Franck Bouyssou, Carré de mars

Par |2020-05-06T07:04:41+02:00 30 avril 2020|Catégories : Franck Bouyssou, Poèmes|

Un silence de rive morte souf­fle sur les pas de tes rues. Ville. Ma ville.
Pen­dant tout le jour la nuit t’appelle à l’abri du vide qui peu à peu t’absorbe. La nuit t’appelle à son seuil de pier­res froides.
Même jaunes les étoiles ne réchauf­fent rien.
Dans la nuit qui t’appelle tu cherch­es le print­emps à tâtons dans l’herbe humide des jardins publiques. Et tu frôles le man­teau oublié d’un rêve qui trem­ble au bord de la saison.

Con­fine­ment. Ce mot est doux comme du coton.
Con­fis­erie ou firmament ?
C’est comme un rêve qui tourne en rond. Un carrousel.
L’œil se mul­ti­plie, longe des façades où vibrent des sourires d’enfants.
Au tour­nis voici la nausée. Entends-tu ? Entends-tu ?
Ce mot qui nous enferme. Du ciel dans un bonbon.

Ennui. Tâche d’huile. Tu allonges tes mem­bres croy­ant rem­plir plus de vide. Croy­ant aug­menter la matière, croy­ant que l’en­nui est un vide.
As-tu oublié qu’il y a un nom pour toute chose ? Un nom énorme qui solid­i­fie toute chose. Et qu’en désig­nant toute chose à l’aune de son nom, la source coule comme une lumière de mai.
Nomme cet arbre un cyprès, nomme cette sen­sa­tion l’ennui.
Dans la pénom­bre du mot, alors se plaira ton séjour dans l’ennui.

 

Un ciel plaqué d’une pâleur bleue presque abstruse ter­nit la promesse vide du soir. 
Une lumière à l’abandon tombée d’un lam­padaire décou­vre la rue
Bien­tôt asile des chats errants.
S’appliquer à se taire 
Et dans la paume d’un monde qui hésite à fuir
Boire l’éphémère.

Présentation de l’auteur

Franck Bouyssou

Franck Bouys­sou. Né le 25 jan­vi­er 1975 à Antibes. Médecin psy­chi­a­tre en exer­ci­ce libéral.

Pub­li­ca­tions :

Encres Vives n°312, août 2004.

Le fris­son esthé­tique n°4, print­emps 2007.

Poèsie/première n°65, octo­bre 2016 et n°72, décem­bre 2018.

Décharge n°180, décem­bre 2018.

 

 

 

 

Bib­li­ogra­phie (sup­primer si inutile)

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