Khalid EL Morabethi, Poèmes inédits

Par |2021-11-21T15:23:38+01:00 6 novembre 2021|Catégories : Khalid EL Morabethi, Poèmes|

Ma viande pos­sède une connotation…La meilleure volon­té. Je m’efforce de réfléchir, ce n’est pas mon point fort, je ne pense surtout pas aux con­séquences et j’engage l’essentiel de mon exis­tence. Je suis fier de ma cui­sine, alors, c’est ma viande qui par­le, donc, c’est ma viande qui con­trôle la con­ti­nu­ité de mes textes. Je suis fier de mes miroirs qui entourent ma salle de bain. Je sou­tiens mon regard et devant l’analyse accrochée au-dessus de mon lavabo, je prends mes réflex­es. Ma viande me représente, elle me guide vers l’évidence. Tout agent rêve d’être un archi­tecte, il faut juste que l’esprit soit pré­paré à accueil­lir l’idée.

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Je sors de mon front. La démesure a beau­coup de formes. Je sais quel titre je vais recevoir. Alors, ça n’a aucun rap­port, la folie est drôle. Donc, ça n’a aucun rap­port, c’est les témoins choi­sis qui ont choisi d’être pas drôle. Surtout, ça n’a aucun rap­port, il y aura des entre­tiens pour con­naitre la vérité sur le titre que je vais recevoir. Je ne suis pas sous hyp­nose, c’est un avan­tage. Les con­seils d’orientation pro­fes­sion­nelle ne sont pas sous hyp­nose, c’est un grand avan­tage. Ma pro­pre déf­i­ni­tion de l’essentiel sort de mon front rouge.

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Ten­tac­ule me pousse. L’évocation avant l’évolution. Il met le labyrinthe dans une pho­bie en cours de con­struc­tion. Je porte une tombe en bâtière. La procé­dure avant la mise en place. Nor­male­ment, je ne la porte pas vrai­ment, je la pousse. L’entrainement avant la mise en scène. Je pousse des tombes depuis l’âge de dix ans. Il me répète que c’est un exer­ci­ce, que cet entraine­ment me rend de plus en plus puis­sant. Je me pré­pare avant tout avant le com­bat. Je pousse. Main­tenant ça fait 731 tombes. C’est mon nou­veau record.

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C’est une cara­pace. Désor­mais et sys­té­ma­tique­ment, je mange pour m’intégrer. Pour que ce soit pos­si­ble. Pour avoir le droit de marcher dans la foule. Pour cir­culer nor­male­ment et poli­ment par­mi les gens. Je pense, mais il y a une autre exis­tence et ça se forme comme un trou, qui se met en face de moi et qui me par­le lente­ment, qui artic­ule et qui n’a pas le même ten­tac­ule au-dessus de la tête et au-dessous du cerveau. Donc, je prends la logique au sec­ond degré. Le ten­tac­ule fait tout ce qu’il veut et il met la réal­ité dans une boite des c’est-à-dire. Voilà, je prends la logique avec de l’eau salée. Le ten­tac­ule coud mes pulls et à par­tir de là, cela per­met d’oxygén­er plus effi­cace­ment ses cellules.

C’est sup­posé être drôle. Ce n’est pas n’importe quel pas­sage, ce n’est pas n’importe quel sen­ti­ment, ce n’est pas n’importe quel organe, ce n’est pas n’importe quels mou­ve­ments des mains, ce n’est pas n’importe quel mutant et ce n’est pas n’importe quel regard. Il faut que tu crèves tes yeux pour que tu me voies, pour que tu voies et pour que tu le voies.  Au fond de l’attitude absurde à l’égard de la cara­pace tout court.

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Ten­tac­ule prend le pou­voir. La part de la tem­péra­ture raisonnable. La part du bien qui pue les cadavres fascinés par la fatigue.

