Giselle Lucía , 27 novembre, Confessions de Sapho après un délire à la folie

Par |2020-09-06T20:35:49+02:00 6 septembre 2020|Catégories : Giselle Lucía, Poèmes|

Tra­duc­tion de Fer­nan­do Ariño

27 DE NOVIEMBRE

 

En esta pared la bala per­foró el silencio.
Un tem­blor impuesto en la gravedad de la existencia.
Ocho ros­tros dispersos
ocho cuer­pos abier­tos en la propia desnudez de la caída
mix­tu­ra de oquedades y superficies
que conoce las for­mas en que el peso de la conciencia
puede pen­e­trar al muro.
No existe el temor al silencio.
Las armas se agi­tan inde­cisas de sí mismas
maldicen su propia pólvora
y escu­pen al viento
sum­isas del odio de los otros
pen­e­tran los espacios
detienen cada resto de temblor
cada sonido
cada peda­zo de miedo y duda.

Aho­ra la mano que apri­eta el gatil­lo es la que tiembla.
El peso del silen­cio es más certero
y pen­e­tra más hon­do en los espacios.
No sé si soy el cuer­po, la pared o la bala
solo sé que muero.

 

 

 

 

27 NOVEMBRE 

 

Dans ce mur la balle a troué le silence.

Un trem­ble­ment imposé dans la grav­ité de l’existence.

Huit vis­ages épars

Huit corps ouverts dans la nudité même de la chute

Mélange de creux et de surfaces

Qui sait de quelle façon le poids de la conscience

Peut pénétr­er le mur.

La peur du silence n’existe pas,

Les armes s’agitent sans être sûres d’elles-mêmes

Maud­is­sent leur pro­pre poudre

Et crachent au vent

Soumis­es à la haine des autres

Elles pénètrent les espaces

Font cess­er ce qui reste de tremblement

Chaque son

Chaque morceau de peur et de doute.

La main qui presse la détente n’est jamais celle qui tremble.

Le poids du silence atteint mieux la cible

Et pénètre plus pro­fondé­ment les espaces.

Je ne sais pas si je suis le corps, le mur ou la balle

Je sais seule­ment que je meurs.

 

Giselle Lucia, Fes­ti­val del­la let­ter­atu­ra du Milano.

 

CONFESIONES DE SAFO TRAS UN DELIRIO A LA LOCURA

 

Es cier­to, a veces el silencio
se vuelve un cas­ti­go insoportable
y la agonía de estas manos vacías
el úni­co con­sue­lo para trenzar
las cuer­das de arpas rotas.

La noche me devuelve soledades
telas man­chadas de odio y distancia
para atarme de manos y pies.
Me creí culpable
sofo­ca­da en el pol­vo de tem­p­los sombríos
rodea­da de fan­tas­mas extraviados
que intenta­ban cosechar flo­res rojas
                                           con semi­l­las azules.

Una y otra vez me negué al grito,
lucí un chale­co de desmem­bradas ilusiones
has­ta que probé, buche a buche
el vino de los dioses
aque­l­los que se ven­er­an al filo de la vida
para que no tro­piecen ante sus pro­pios pedestales.

No fui más escla­va de pal­abras inventadas
ni enu­meré las fle­chas del peca­do y la virtud.

Nada provocó la huida
de esta más­cara que habito
sólo en mi cuer­po se que­braron los miedos
la som­bra muda ante el espe­jo de mis pro­pios ojos.

En mis labios estal­ló la guer­ra del verbo
y yo, Safo, mujer de oscuras nostalgias
com­prendí que mis dioses
siem­pre tuvieron la razón
y que a veces
el silen­cio se vuel­va un cas­ti­go insoportable.

 

 

 

 

Con­fes­sions de Sapho après un délire à la folie.

 

Il est vrai que par­fois le silence

Devient un châ­ti­ment insupportable

Et l’agonie de mes mains vides

L’unique con­so­la­tion pour tresser

Les cordes des harpes brisées.

 

La nuit me ren­voie des solitudes

Toiles mac­ulées de haine et de distance

Pour me laiss­er pieds et mains liés.

Je me suis crue coupable

Etouf­fée dans la pous­sière de tem­ples obscurs

Entourée de fan­tômes égarés

Qui essayent de moisson­ner des fleurs rouges

Aux graines bleues.

 

Je me refu­sai au cri encore et encore,

Revêtis une blouse d’illusions démesurées

Jusqu’à ce que j’aie goûté, gorgée par gorgée

Le vin des dieux

Ceux que l’on vénère au fil de la vie

Pour qu’ils ne trébuchent pas devant leurs pro­pres piédestaux.

Je ces­sai d’être esclave de mots inventés

Et n’énumérai pas les flèch­es du péché et de la vertu.

 

Rien ne provo­qua ma fuite

Hors de ce masque que j’habite

Seule­ment se brisèrent ces peurs dans mon corps

L’ombre muette devant le miroir de mes pro­pres yeux.

 

Sur mes lèvres écla­ta la guerre du verbe

Et moi, Sapho, femme aux obscures nostalgies

Je com­pris que mes dieux eurent tou­jours raison

Et que parfois

Le silence peut devenir un châ­ti­ment insupportable.

 

Giselle Lucia, Lee poe­ma de Luis Saiz, Aso­ciación Her­manos Saiz.

Présentation de l’auteur

Giselle Lucía

Giselle Lucía Navar­ro (Alquizar, Cuba, 1995) Poète, nar­ra­teur et créa­teur de mode. Elle est Diplômée en Design Indus­triel de l’In­sti­tut Supérieur de Design de l’U­ni­ver­sité de La Havane et diplômée du Cen­tre de For­ma­tion Lit­téraire One­lio Jorge Car­doso. Pro­fesseur à l’A­cadémie d’Ethno­gra­phie de l’As­so­ci­a­tion Canari­enne de Cuba. Il dirige le Lit­er­ary Group Sil­vestre de Bal­boa. Mem­bre de l’As­so­ci­a­tion Her­manos Saíz et des Poètes du Mou­ve­ment Mon­di­al. Il a obtenu plusieurs prix par­mi lesquels le Gold­en Age Award 2018 (poésie pour enfants), le Pinos Nuevos 2019 (roman jeunesse) et le David de Poesía 2019 décerné par l’U­nion des écrivains et artistes de Cuba. Il a reçu des men­tions dans les con­cours inter­na­tionaux Ángel Gavinet (Fin­lande, 2012), Poe­mas al Mar (Por­to Rico, 2012) et Nós­side (Ital­ie, 2019). Ses textes ont été traduits en anglais et pub­liés dans des antholo­gies et mag­a­zines de Cuba, d’Es­pagne, du Chili, du Pérou, des États-Unis, du Mex­ique, de la Fin­lande, du Venezuela, de l’Ar­gen­tine, de Por­to Rico, de l’Inde et de la Bel­gique. Œuvres pub­liées: Con­trape­so (Col­lec­tion SurEd­i­tores, 2019), El cir­co de los asom­bros et ¿Qué nom­bre tiene tu casa? (Édi­to­r­i­al Gente Nue­va, 2019) 
 

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