en­tifique de col­lo­ques inter­na­tionaux (Les ailleurs d’Henri Michaux; Les moder­nités poé­tiques, de Rim­baud à Cobra; Poésie et oral­ité; Paroles poé­tiques, paroles prophé­tiques? ; Poésie, réel, réal­ité), il fut aus­si attaché, chargé de la poli­tique du livre et de la lec­ture, auprès du Min­istre des Arts, des Let­tres et de l’Audiovisuel (2000–2004) et l’organisateur durant la Prési­dence belge de l’Union européenne en 2001 du col­loque Une Europe de la créa­tion. Il dirige la col­lec­tionerOtik aux Édi­tions Le Tail­lis Pré. Il a été élu en 2010 à l’Académie Royale de Langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique. (https://www.ederneditions.com/equipage/eric-brogniet)
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