Denis Hamel affirme « Ce n’est pas la poésie qui doit être au ser­vice de la révo­lu­tion, mais au con­traire la révo­lu­tion qui doit être au ser­vice de la poésie. » Révo­lu­tion économique, poli­tique, ou bien remis­es en ques­tions intimes, le poème se veut donc la tran­scrip­tion des boule­verse­ments que l’humain peut subir…

La fonc­tion du poème serait-elle explica­tive, pro­poserait-il une exégèse du réel, et des états d’âme ? « C’est par­fois dans des péri­odes de crise ou de grands désor­dres que survi­en­nent de grands poèmes » nous dit l’auteur. Citant Michaux, « Epreuves, exor­cismes », il envis­age aus­si l’écriture comme une thérapie, et comme un out­il pour ne pas cess­er de lut­ter con­tre l’inertie. Se con­naître, déchiffr­er les instances du réel, mais pas n’importe comment.

La poésie est envis­agée par Denis Hamel comme un moyen de con­nais­sance per­son­nelle. Elle per­met au poète et aux lecteurs de trou­ver en eux-mêmes le chemin d’une human­ité paci­fiée et d’une fra­ter­nité dévoilée grâce à ce « plus grand raf­fine­ment esthé­tique et moral » qui mène à un renon­ce­ment « à la cru­auté qui nous est pro­pre ». L’objectif de l’art, seul vecteur de tran­scrip­tion d’un socle humain, serait alors de nous révéler que nos âmes sont sœurs. Le poème est envis­agé comme un out­il per­me­t­tant l’accès à une tran­scen­dance unifi­ante. L’auteur pré­cise que le seul com­bat que doit men­er la poésie est de rassem­bler les hommes  : « se bat­tre con­tre l’inertie, mais pas pour la domination. »

Denis Hamel fait bien par­tie de la grande famille de Recours au Poème, lui qui pense aus­si le poème comme l’outil pou­vant men­er à un éveil sal­va­teur parce que vecteur d’un pos­si­ble accès à un dépasse­ment métaphysique.

Denis Hamel, Le festin de fumée, Editions le petit pavé

Denis Hamel, Le fes­tin de fumée, Edi­tions le petit pavé