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Christine Lonjou, Les Mots de plus à trembler les oreilles, extraits

Par |2021-01-06T18:18:21+01:00 5 janvier 2021|Catégories : Christine Lonjou, Poèmes|

Qu’ils aient arra­ché le cœur de la femme au rocher
Plus rien ne res­sem­blait à rien
Que la femme sans larme ait pleuré
De l’homme d’homme échappée
Que le sang coule        c’est payé
Alors fichez lui donc la paix
Qu’elle hurle fort
Tout disparaît
Les cica­trices de son corps
Un oiseau fou les a léchées
Un regard dort quand tout se tait
Regret de l’homme à l’homme
Aux vies désespérées

***

Moi je suis l’homme terre
Je répands l’horizon
J’agrémente la trêve
Mon corps est ta maison
Moi je suis l’homme feu
Je tra­verse les terres
En embra­sant les lieux
Réchauffer le cordon
Moi je suis l’homme espace
Entre tenu de rien
Je suis là je m’efface
Peu importe mon nom
Je suis l’homme parle
J’ouvre grand ma maison

***

Il fal­lait ne rien faire
Le temps allait passer
On ne pou­vait rien dire
Tout parais­sait défait
La coquille de faire
Transparence
Dedans il est une âme vive
Dedans tout à compter
Au cœur qui bat              en tremble
Un monde                        appa­raît
Le sou­rire de l’ange
Les hommes d’à côté
Une prière étrange
La voix était portée
Chant ciel
De l’homme à l’homme
Ton mur est                     de côté
Dehors tout carillonne

***

 

Par l’homme que tu sais
Il est une musique
Les notes sont jetées
La fan­fare                        résonne
Un silence se tait
Dehors tout tourbillonne
Les che­veux sont défaits
Qui pour­ra les coiffer
Le cha­peau que tu donnes
Au grand bord                 éti­ré
On y met­trait des plumes
Et du rouge doré
On y pein­drait des lettres
Pour tous les mots           dis­cours
On y met­trait un voile
Si grand                           il pour­rait s’envoler
On y met­trait la femme
Elle n’aurait qu’à danser
Les pas de par coté          pré­lude
Les corps décor               Sang frais
Entrance
Par les tes

***

 

Tout reve­nait à tout
Et la femme d’aller
Son chant
Ses mots nul ne les sait
De sa langue d’étrange
Des sons je
Des sons dits
La musique qu’elle place       décors
Il y aurait cou­leurs                 doux sœur
Il y aurait de l’âme
Les hommes son secret
De la clar­té des voies
On pour­rait naviguer
La musique t’emporte
N’attends pas de crier
Le mau­vais sort de l’homme
Lui seul peut s’échapper
A écou­ter la flamme
De l’ange                                la volée
Les chaines traines d’hommes
Tu peux les arracher
Homme qui cri                       tu deviens l’homme
Tu
Par le ciel et la terre
(A jamais réunis)

 

Présentation de l’auteur

Christine Lonjou

D’origine Lotoise, née en 1962. A écrit plu­sieurs recueils de poé­sies dans sa jeu­nesse (inédits).  L’écriture poé­tique comme recours.
Etudes scien­ti­fiques à Toulouse. Travail dans la recherche. Vit et tra­vaille à Paris.

 

Si j’écris des chants sons
Ce serait des complaintes
Ce serait des moissons
Et terres labourées
Pouvoir suivre l’empreinte
La marque du sillon
Cheminer dans son
Sans je sans toit
Habiter sa maison
Chercher à la quitter
Qu’ont donc fait les maçons
Le mur s’est lézardé
Retrouver la chanson
Qui tou­jours vient bercer
Retrouver les frissons
Les jeter dans le prés
Et puis semer cailloux
Qui peut se retrouver

                                                    Octobre 1993, extrait de  « Cahier de femme »

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