> Jacques Rancourt, Suite en rouge mineur

Jacques Rancourt, Suite en rouge mineur

Par | 2018-04-07T12:12:32+00:00 6 avril 2018|Catégories : Critiques, Jacques Rancourt|

Toute nos­tal­gie est absente du der­nier recueil de Jacques Rancourt, Suite en rouge mineur, évo­ca­tion dis­crète des rites de pas­sage de l’enfance à l’âge adulte.

 

Rien de trop appuyé dans ces scènes rétros­pec­tives, pré­sen­tées en fran­çais et en anglais et accom­pa­gnées des magni­fiques tableaux de Wanda Mihuleac : ceux-ci forment un contre­point visuel dont l’effet est de sou­li­gner le côté dra­ma­tique à peine sug­gé­ré par le texte. Plusieurs images défilent ain­si sous nos yeux, à la manière d’un lent tra­ve­ling sou­te­nu par la musique des mots. Ainsi l’éclat des images est-il constam­ment dou­blé, mis en sour­dine, par le regard dis­tan­cié du poète. Regard iro­nique ou tendre, rap­pe­lant les anec­dotes de la vie cou­rante, les pre­mières amours ou l’éloignement des siens. Ici et là appa­raissent les sil­houettes de la mère et du père, celle du curé ou de la femme du maire. Jusqu’à la plon­gée en soli­tude qui se ponc­tue par ce constat : « Je n’étais plus que moi ». Expérience de la liber­té qui se trans­forme en connais­sance du monde. Cette suite joue avec brio des contrastes entre les pro­po­si­tions pic­tu­rales et les tona­li­tés plus douces du texte, ici décli­né tel une envoû­tante mélo­die.

 

Jacques Rancourt, Suite en rouge mineur, poèmes, traduit par John F. Deane, peintures de Wanda Mihuleac, Éditions Transignum, 2017.

Jacques Rancourt, Suite en rouge mineur, poèmes, tra­duc­tion de John F. Deane, pein­tures de Wanda Mihuleac, Éditions Transignum, 2017.

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Lise Gauvin

Lise Gauvin est une écri­vaine, essayiste et cri­tique lit­té­raire qué­bé­coise. Elle est par­ti­ci­pante de longue date au fes­ti­val lit­té­raire Metropolis bleu.

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