J’obtiens mon bil­let, il n’y a pas de per­plex­ité, je n’ai pas besoin de men­tir, j’ajoute du sucre, je met­tais qua­tre, mais aujourd’hui, je mets exacte­ment une et demi, pour que je ne garde pas la même odeur et pour que le télé­phone fixe sonne.

De manière cer­taine, je me retrou­ve avec mes preuves. Mes yeux me don­nent plusieurs choix et je leur donne plusieurs chances.  Je réchauffe mon thé. Ça va avancer la car­rière du pousseur. Je me retrou­ve avec mes bons résul­tats. De manière gra­tu­ite. Ça va. Ma car­rière avance. Je pousse.

Ten­tac­ule branche ses pris­es. Il explore son apparte­ment. Il n’y a pas de flash-back. Il y a une pein­ture dans le mur, il ne doit pas l’enlever.  

Mes dis­cus­sions m’énervent comme les déci­sions de ma pre­mière année. Mes inter­ven­tions m’énervent comme mes pre­mières com­préhen­sions. Voilà, je dois con­tin­uer de con­stru­ire des places, des pièces, des plateaux et des chais­es. Per­son­ne ne peut m’attacher par la cheville. Il faut que je prenne le temps. Mes argu­ments m’énervent comme mes crachats aux gueules.

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Oui, je déteste les forêts, c’est trop. Je prends vrai­ment tout ce que je reçois. J’ai besoin de con­stru­ire des bâti­ments, je suis en train de con­stru­ire des bâti­ments et des autoroutes, c’est le futur, mon pro­pre futur, c’est le bon futur. Je dois con­stru­ire des ponts, beau­coup de ponts, per­son­ne ne peut con­stru­ire des ponts comme moi. Oui, il y a dix obser­va­teurs à la peau orange que je dois pay­er tous les trois mois et surtout pay­er leurs impôts. Oui, j’ai fait un cast­ing, j’ai bien sélec­tion­né ces dix obser­va­teurs qui font bien leurs tra­vail, qui m’ob­ser­vent en train de con­stru­ire des restau­rants, des bâti­ments et des autoroutes, des labyrinthes, des escaliers et un zoo où les vis­i­teurs peu­vent voir mes volon­tés me prier.

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Les crises sont tou­jours en cours de con­struc­tions. Puis l’opération. Pas d’enfance. Con­duire les sou­venirs vers une autre province. Pas d’anniversaires. Pour que je sorte. Les crises font des mir­a­cles. Il faut que je me noie pour que je me pré­pare. Il faut que je me noie pour que mon esprit se sépare en 4 par­ties, 2 par­ties, 8 par­ties, 631 par­ties. Il faut que je me noie pour un rem­plaçant libre. Puis l’opérateur. Pas de ver­tige. Pour que je sorte. Les crises sup­pri­ment la faib­lesse. Il faut que je me noie pour que je ne doute jamais. Il faut que je me noie pour que je sorte de l’autre côté de la con­struc­tion. Il faut que je me noie pour que je voie le grand regard hon­nête. Pas de men­songes. Pren­dre le risque. Pour que je sorte. Les crises pénètrent les con­sen­te­ments. Il faut que je me noie pour que j’articule. Brûler le ven­tre. Les crises m’apprennent. Arracher la chair. Les crises m’entourent. Voir plus clair. Les crises se présen­tent comme remède. Pour que je sorte. Pas d’hésitation. Il faut que je me noie pour que je sorte.

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L’avantage. Je trou­ve en moi des fac­ultés. Je tra­verse la croûte de lave. Je pose des cein­tures. Je lance un défi. J’essaie de faire une blague sur la grav­ité. Je donne mon point de vue sur n’importe quel sujet. J’analyse. Mais surtout.  Je trou­ve que je ne suis pas juste logé dans son corps. Le ten­tac­ule n’est pas juste logé dans mon esprit. Mais surtout. Je trou­ve que je ne suis pas juste logé dans ses pro­pres vari­a­tions. Mais surtout. Je sup­pose. Nous ne sommes pas juste logés dans un grand hôtel, ailleurs dans… Au milieu de… Bien loin de. Je prends mon doigt et je vise.

