Lucien Wasselin, Saint Didier, et autres poèmes

Par |2021-07-06T18:19:19+02:00 6 juillet 2021|Catégories : Lucien Wasselin, Poèmes|

Un ensem­ble pub­lié en 2014.

Richard
ces fameux prob­lèmes d’hommes
ils sont venus s’ajouter
à ceux de fin du mois

quel est le plus dur
de la mélan­col­ie ou du manque
même aux heures les plus pâles de la nuit
je n’ai jamais su

et le temps venu
on se dit qu’on a raté sa vie
qu’on n’a pas su lutter
qu’on a seule­ment cassé son âme

à regarder aujour­d’hui les morceaux
dans le caniveau
les cama­rades sont devenus rares

les rêves sont intacts
on se révolte encore
on refuse de s’al­longer sur la pierre
et d’of­frir sa gorge au couteau
demain s’éloigne toujours
et nous le poursuivons

Richard
ces fameux prob­lèmes d’hommes
ils sont venus s’ajouter
à ceux de fin du mois

quel est le plus dur
de la mélan­col­ie ou du manque
même aux heures les plus pâles de la nuit
je n’ai jamais su

et le temps venu
on se dit qu’on a raté sa vie
qu’on n’a pas su lutter
qu’on a seule­ment cassé son âme

à regarder aujour­d’hui les morceaux
dans le caniveau
les cama­rades sont devenus rares

les rêves sont intacts
on se révolte encore
on refuse de s’al­longer sur la pierre
et d’of­frir sa gorge au couteau
demain s’éloigne toujours
et nous le poursuivons

La fiancée du pirate
le chant qui s’élève
est une voix qui troue l’espace
et le fait trembler

je me sou­viens de Chant pub­lic
devant deux chais­es électriques
c’é­tait début soixante-six
Pia Colom­bo jouait Union maid
le sou­venir me déchire encore
comme un écho de Woody Guthrie
elle chan­tait deux chansons
que le théâtre était beau
j’ai tou­jours le livre de Gatti
dédi­cacé de deux têtes de chats
et c’est la même nuit
de sueur et d ‘ago­nie

puis ce fut
Grandeur et déca­dence de la ville de Mahagonny
et ensuite
le réc­i­tal Bertolt Brecht et Kurt Weil
j’é­coute encore le disque
je n’ai jamais vu
Il faut rêver dit Lénine
mais je rêve toujours
aujour­d’hui que la nuit
de sueur et d’agonie
sem­ble recou­vrir le monde

pas de nostalgie
mais la rage et la hargne
d’en­cor dur­er sans me renier
I’m stick­ing to the union ’til the day I die
la nuit de sueur et d’agonie
se déchire
Pub­lic song before two elec­tric chair
fut joué à Los Angeles
pour com­mencer le millénaire
sans Pia Colombo

et le passé revient au jour
à l’or­dre du jour

mais un soir il y aura des cris dans le port
et on dira : Que sont ces cris-là ?

5 mai 1981 Bob­by Sands

gloire dans les siè­cles des siècles
et dans une journée de sa vie
à Bob­by Sands mort de faim
dans la geôle de Long Kesh
par la cru­auté du fossile
sym­bol­ique­ment deux fois décapité
qui rég­nait alors à down­ing street
et qui finit par per­dre la tête
 

Présentation de l’auteur

Iris Cushing

Iris Mar­ble Cush­ing was born in Tarzana, CA in 1983. She has received grants and awards for her work from the Nation­al Endow­ment for the Arts and The Fred­er­ick and Frances Som­mer Foun­da­tion, as well as a writ­ing res­i­den­cy at Grand Canyon Nation­al Park in Ari­zona. Her poems have been pub­lished in the Boston Review, La Fovea, No, Dear, and oth­er places. A col­lab­o­ra­tion with pho­tog­ra­ph­er George Wood­man, How a Pic­ture Grows a World, was trans­lat­ed into Ital­ian and was the sub­ject of an exhi­bi­tion at Gale­ria Alessan­dro Bag­nai in Flo­rence, Italy. Iris lives in Brook­lyn, where she works as an edi­tor for Argos Books and for Cir­cum­fer­ence: A jour­nal of poet­ry in trans­la­tion.  

Iris Cushing

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