Jean Pierre Bars, Ce pourrait être la nuit

Par |2017-12-27T01:07:27+01:00 18 novembre 2017|Catégories : Jean Pierre Bars, Poèmes|

Ce pourrait être la nuit

Ce pour­rait être la nuit
Comme devant la mer
L’e­space à l’infini
Et le pro­fond du vent
Un mur­mure qui fait
Se bris­er dans l’écume
La blanche insignifiance
Échelle de l’instant

Je veux te dire
Et déjà sur le sable
Un désert de soleil
Dénude la lumière
Le vent serpente
Entre les herbes
Et je con­tem­ple le silence
Du ciel et de la mer.

C’est ain­si qu’on regarde
Et c’est ain­si qu’on goûte
Car on ne sait jamais
Si l’on avance ou si
Le ciel descend sur le sommeil
Sur le ver­sant d’ici.

Et ce regard
Qui élague le temps
Éclaire-t-il ce qu’il voit
Ou voit-il ce qu’il tue ?
On ne sait de quel œil
Il retient l’élégance ?
De quelle étoile il se souvient ?
On ne sait s’il sonde l’invisible
Ou s’il reste accroché aux faïences du jour
Aux failles dans ce maintenant.

C’est l’au­jour­d’hui
Qui se repose
Et te fait don
De sa beauté.

 

Dans l’at­ten­dre l’on peut
Pass­er le clair du temps
Pour autant que le temps
Ne presse pas nos yeux
De son âme à tous vents.

Dans l’at­ten­dre s’éclipsent
les saisons du sommeil
Comme entre deux feuillets
Où l’on a pour penser
Plac­er le marque-page
D’un silence léger
Et refer­mé le livre
Avant que ne s’épuise le printemps.

C’est dans l’at­ten­dre que j’ai vu
le ciel comme tombé
de la char­rette de la nuit.

Présentation de l’auteur

Jean Pierre Bars

Je suis né dans la ban­lieue parisi­enne. J’ai quit­té l’é­cole de bonne heure et tra­vail­lé dans dif­férents domaines. For­ma­tion en art du mou­ve­ment (eury­th­mie) en Suisse. Enseignant et main­tenant pro­fesseur de col­lège en Péd­a­gogie Stein­er à Lausanne.

J’écris depuis une trentaine d’an­nées mais ne pub­lie sur les sites de poésie en ligne que depuis cinq ans. On trou­ve mes poésies sur : les trompettes­marines, Tem­porel, incer­tain regard, terre à ciel, Recours au poème, Paysages écrits, Lichens, et sur papi­er dans l’Elixire et Haies vives. 

3e prix du con­cours de la ville de Tal­mond.

© photo Isabelle Poinloup
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