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Christiane Prévost, Poèmes

Par |2018-07-23T09:56:40+00:00 23 juillet 2018|Catégories : Christiane Prévost, Poèmes|

JONCS

Les joncs allon­gés
Ploient sous le vent
Quel est ce mys­tère
Le silence du lieu déser­té
Quelle est cette lumière
Qui se dresse dans ces lieux aimés

Les joncs ploient sous la lumière Quel est ce calme
Qui achève de cimen­ter ces ruines Et ce fleuve englou­ti

Les strates O lumières Dans les couches de terre Qui recouvrent ses yeux

 

IVAN

Près de la mer
Les sabres sont levés

Les portes s’ouvrent
Dans le cou­ron­ne­ment du siège de Kazan Les princes asia­tiques
Ont vu sous le Christ
Luire la pierre l’Orient

Ivan
Dans le cou­ron­ne­ment des boisLes che­vaux dra­pés d’hermine

Ont recou­vert ta che­ve­lure
Des pierres de l’Orient
Et les pluies d’encens sur ta boucheOnt immo­lé le cri du tsar enfant

 

LES HERAUTS D’ARGENT

La salle brillait des éclats de l’héliotropeLes cou­verts étaient mis
Les mains gan­tées offraient en silence Le témoi­gnage de la ver­tu

La cape sur les épaules des che­va­liers d’honneurRejoignait sous le cli­que­tis des armes
Les paroles épa­nouies des hérauts d’argent
Qui vêtus de leurs sou­liers de satin

Se répan­daient par­mi les tables
Pour appor­ter aux convives en mal d’aimerLa blan­cheur exces­sive de leur des­ti­née

 

HIEROGLYPHES

Des perles de sang coulent de la lune tran­chée Sur la terre Sienne des regards introu­vés
Luit l’hiéroglyphe secret de l’oiseau-lyre
Les pierres tom­bales gardent sous leur voile Le sens épis­té­mo­lo­gique de leurs pen­sées

Sur la mer calme et bleue affleure l’aigle
A la recherche de la par­celle de feu à voler aux Dieux
De son com­bat noc­turne jaillit la lumière de la véri­té déchif­frée
Les pierres parlent à tra­vers les signes dis­pa­rus de leur lan­gage
Des temps anciens où Cléopâtre se don­na la mort par amour pour Antoine Mais aus­si pour échap­per à l’Empereur César Auguste venu l’emprisonner Le ser­pent aspic enfoui dans les pommes dorées par le Soleil de l’automne A fixé à jamais dans ses yeux noirs l’aveu de son ser­ment de mou­rir libre Seul l’illustre savant dans les palais des ins­crip­tions figées
A décou­vert le sens secret de nos sou­rires inas­sou­vis

 

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