IMPRESSIONS

Le jour passe l’épaule
Le moineau gris
Sur le talus s’immisce

Le par­fum des fougères
Ne gêne en rien
Le songe d’un vieux trèfle

Sur la dune et les champs
L’air est léger
Et son souf­fle invisible

Le présent est si beau
À la Saint-Jean
Dans l’élan du solstice

Je vis ces lieux aimés
De la lumière
Qui per­le goutte à goutte.

                       *

 

CHEMIN

Sagesse des passereaux
Et louange des ombellifères
Humus aux par­fums boisés
D’une allée où l’on trou­ve son âme

Lueurs des pierres
Et souf­fle de la création
Sous le regard du soleil

Mes lèvres s’ouvrent
S’accordent d’un cœur émerveillé
Au chemin de l’invisible.

                       *

 

ENVOL

Son plumage s’ébouriffe
Et de son pas étoilé
À l’instant de son envol
Il trace l’ordre des choses.

Non ce n’est pas la blessure
De la neige du jardin
Sous le dur soleil d’hiver
Mais le saut d’un rouge-gorge.

Retiens sa magnificence
Au point de faire silence.

                       *

 

DÉCRYPTAGE

Tombée du jour sur le port
Oiseaux à même les quais
Nos pas chu­chotent, écoute
Les feux s’allument en mer.

À la barre d’horizon
D’un ciel sans convulsion
La lampe rouge du phare
Arrimé aux pier­res noires.

Le temps sem­ble s’échapper
Un signe nous est donné
Regarde et vois, seul demeure
Le beau silence incréé.

                       *

 

OISEAU

Oiseau gar­dant les yeux ouverts
Tu vas si difficilement
Sur le satin des jours des nuits
Par la forêt ses châtaigniers
Et les chu­chote­ments de l’ombre
Par­mi les lan­des et bruyères
La vaine terre les clairières
Des par­celles de vie.

 

 

 

EN PENSANT AU 26 JUILLET 2016

                                                    in Père Jacques Hamel

 

Offrant à jamais le sacrifice
D’un Christ relevé,
Avec une poignée de fidèles
Le vieil homme au regard émacié
A vu ses bourreaux
L’exécuter sans rai­son sinon
Celle cru­elle sor­tant alors
D’un cœur de misère
Igno­rant ce qu’il fait d’être ainsi.

Le sang du vieil homme
Vivante parole
Allant aux join­tures et moelles
A coulé sur la légèreté
De cet été au pied de l’autel
Et sur les parvis de l’Éternel.

Depuis Abel jusqu’à Zacharie*1*Luc 11,51
Et celui du mort au Golgotha,
Un lieu-dit sinistre,
Tous mar­tyrs d’aimer sans renoncer
Le sang a coulé
De la plus petite pauvreté.

Le sang a coulé
De ceux qui ont vécu l’indicible
De la liberté
Dont cer­tains veu­lent bris­er la clé.

De son sang versé
Le geste d’abandon du vieil homme
En toutes villes et les bourgades
Allume la lampe
Qui peut éclair­er l’amour du monde.

 

                                           

 

 

 

 

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