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Au début, je col­lec­tion­nais des formes car­rées, puis je me suis penché sur la déf­i­ni­tion par­faite de la forme ronde. Aujourd’hui, chaque matin avant de me laver le vis­age, je des­sine sur mon front une forme tri­an­gu­laire.  

Mon atti­tude. Je me rends compte que ce n’est pas du poids que je suis en train de pren­dre. Je compte comme les clefs qui accentuent mon rôle. La force du compte à rebours.

Je force le con­trôle. Je me rends compte que ce n’est pas du bois que je suis en train de couper. Je prends des pho­tos de mon sourire. J’attends comme le chiffre onze.

Je pré­pare mon pro­pre petit déje­uner comme si je pré­pare mon démé­nage­ment. Je me lève tôt pour être en forme. Je fais des exer­ci­ces abdom­inaux. C’est sourd comme les rem­bourse­ments des dettes financières.

Mes ten­ta­tives sont con­stantes. Chaque dix min­utes, j’ajoute un organe comme le code qui représente l’antagoniste. Chaque douze min­utes, j’ajoute une série comme le code qui met toute sa force à répan­dre l’agitateur.

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Ma con­cen­tra­tion sort de mon mode d’emploi. Je sors de la salive archi­tec­turale, elle est pour­pre. Ma con­science sort de ma salive, elle est pro­fes­sion­nelle. Je peux utilis­er toutes mes capac­ités main­tenant. Ça se voit, je peux frap­per mon entraîneur au vis­age, il faut dire qu’a­vant ça me pre­nait cinq heures, juste pour un coup faible qui le fai­sait rire, mais main­tenant je peux en une minute, le frap­per, enten­dre sa mâchoire et le voir saigner.

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Ten­tac­ule observe mes posi­tions sur la fon­drière. Et l’aspect définit mon regard vide fait  comme. Ce n’est pas par pur hasard. Il habite dans une créa­tion qui se tourne sur elle-même comme. Ses mains pren­nent les assi­ettes sans faire de bruit, mais cepen­dant. Mes mains se tour­nent vers moi comme. Il habite dans une enquête, mais cepen­dant. Il ne laisse aucune trace comme. Je ne laisse jamais la porte du lab­o­ra­toire ouverte, mais cepen­dant. C’est curieux. Je reste calme comme. J’habite dans une inter­ro­ga­tion.  L’atmosphère est curieuse, mais cepen­dant. Je roule par terre. Il fait des instru­ments non-musi­caux avec mes os. L’eau salée sort de mes poumons comme. Le tun­nel, mais cepen­dant. Le seul objec­tif, c’est la survie comme.

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L’imprimante est dans le cou du poumon. Je dis­cute avec la forme tri­an­gu­laire et puis, une grande soucoupe volante de mar­que Toy­ota.  J’assiste à un grand proces­sus.  Je suis kid­nap­pé. C’est imprimé.  Je suis sauvé par une masse gélatineuse. Je suis placé au milieu. Pren­dre l’évidence bornée.  C’est comme un con­trat qui s’imprime. Je signe. Pren­dre la parole. Me pren­dre au sérieux ! Je signe.

Présentation de l’auteur

Khalid EL Morabethi

vit, étudie, cul­tive son jardin au Maroc à Ouj­da,   écrit des textes, des sortes d’exercices. 
Son pre­mier recueil  ( E.X.E.R.C.I.C.E.S ) pub­lié par ( les édi­tions angineux ). 

https://atelierdelagneau.com/25-premier-livre-d-un-auteur/202-exercices-9782374280042.html
Blog per­son­nel: https://secicrexe.tumblr.com

https://www.instagram.com/elgnairttriangle/

 

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